L’approche suisse est positive mais ne résout pas le problème

L’Organisation suisse d’aide aux réfugiés se félicite de la rencontre du groupe de contact pour la Méditerranée centrale, qui se tiendra le 13 novembre 2017 à Berne, visant à aborder activement la question de la situation catastrophique d’environ un million de migrants et de réfugiés. Ces personnes ont un besoin urgent de protection. Cependant, tant que les pays européens bloquent simultanément, avec l’aide des garde-côtes, de manière non-conforme au droit, le passage des migrants en Afrique du Nord, ils se rendent complices de la situation désastreuse. L’OSAR demande à la communauté internationale de combattre les causes de la migration au lieu de mener un politique de cloisonnement.

L’OSAR considère comme positives les propositions énoncées par la Suisse, en collaboration avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, qui sont d‘améliorer la situation dans les centres de détention ainsi que d’aller chercher les personnes particulièrement menacées et qui ont besoin de protection dans les camps afin de les conduire directement en Europe. Car, la situation en Libye, où des centaines de milliers de migrants cherchent protection, est catastrophique. L’usage de la violence et l’exploitation des réfugiés sont choses courantes dans les centres de détention. Cela résulte du comportement illégal des garde-côtes, soutenu par l’Europe, auquel la Suisse apporte également sa contribution financière. 

« Compte tenu de la tragédie humaine dans les centres de détention, les mesures proposées par la Suisse sont importantes et justes mais ne représentent qu’une goutte d’eau dans la mer », retient Miriam Behrens, directrice de l’OSAR. En finançant les garde-côtes corrompus, dirigés notamment par des seigneurs de guerre, l’Europe se rend en silence coresponsable de la situation désastreuse en Libye.

L’objectif est de combattre les causes

L’OSAR demande que la communauté internationale augmente concrètement les opérations de secours dans les pays d’origine et le long des routes d’exil avant que les personnes concernées ne parviennent en Libye. Le programme de réinstallation est un instrument important pour aider les réfugiés vulnérables qui ont le plus besoin de protection. En même temps, d’autres routes d’exil légales comme le regroupement familial et le visa humanitaire doivent être mises en place, selon l’OSAR. « La seule solution à long terme est de combattre les causes de la migration. L’accent doit donc être porté sur la prévention des conflits et sur la lutte contre la pauvreté au niveau mondial », soulève Miriam Behrens.

Questions:

Stefan Frey, Porte-parole OSAR, stefan.frey@osar.ch; 079 509 47 89.

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