Non à des renvois dans un Caucase sous tension

L’Organisation suisse d’aide aux réfugiés OSAR appelle les autorités à faire montre de retenue dans l’exécution de renvois vers le Caucase. La région est actuellement très agitée: mouvements de réfugiés, affrontements armés et violations des droits humains appartiennent au quotidien. L’exécution de renvois dans la région doit être suspendue. Et les admissions provisoires ne doivent pas être levées.

L’Organisation suisse d’aide aux réfugiés OSAR appelle l’Office fédéral des migrations ODM à accorder un soin particulier à l’examen de demandes d’asile de requérants originaires de Tchétchénie. En outre, l’OSAR demande à l’ODM de renoncer à exécuter des renvois dans la région jusqu’à ce que la situation s’y soit stabilisée et que les personnes déplacées puissent y retrouver des conditions d’existence convenables. Enfin, il convient de renoncer à lever les admissions provisoires déjà accordées.

Suite à la violente répression des velléités séparatistes, la Tchétchénie ne connaît certes plus une situation de violences généralisées. Pourtant, affrontements armés et violations des droits humains n’appartiennent nullement au passé. L’éclatement du conflit géorgien a rendu la situation encore plus volatile. Et les réfugiés de Tchétchénie ne peuvent en général pas espérer trouver une alternative de fuite dans une autre partie de la Fédération de Russie qui leur assure une existence dans la dignité et la sécurité. Le conflit tchétchène a par ailleurs eu tendance à s’étendre aux républiques voisines de l’Ingouchie et du Daguestan. La république de Kabardino-Balkarie est elle aussi confrontée à un regain de tension.

Durant la récente escalade du conflit en Ossétie du Sud et en Abkhasie, quelque 150’000 personnes ont cherché refuge en Géorgie et en Ossétie du Nord. Les premiers réfugiés ont commencé à rentrer chez eux à la fin du mois d’août. Mais l’accès des Géorgiens de souche à l’Ossétie du Sud demeure interdit. Environ 50’000 personnes sont contraintes de vivre dans des abris collectifs dispersés autour de la capitale, Tbilissi. De nombreuses habitations ont été brûlées par des milices même après le cessez-le-feu et des mouvements de réfugiés se poursuivent. Plus de 8000 Ossètes du Sud continuent de vivre en Ossétie du Nord. En dépit des premières livraison d’aide humanitaire, l’approvisionnement demeure souvent lacunaire. Et il apparaît que des bombes à fragmentation ont été employées, dont on sait qu’elles entraînent un nombre élevé d’accidents à retardement dus à des ratés.

Questions complémentaires:

Yann Golay, porte-parole, tél. 031 370 75 67 (ligne directe) ou 079 708 99 26

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