Image: SSP Vaud

RMNA : un accueil à la hauteur des défis posés ?

En 2015, 2736 demandes d’asile ont été déposées par des requérant-e-s mineur-e-s non accompagné-e-s (RMNA) en Suisse. Ces chiffres vont très probablement augmenter en été 2016. Quelles dispositions sont prises pour accueillir et encadrer ces jeunes? Comment le canton de Vaud fait-il face à ces défis? Comment contribuer à soutenir les diverses actions menées pour aider ces jeunes?

La table-ronde organisée le 19 mai 2016 à Lausanne par le Syndicat suisse des services publics (SSP) Vaud visait à apporter des éclairages, soulever des questionnements et à réfléchir ensemble à des solutions pour répondre aux défis posés à l’échelle du canton de Vaud. 

Arrivée des MNA en Suisse

En arrivant en Suisse, sans famille, ni entourage immédiat, les MNA présentent un état de fatigue psychologique et physique, et sont souvent victimes de traumatismes. Ils déposent leur demande d’asile dans un centre de procédure et d’enregistrement avant d’être répartis dans les cantons par la Confédération. De nombreuses disparités existent toutefois entre les cantons en matière des mesures d’aide et de protection. Bien que le canton de Vaud soit loué pour ces conditions d’accueil et les formations proposées par rapport aux autres cantons, les défis restent de taille.   

Prise en charge du canton

Dans le canton de Vaud, les MNA, âgé-e-s de 12 à 18 ans, sont placé-e-s dans des foyers et pris en charge par des éducatrices et éducateurs spécialisés. Ces derniers les accompagnent au quotidien dans l’aide aux devoirs, en leur proposant des activités, un soutien psychologique, médical et scolaire. Le canton garantit une curatrices ou un curateur pour chaque jeune ainsi qu’un-e représentant-e légal-e. Cette disposition n’est pas appliquée dans chaque canton.

Les jeunes de moins de 15 ans sont scolarisés dans des classes d’accueil de l’enseignement obligatoire. Pour les jeunes de  plus de 15 ans, il n’existe pas d’obligation scolaire et beaucoup de cantons ne garantissent pas de formation. Pour la conseillère nationale Cesla Amarelle, il est de notre devoir d’offrir aux MNA une insertion et une formation car il s’agit de jeunes qui resteront probablement en Suisse. En complémentarité avec le devoir de l’Etat qui est d’accueillir dignement ces jeunes, une prise de conscience et de responsabilisation doit se faire au sein de la société civile.

Action-parrainage

Plusieurs initiatives ont été lancées au sein de la société civile suisse afin d’offrir un soutien aux jeunes migrant-e-s. C’est notamment le cas de Solidarité Eglises Migration qui a lancé le projet « Action parrainage ». D’après Claire-Antoinette Steiner, répondante pour l’action-parrainages Vaud, le projet vise à créer et établir des liens entre les MNA et les familles en partageant ensemble des repas, des activités sportives ou culturelles. Les familles et les bénévoles peuvent aussi apporter un soutien dans les démarches administratives, juridiques, dans la quête de travail et de la formation.

Malgré toutes ces initiatives, les défis à relever sont de taille. D’ailleurs, les dispositifs mis en place par le canton de Vaud ne reflètent de loin pas ceux des autres cantons. Les MNA représentent l’avenir de notre pays : nous devons leur offrir un accueil digne, les moyens de se former et de s’intégrer en Suisse.

Intervenant-e-s:

Cesla Amarelle, Conseillère nationale, professeure de droit à l’Université de Neuchâtel, spécialiste des questions de migration.

Claire-Antoinette Steiner, répondante, pour l’action-parrainages Vaud, du volet MNA; aumônière au Centre d’enregistrement et procédure de Vallorbe.

Amélie Huguenin, éducatrice dans un foyer MNA de l’EVAM

Julien Eggenberger, président du SSP Vaud et député.