La motion Ă©manant des rangs du PLR entend rejeter la responsabilitĂ© de lâexĂ©cution du renvoi sur dâautres pays. Elle appelle en effet le Conseil fĂ©dĂ©ral Ă nĂ©gocier un accord de transit avec un Ătat tiers tel que le Rwanda afin dây expulser les personnes requĂ©rantes dâasile Ă©rythrĂ©ennes dĂ©boutĂ©es en Suisse. Celles-ci devraient ensuite retourner en ĂrythrĂ©e depuis cet Ătat tiers, volontairement ou sous la contrainte. Le Conseil des Ătats a dĂ©jĂ approuvĂ© le projet et câest aujourdâhui au Conseil national de rendre sa dĂ©cision.
Une politique symbolique et onéreuse
Du point de vue de lâOSAR, la motion du PLR relĂšve de la pure politique symbolique. En effet, le rĂ©gime Ă©rythrĂ©en ne soutient et nâaccepte pas les retours forcĂ©s de ses propres citoyennes et citoyens. MĂȘme depuis un pays de transit, les personnes concernĂ©es ne retourneront pas volontairement dans une dictature oĂč elles risquent la persĂ©cution et oĂč leur vie et leur intĂ©gritĂ© corporelle sont en danger.
En dâautres termes, la Suisse devrait les rĂ©admettre si lâexpulsion vers lâĂrythrĂ©e venait Ă Ă©chouer. Un tel modĂšle serait non seulement onĂ©reux et inefficace, mais aussi totalement disproportionnĂ©e lorsquâon sait que moins de 280 ĂrythrĂ©en·ne·s ont actuellement pour obligation de quitter la Suisse.
Assumer ses responsabilitĂ©s plutĂŽt que de sâen dĂ©fausser
LâOSAR sâoppose fermement Ă lâexternalisation des procĂ©dures dâasile, des obligations de protection et de lâexĂ©cution du renvoi vers des Ătats tiers. La Suisse ne peut pas assumer et garantir pleinement l'application de ses lois et de ses obligations de droit international dans un Etat tiers. Une telle procĂ©dure risque en effet de conduire Ă des violations flagrantes des normes en matiĂšre de droits humains et dâautres obligations internationales telles que le principe de non-refoulement, qui proscrit le renvoi de personnes rĂ©fugiĂ©es dans des pays oĂč leur vie est en danger ou dans lesquels elles risquent la torture ou des traitements inhumains. Ce principe sâapplique dans la mĂȘme mesure aux personnes requĂ©rantes dâasile et Ă celles frappĂ©es dâune obligation de quitter le territoire.
LâOSAR considĂšre que, plutĂŽt que de sâen dĂ©fausser sur des Ătats tiers, la Suisse devrait assumer sa responsabilitĂ© de protection et permettre aux personnes requĂ©rantes dâasile dĂ©boutĂ©es de mener une vie digne pendant la durĂ©e de leur sĂ©jour dans notre pays.
LâOSAR appelle donc le Conseil national Ă corriger la dĂ©cision erronĂ©e du Conseil des Ătats et Ă rejeter la motion demandant un accord de transit en vue dâexpulser dans un Ătat tiers les personnes requĂ©rantes dâasile Ă©rythrĂ©ennes dĂ©boutĂ©es.
Information contextuelle :
La motion Gössi 23.4440 « Conclure un accord de transit avec un pays tiers pour y envoyer les Erythréens dont la demande d'asile a été rejetée » demande au Conseil fédéral de négocier un accord de transit avec un Etat tiers. Cela permettrait de délocaliser l'exécution du renvoi des personnes requérantes d'asile érythréennes déboutées et de l'effectuer ensuite depuis cet Etat tiers.
Le principe de tels accords : En vertu de l'accord de transit, la Suisse expulse les ErythrĂ©en·ne·s dĂ©bouté·e·s vers le pays de transit. De lĂ , les personnes concernĂ©es doivent ensuite, dans un dĂ©lai convenu dans l'accord de transit, soit retourner volontairement en ErythrĂ©e, soit ĂȘtre rapatriĂ©es sous contrainte par le pays de transit. Les personnes concernĂ©es ne restent donc pas dans le pays de transit, mais seulement pendant le dĂ©lai de transit fixĂ©. Si la poursuite du voyage vers l'ĂrythrĂ©e n'a pas lieu dans le dĂ©lai convenu, ces accords de transit contiennent toujours une clause de rĂ©admission. Cela signifie que les personnes requĂ©rantes d'asile Ă©rythrĂ©ennes transfĂ©rĂ©s dans le pays de transit devraient ĂȘtre rĂ©admises en Suisse Ă l'expiration du dĂ©lai convenu.

Eliane Engeler
Porte-parole
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