Journées du réfugié 2013

Réussir ensemble. …c’était le slogan pour les journées du réfugié 2013.

Le travail ne rime pas seulement avec indépendance financière mais aussi avec reconnaissance et sentiment d’appartenance. C’est pourquoi l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés OSAR, le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés UNHCR et l’Office fédéral des migrations ODM, veulent montrer à l’occasion des Journées du réfugié 2013, ce que l’économie et la société ont à gagner en offrant à des réfugiés non seulement une protection mais aussi du travail.

Par exemple avec Ramanatas Sathiyanathan: Ramanatas Sathiyanathan a fui le Sri Lanka à l’âge de 17 ans pour trouver refuge en Suisse. Les autorités responsables de l’asile l’envoyèrent à Sumiswald au fin fond de l‘Emmental et c’est là qu’il vit depuis vingt-cinq ans. «Sumiswald c’est chez moi et je ne peux pas m’imaginer aller vivre ailleurs», assure-t-il. Il y a fondé une famille et ses enfants fréquentent les écoles locales.

Portrait de Ramanatas Sathiyanathan

Le travail favorise l‘intégration

Cette acculturation réussie s’explique tout d’abord par la volonté de Sathiyanathan de subvenir à ses besoins mais aussi par l’ouverture d’esprit dont a fait preuve PB Swiss Tools, l’entreprise qui lui a donné sa chance. On connaît bien les tournevis à manche rouge fabriqués par cette enseigne traditionnelle, mais moins sa politique du personnel progressiste. 

Cette société emploie une douzaine de compatriotes de Sathiyanathan, auxquels elle propose des cours de langue et des perspectives de carrière, car l’égalité des chances lui tient à cœur. Ainsi, Sathiyanathan est aujourd’hui chef d’équipe. «Nous menons sciemment une politique d‘intégration», déclare la vice-directrice de PB Swiss Tools Cornelia Krall-Villiger. Cela favorise la polyvalence des employés tout en les aidant dans leur vie quotidienne, et contribue à créer un bon climat d’entreprise.

Les réfugiés ont le droit de travailler

L’intégration de Sathyanathan est passée par le travail. Mais cette voie reste fermée à beaucoup de réfugiés et de personnes admises provisoirement en Suisse. Ces dernières n’ont pas obtenu le statut de «réfugiées», mais elles sont autorisées à séjourner ici, parce que la guerre civile sévit dans leur pays par exemple. Différentes raisons expliquent ces blocages. Trop d’employeurs ignorent que les réfugiés et les personnes admises à titre provisoire ont le droit de travailler et que leur engagement ne pose aucun problème administratif. On pense aussi à tort que ces personnes peuvent être renvoyées chez elles du jour au lendemain et qu’il ne vaut pas la peine de les embaucher. 

Les préjugés jouent également un rôle, notamment ceux liés à la différence de culture, à la religion, à la couleur de peau ou au statut de réfugié. Sathiyanathan et ses compatriotes ont connu les mêmes difficultés au départ. Ils n’ont été véritablement acceptés qu’une fois qu’ils ont pu démontrer leurs capacités et leur bonne volonté au travail.

Tout le monde y gagne

Si les réfugiés accèdent au marché du travail, toute la société y gagne. En cessant d’être dépendants de l’aide de l’Etat, ils retrouvent dignité et estime de soi. L’économie, de son côté, peut bénéficier de leurs compétences, de leur expérience et de leur motivation. Les efforts investis dans l’intégration par la Confédération, les cantons et les communes, portent leurs fruits.

Que peuvent faire les entreprises?

Les entreprises peuvent tout d’abord proposer des places de stage, d’apprentissage ou de travail aux réfugiés et aux personnes admises à titre provisoire. Certaines le font avec succès, mais l’offre ne comble pas encore la demande.
  • L’engagement d’un réfugié ne requiert aucune démarche supplémentaire de l’employeur. Il peut en outre demander à ce que son employé soit supervisé par un-e mentor ou par le service spécialisé de sa région.
  • Le salaire et les conditions de travail doivent simplement correspondre à ceux en vigueur dans la branche et dans la région.

L’entreprise peut aussi proposer des cours de langue ou de formation professionnelle, pour que tous ses employés bénéficient des mêmes chances de carrière, quelle que soit leur origine. Ils peuvent profiter des différences culturelles de leurs collaborateurs, qui très souvent se traduisent en avantages concurrentiels. Enfin les entrepreneurs peuvent se faire entendre sur la scène politique en se mobilisant pour les droits des réfugiés.

Plus de 150 personnes compétentes, dont 18 pour cent de personnes avec un parcours migratoire, s’engagent chaque jour pour l’assortiment de la société PB Swiss Tools. Ils produisent environ 2200 outils pour les réparations privées comme pour les commerçants professionnels. Ils travaillent sur les sites économiques de Wasen et Sumiswald. Cornelia Krall-Villiger veille depuis longtemps pour une politique du personnel clairvoyante avec des mesures d’intégration interne à l’entreprise, telles que des cours de langue: «nous avons eu de bonnes expériences pour toutes les positions. Ce succès se traduit par une identification avec l’entreprise et une grande loyauté envers elle». Certains employés ont commencé chez PB Swiss Tools avec un statut de réfugié et occupent aujourd’hui une position de cadre supérieur.

La campagne

Le travail ne rime pas seulement avec indépendance financière mais aussi avec reconnaissance et sentiment d’appartenance. C’est pourquoi l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés OSAR, le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés UNHCR et l’Office fédéral des migrations ODM, veulent montrer à l’occasion des Journées du réfugié 2013, ce que l’économie et la société ont à gagner en offrant à des réfugiés non seulement une protection mais aussi du travail. Réussir ensemble.

Réussir ensemble - Le vidéo pour les Journées du réfugié 2013

Réalisé à Sumiswald, BE, chez PB Swiss Tools. Réalisation / Camera  Sean Wirz; Choreografie Lucia Baumgartner; Music Aschbacher+Hägler; Production YAK Film GmbH, www.yak.ch