Un mineur non accompagné en Italie. © UNHCR/Alessandro Penso

Italie : une prise en charge toujours insuffisante

Une mission d’information de l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) qui s’est rendue en Italie montre que les personnes vulnérables renvoyées en Italie conformément au règlement de Dublin ne sont toujours pas prises en charge de manière adéquate par le système d’asile italien.

L’OSAR se rend régulièrement en Italie pour évaluer la situation. Le dernier voyage d’information à Rome et à Milan en septembre a constaté que malgré la diminution du nombre d’arrivées, la situation des requérant-e-s ne s’est pas améliorée, pas plus que celle des titulaires de protection. En particulier dans les cas de personnes vulnérables, qui ont besoin d’une prise en charge particulière, l’accès à tout soutien est problématique et arbitraire. L’OSAR s’en tient donc à sa recommandation de ne pas renvoyer les requérant-e-s d’asile et les titulaires de protection en Italie.

Le décret dit «Salvini» a des répercussions négatives

L’hébergement, l’accès à la nourriture et à divers services de base et l’intégration restent les principales préoccupations des requérant-e-s d’asile et des titulaires d’un statut de protection en Italie. L’OSAR considère que les effets du décret dit «Salvini», entré en vigueur il y a près d’un an pour renforcer la loi sur l’immigration, sont dévastateurs. Les personnes requérantes d’asile sont confrontées à des conditions bien pires dans les centres d’asile qu’avant le décret. Ce qu’il leur reste, c’est un lit et de la nourriture. Cette situation est particulièrement dévastatrice pour les personnes vulnérables, telles que les personnes en quête de protection, qui sont traumatisées par les circonstances de leur fuite. Comme il n’y a pratiquement pas de personnel spécialisé présent dans les centres, il est souvent impossible de les identifier en fonction de leurs besoins. Seuls les mineurs non accompagnés sont mieux traités et ne sont actuellement pas hébergés dans ces centres rudimentaires.

Avant l’entrée en vigueur du décret dit «Salvini» en octobre 2018, les personnes vulnérables avaient la possibilité – si des places étaient disponibles – d’être hébergées dans des centres d’accueil disposant de services spécifiques avec des places spécifiques pour les personnes vulnérables.

Une situation difficile pour les personnes renvoyées de Suisse

L’OSAR considère que le retrait du droit au logement des personnes qui ont quitté le centre pendant plus de 72 heures sans préavis constitue un problème croissant. Cela concerne en particulier les personnes en quête de protection, qui ont par exemple poursuivi leur voyage en Suisse et qui sont renvoyées en Italie en vertu du règlement Dublin. En raison de ce règlement, leurs possibilités d’obtenir un logement public sont limitées et l’accès aux soins de santé et à de nombreux autres services est plus difficile. De plus, il est compliqué et difficile de se plaindre de cette situation.

La publication du nouveau rapport détaillé de l’OSAR est prévue pour début décembre 2019.