Les centres d'asile ne sont pas des prisons

Le nouveau centre fédéral à Zurich est sous le feu des critiques des médias: les personnes résidentes font notamment état de fouilles corporelles systématiques et de fouilles arbitraires des chambres. L’OSAR demande de garantir un hébergement digne aux personnes en quête de protection.

Le nouveau centre fédéral à Zurich est sous le feu des critiques. Selon les enquêtes du « Tages-Anzeiger » et du magazine en ligne « Das Lamm », les personnes requérantes d’asile sont soumises à des fouilles corporelles systématiques chaque fois qu’elles entrent dans le centre. Même les enfants sont partiellement fouillés. Les personnes résidentes font également état de fouilles de chambres disproportionnées ainsi que d’une application beaucoup trop stricte des heures d’ouverture et de repas.

Les personnes requérantes d’asile sont criminalisées

Le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) ne voit aucune raison de modifier le dispositif de sécurité. Selon le SEM, les fouilles corporelles systématiques ont pour objectif d’empêcher l’entrée de couteaux ou d’autres objets dangereux dans le centre. Les quittances d’achat sont exigées afin de vérifier si les objets apportés n’ont pas été volés. Ce discours place les personnes requérantes d’asile sous suspicion générale et les criminalise à tort, car les centres d’asile ne sont pas des prisons.

L’OSAR estime que les fouilles corporelles systématiques sont disproportionnées. Déjà dans son dernier rapport sur les centres d’hébergement pour les requérants d’asile, la Commission nationale de prévention de la torture (CNPT) recommandait de renoncer aux fouilles corporelles tant que l’on n’est pas en présence d’un soupçon concret. Elle estime par ailleurs que les enfants ne devraient en principe pas être fouillés.

Droit à un hébergement digne

En mandatant des entreprises de sécurité privées et en optant pour un dispositif de sécurité restrictif, le SEM mise unilatéralement sur la sécurité du centre et de ses environs. Le sentiment de sécurité des personnes requérantes d’asile dans le centre, en particulier des personnes vulnérables, passe ainsi à la trappe. Car les personnes victimes de traumatismes ou de violence sexiste, par exemple, dépendent d’un personnel d’encadrement et d’un personnel de sécurité dotés une sensibilité spécifique. C’est pourquoi les formations initiales et continues dans les domaines de la compétence transculturelle et de la sensibilité doivent aussi être obligatoires pour le personnel de sécurité. Il s’agit en outre de veiller à ce que le personnel de sécurité féminin soit suffisamment représenté, ceci afin de garantir que les besoins des femmes requérantes d’asile soient pris en compte 24 heures sur 24.

L’OSAR estime que la sécurité prend une place trop importante dans l’hébergement des personnes requérantes d’asile. La priorité devrait plutôt être accordée à l’organisation adaptée d’un quotidien offrant des occupations utiles et tenant compte des besoins variés. De plus, les prestataires de sécurité privée sont tenus d’appliquer les standards minimaux visant à garantir les droits fondamentaux des personnes requérantes d’asile. Les recommandations de la CNPT doivent être rapidement mises en œuvre.