Un pas de plus vers l'intégration: parole aux Érythréen-ne-s

Cette année, les personnes réfugiées et leur histoire d’arrivée en Suisse étaient au centre de notre campagne des Journées du réfugié. Nous souhaitons poursuivre notre contribution dans cette voie jusqu’à la fin de l’année 2018. Plusieurs personnes réfugiées, originaires d’Érythrée, ont pris leur destin en main avec beaucoup de motivation et de persévérance. Elles prennent ici la parole pour vous raconter leur intégration professionnelle en Suisse.

Samson Teklehaimanot, 23 ans, Érythrée – St-Croix (VD), apprenti polymécanicien, permis F

«Je m’appelle Samson Teklehaimanot et viens de Dekemhare, une petite ville à 38 km d’Asmara, la capitale d’Erythrée. Je suis arrivé en Suisse en 2015 et j’ai obtenu le permis F (réfugié reconnu) en 2017. Après avoir travaillé avec des paysans dans le cadre d’un programme d’’occupation, j’ai commencé mon apprentissage comme polymécanicien CFC à Ste-Croix l’année passée. Les cours sont exigeants mais j’arrive à suivre. Dans mon travail, nous produisons des pièces de mécanique, faisons des tournages, des fraisages, des perçages, des montages et apprenons à programmer les machines pour produire des pièces en 3 D. Ce métier me plaît et me permet de me sentir utile ainsi que de construire mon avenir. J’ai une famille et souhaite pouvoir assurer une bonne vie à ma femme et mon fils, en espérant qu’un jour il soit fier de moi. Mon rêve serait de pouvoir continuer un jour mes études pour devenir ingénieur.»

Marta Haile, 23 ans, Érythrée-Lausanne (VD), apprentie employée de commerce, permis B

«Je m’appelle Marta Haile, je viens d’Erythrée. Dans mon pays, j’étais étudiante en science de la vie à l’université, avant d’être emprisonnée de force par le gouvernement pour des raisons politiques. J’ai décidé de fuir et suis arrivée en Suisse en septembre 2015. En mars 2016, je me suis installée en colocation à Yvonand avec Cécile dans le cadre du projet «Familles d’accueil» de l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés. Cécile m’a soutenu pour chercher une place de stage et pour me préparer aux entretiens d’embauche. C’est ensuite par mes propres moyens que j’ai trouvé une place d’apprentissage en employée de commerce, que je commencerai en août 2018. Cette formation me permettra de toucher à plusieurs domaines, dont la réception, l’administration, la comptabilité et les ressources humaines. Après ces trois années d’apprentissage, je souhaite poursuivre des études dans la comptabilité.»

Asmerom Habtemariam, 24 ans, Érythrée-Écublens (VD), apprenti aide-menuisier, permis B

«Je m’appelle Asmerom Habtemariam, j’ai 24 ans et viens d’Erythrée. J’ai déposé une demande d’asile en Suisse en juillet 2016 et j’ai été reconnu comme réfugié en mars 2018. Grâce à Démarche, j’ai trouvé un stage d’un mois et deux semaines comme aide menuisier à Ecublens. Mon patron a beaucoup apprécié mon travail et m’a proposé une place d’apprentissage, que je commencerai dès le mois d’août 2018. En parallèle, je suivrai aussi des cours une fois par semaine à l’Ecole professionnelle artisanale et industrielle de Fribourg. J’aime beaucoup travailler avec le bois, fabriquer, assembler et transformer la matière première en de beaux objets. Dans le cadre de mon pré-apprentissage, nous réalisons des armoires pour une école et devons en construire 800 jusqu’à la fin de l’année.»

Medin Dirar, 23 ans, Érythrée – St-Croix (VD), apprenti électricien, permis F

«Je m’appelle Medin Dirar et viens d’Érythrée. Je suis arrivé en Suisse en 2014 et j’ai obtenu le permis F. Grâce au soutien de deux familles rencontrées lors d’une action de Noël à St-Croix, j’ai trouvé une place d’apprentissage d’électricien. La possibilité d’avoir pu participer à un Travail d’utilité publique très tôt a été une porte d’entrée importante. J’ai pu démontrer ma capacité à travailler, ai pu nouer des contacts et comprendre comment le travail fonctionne en Suisse. Mon métier m’intéresse, j’aime mon village d’adoption et comptes-y rester. J’ai envie de construire ma vie et mon avenir comme tout le monde.»

Semhar Negash, Berne et Asmara, 32 ans, anthropologue sociale, permis B

«Avec un permis de séjour, tu dois trouver un travail, suivre une formation professionnelle. Pour cela, il faut postuler, écrire des lettres, organiser des rendez-vous et puis ensuite attendre et faire preuve de patience. Or, c’est précisément à ce moment-là que le risque est le plus élevé de commencer à traîner sur son téléphone portable, à réfléchir, à se sentir seul et sans perspectives d’avenir. Il est donc primordial de bénéficier d’une structure ou d’exercer une activité, sinon on ne tient pas le coup. C’est pour cette raison que je soutiens depuis trois ans des jeunes Érythréennes et Érythréens dans leur intégration professionnelle. De plus, j’accompagne des familles érythréennes dans leur intégration et suis active au sein de l’Eritrean Dispora Academy, qui permet aux Érythréennes et Érythréens de se soutenir mutuellement et de renforcer leur épanouissement personnel.»

Tesfaleem Weldeslassie, 29 ans, Érythrée – Lausanne, apprenti installateur-électricien, permis F

«Je m’appelle Tesfaleem Weldeslassie, j’ai 29 ans et viens d’Érythrée. En août 2017, j’ai commencé un apprentissage en tant qu’installateur-électricien. Grâce au travail, je perfectionne mon français. Tous les six mois, je change d’équipe au sein de l’entreprise. Auparavant, je travaillais sur le site de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne et maintenant je suis sur un chantier à Vevey. Je rencontre de nouvelles personnes et travaille aussi le soir car j’ai des rapports à rendre chaque semaine. Tout cela me pousse à parler de mieux en mieux le français».

Finan Ashebir, 19 ans, est arrivé comme mineur non accompagné d’Érythrée jusqu’en Suisse, admission provisoire (permis F)

«Mon nom est Finan Ashebir. Je vis en Suisse depuis trois ans. J’ai suivi différents stages d’observation de quelques jours. Ils se sont tous bien déroulés, puisque je peux maintenant commencer un stage de six mois dès le 2 août à Rüttihubelbad à Walkringen. J’en ai besoin pour obtenir un CFC d’assistant socio-éducatif. En parallèle, je travaille dans plusieurs projets dont Speak out, un projet du Conseil suisse des activités de jeunesse, et aussi auprès de l’Erytrean Diaspora Academy et de Diaspora TV. Ces projets portent tous sur la question de l’intégration en Suisse et encouragent les individus à prendre leur vie en main. Dans mon temps libre, je joue de la musique traditionnelle avec le Kirar, j’aime aussi beaucoup le ping-pong, le basket, le foot et la natation.»