Non aux rapatriements forcés en Afghanistan

Une police, une justice et une armée hautement corrompues, une économie à genou, des sols truffés de mines, la terreur et la faim au quotidien, des fraudes électorales répétées: alors que les conditions de vie en Afghanistan ne garantissent aucune sécurité, la Suisse continue de renvoyer des requérant-e-s d’asile débouté-e-s dans ce pays, le deuxième plus pauvre au monde. L’Organisation suisse d’aide aux réfugiés OSAR juge cette pratique inacceptable et demande l’admission provisoire des requérant-e-s d’asile afghan-e-s, jusqu’à nouvel avis.

L’élection parlementaire des 18 et 19 septembre derniers a fait à nouveau l’objet de fraudes: les personnes chargées d’observer les élections parlent «d’irrégularités extensives». Des électeurs et électrices ont été menacé-e-s et on a recensé 445 incidents violents. De source officielle, au moins 17 personnes ont perdu la vie. Trois fonctionnaires chargés de surveiller les élections ont été retrouvés morts; ils avaient été enlevés dans la Province de Balkh, au nord du pays. Le résultat officiel des élections est attendu le 30 octobre date à laquelle la Commission des plaintes électorales examinera les accusations de fraude.

Pour la cinquième année consécutive, le bilan des conditions de sécurité en Afghanistan est catastrophique: au Nord, au Nord-Est, ainsi que dans les provinces du centre et de l’Ouest, le nombre d’attentats a massivement augmenté. La population civile paie un tribut de plus en plus lourd: en 2009, les affrontements violents ont coûté la vie à 2412 personnes. Rien ne permet d’espérer une stabilisation de la situation, surtout avec l’annonce du retrait des troupes de protection internationales d’ici 2014. A côté de la justice, la police passe pour l’institution la plus corrompue de l’Etat afghan. Pour le HCR aussi, la plupart des Provinces d’Afghanistan ne sont pas sûres.

La discrimination des femmes et des filles est très répandue en Afghanistan et la violence dirigée contre elles reste un problème majeur. Les femmes sont victimes de violence domestique, d’enlèvements, de viols, d’agressions sexuelles et de traite de l’être humain. Utiliser les femmes et les filles pour régler des dettes ou des litiges est une pratique courante. Chaque jour, des filles, souvent mineures, sont mariées contre leur gré.

L’Afghanistan est le deuxième pays le plus pauvre au monde; plus d’un tiers de la population afghane vit dans le dénuement. Dans ce pays, la pauvreté et ses conséquences font plus de victimes que les effets directs des conflits armés. Le gouvernement afghan n’a pas les moyens de mettre à disposition des rapatrié-e-s une infrastructure et des prestations de première nécessité. La proportion de victimes d’explosion de mines est nettement plus forte chez les rapatrié-e-s qui ignorent souvent où se trouvent les champs de mines. De plus, les groupements hostiles au gouvernement les prennent souvent pour cible, les soupçonnant d’être des espions à la solde du gouvernement.

Pour toutes ces raisons, l’OSAR demande que la Suisse cesse de renvoyer les requérant-e-s d’asile afghan-e-s dans leur pays et leur accorde l’admission provisoire jusqu’à ce que la situation au pays s’améliore durablement.

Questions:
Adrian Hauser, Responsable Communication et porte-parole, tél. 031 370 75 72 (ligne directe) ou 079 558 38 59, adrian.hauser@osar.ch.

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