© UNHCR/Achilleas Zavallis

Partager la responsabilité à l’échelle mondiale pour une protection commune des réfugiés

« La solidarité envers les réfugiés – entre responsabilité globale et engagement concret ». C’est sous ce slogan que se tiendra les 30 et 31 janvier 2018 à Berne le 7e symposium suisse sur l’asile. Consacré aux questions actuelles en matière de politique d’asile, il réunira des conférencières et conférenciers de premier rang issus de la classe politique, de l’administration, du monde scientifique et de la société civile. La Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga ouvrira les feux.

Par Barbara Graf Mousa, rédactrice responsable

Pour la septième fois déjà, l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés OSAR et le bureau de liaison du HCR pour la Suisse organisent le symposium suisse sur l’asile. Cet événement qui attire toujours beaucoup de monde est l’occasion pour les spécialistes de l’asile de débattre de divers sujets, de s’informer des derniers développements en la matière et de développer leur réseau de contacts. Le symposium sera cette année consacré à la solidarité envers les personnes vulnérables, au niveau international comme au niveau local d’une commune suisse, par exemple. Cette question constituera ainsi le fil rouge du programme et des thèmes abordés (cf. encadré).

La Déclaration de New York: référence du symposium sur l’asile

Sur le plan international, le nombre de réfugié-e-s à travers le monde – estimés à 65 millions de personnes – a eu pour effet d’inciter les 193 États membres de l’ONU à entamer un dialogue commun sur la politique migratoire. Dans le cadre de la 71e Assemblée générale des Nations unies, qui s’est tenue durant l’automne 2016, ils ont ainsi adopté la « Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants ». Au travers de cette Déclaration, les Etats expriment leur responsabilité et leur solidarité communes à l’égard des personnes qui ont été contraintes à la fuite, que ce soit en raison de conflits ou de catastrophes naturelles. Ils réaffirment en outre la nécessité de protéger les droits humains de tous les réfugié-e-s et migrant-e-s, d’assurer une scolarité de base à leurs enfants, d’empêcher la violence sexuelle et sexiste et de lutter contre la xénophobie. Ils soulignent également le besoin de soutenir et de soulager les pays qui accueillent beaucoup de personnes vulnérables et de trouver des places pour une réinstallation durable  à tous les réfugié-e-s proposé-e-s par le HCR. La Déclaration propose d’améliorer les possibilités d’entrer légalement dans un pays, par exemple en renforçant la mobilité professionnelle ou par des bourses d’études. Les Etats soulignent en outre que l’aide humanitaire et l’aide au développement doivent être bien ciblées et liées à des stratégies nationales et locales.
Les États souhaitent par ailleurs mettre au point des principes directeurs non contraignants pour améliorer la gestion des réfugié-e-s et migrant-e-s en situations précaires et engager des négociations intergouvernementales à ce sujet. Il conviendra à cet effet d’élaborer deux accords multilatéraux l’an prochain :

Les principes de la collaboration internationale et du partage mondial des responsabilités sous-tendent toutes ces résolutions. Le HCR reçoit le mandat de proposer à l’Assemblée générale des Nations unies de novembre 2018 une ébauche appropriée du Pacte mondial sur les réfugiés, qui fera partie du rapport du Haut Commissaire pour les réfugiés.

Vœu pieux ou texte contraignant ?

Doivent, devraient, pourraient ? L’éléphant a-t-il à nouveau accouché d’une souris, se demandent certaines voix critiques ? Sur le papier du moins, force est de constater que les 193 États se sont accordés pour reconnaître le besoin urgent d’agir dans le domaine de la migration et des réfugié-e-s. Ils ont en outre souligné la nécessité de chercher ensemble des solutions durables, aussi bien pour les personnes en fuite que pour les États d’accueil. Il conviendra, pour y parvenir, de procéder à un partage de la responsabilité, qu’il s’agira pour les États de négocier ensemble et de façon solidaire. Durant l’été 2017, le HCR a invité les États à dialoguer à Genève, afin de lancer le processus formel de consultation et de soumettre le plan des échéances et des discussions thématiques pour le traité international sur les réfugiés.
Chaque État peut apporter sa contribution, ne serait-ce qu’en évitant de rejeter sur d’autres la responsabilité des personnes en fuite. Le symposium suisse sur l’asile offre l’occasion de discuter de nouvelles solutions et de mesures concrètes. En ce qui concerne la Suisse, il s’agit notamment de la réforme de l’admission provisoire et de l’intégration du bénévolat dans le contexte professionnel de l’aide aux réfugiés.

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