L’avenir du statut S : sécuriser la planification et garantir la protection

19 juin 2026

L’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) salue le projet relatif à l’avenir du statut de protection S et la mise en place d’une planification fiable pour les personnes réfugiées d’Ukraine. Le statut de protection doit être maintenu tant que dure la guerre. L’OSAR dénonce les restrictions du statut S et les traitements inégaux des personnes en quête de protection.

Berne, le 19 juin 2026

Le SecrĂ©tariat d’État aux migrations (SEM) a soumis ce jour Ă  la consultation un concept relatif Ă  l’avenir du statut S prĂ©sentant plusieurs scĂ©narios. L’OSAR salue ce projet dans l’ensemble et se rĂ©jouit que la ConfĂ©dĂ©ration, les cantons et les communes soient parvenus Ă  un consensus quant aux diffĂ©rentes options possibles. En effet, il est aussi important qu’urgent de permettre aux personnes rĂ©fugiĂ©es d’Ukraine d’anticiper leur avenir et de s’y prĂ©parer dès aujourd’hui. L’OSAR a pu contribuer de manière consultative au groupe d’accompagnement et y reprĂ©senter les intĂ©rĂŞts liĂ©s Ă  la protection des personnes rĂ©fugiĂ©es. 

1. Maintien du statut S

Selon l’OSAR, le statut S demeure nĂ©cessaire tant que la guerre sĂ©vit en Ukraine. 

Pour l’OSAR, les points ci-après doivent faire l’objet d’une attention particulière dans ce contexte :

  • ConformĂ©ment Ă  la loi sur l’asile (LAsi), les personnes au bĂ©nĂ©fice du statut S ont le droit, après un sĂ©jour de cinq ans, de demander un permis B pour la durĂ©e de leur sĂ©jour. 
  • Le Conseil fĂ©dĂ©ral souhaite donner la possibilitĂ© pour les cantons et les communes de dĂ©cider de manière autonome du montant de l’aide sociale allouĂ©e aux personnes concernĂ©es. Or, cela risque d’engendrer des disparitĂ©s dans les prestations sociales selon les cantons et les communes de rĂ©sidence ainsi qu’une mosaĂŻque (Flickenteppich) de prestations d’aide sociale Ă  l’échelle nationale, ce qui est contraire au principe de l’égalitĂ© des droits. L’aide sociale en matière d’asile est d’ores et dĂ©jĂ  conçue de manière très disparate, se situant selon les cantons entre 20 et 70 % en dessous de l’aide sociale ordinaire.
  • Les femmes avec enfants, les jeunes adultes et les autres personnes vulnĂ©rables, en incapacitĂ© de travailler pour des raisons indĂ©pendantes de leur volontĂ© ou ne pouvant travailler que de manière limitĂ©e, doivent pouvoir espĂ©rer un titre permanent de sĂ©jour. Les demandes pour cas de rigueur doivent ĂŞtre examinĂ©es gĂ©nĂ©reusement et conformĂ©ment au droit.
  • L’OSAR s’oppose Ă  une limitation du statut de protection S pour les hommes en âge d’effectuer leur service militaire. La protection doit ĂŞtre accordĂ©e Ă  toutes les personnes qui ont fui l’Ukraine, sans considĂ©ration d’âge ou de genre. Les motifs d’exil des hommes en âge de servir ne doivent pas se limiter Ă  une possible dĂ©sertion, car parmi ces hommes certains sont pères de famille avec des enfants en bas âge. Une limitation du statut S pour les hommes en âge de servir engendrerait l’explosion des cellules familiales. De plus, nombre d’hommes quittent l’Ukraine assez jeunes depuis que le gouvernement ukrainien a autorisĂ© en aoĂ»t 2025 les hommes de moins de 22 ans Ă  quitter le pays.

2. Suppression complète du statut S 

  • Pour l’OSAR la suppression du statut S est envisageable uniquement si la guerre se termine, si un accord de paix est signĂ© et si la sĂ©curitĂ© en Ukraine est garantie par une instance indĂ©pendante. 
  • Cette dĂ©cision devrait ĂŞtre prise de concert avec l’Union europĂ©enne et ses États membres.
  • Le retour quant Ă  lui pourra ĂŞtre envisagĂ© uniquement lorsque les infrastructures hospitalières, routières et scolaires, entre autres, seront rĂ©tablies et que les bases nĂ©cessaires Ă  la subsistance seront garanties. 

3. Suppression du statut S si le conflit perdure 

  • L’OSAR continue de se prononcer contre la dĂ©finition et la multiplication de rĂ©gions dites sĂ»res. 
  • Si le nombre de demandes de statut de protection devait diminuer au point d’orienter les personnes rĂ©fugiĂ©es d’Ukraine vers une procĂ©dure d’asile ordinaire, deux rĂ©gimes distincts se prĂ©senteraient : le statut S et le permis F de l’admission provisoire. Afin d’éviter les inĂ©galitĂ©s de traitement entre les diffĂ©rents statuts, l’OSAR demande depuis longtemps dĂ©jĂ  l’introduction d’un statut de protection humanitaire uniforme, en lieu et place du statut S et du permis F.

90 ans d'OSAR – 90 ans de protection des personnes réfugiées