Avec sa modification de la loi sur lâasile (LAsi), qui sera examinĂ©e demain par le Conseil national, le Conseil fĂ©dĂ©ral entend rĂ©glementer plus prĂ©cisĂ©ment les questions liĂ©es Ă lâexploitation des CFA et au maintien de la sĂ©curitĂ© sur place. Si le projet de loi constitue une avancĂ©e importante en mettant en Ćuvre certaines recommandations du rapport Oberholzer et en comblant plusieurs lacunes, lâOSAR considĂšre toutefois que certains ajustements restent nĂ©cessaires pour assurer le respect des droits des personnes concernĂ©es et en particulier des enfants.
La Commission nationale de prĂ©vention de la torture (CNPT) a soulignĂ© Ă maintes reprises le manque de protection des enfants dans ses rapports sur les CFA. Pour protĂ©ger leur bien-ĂȘtre et leurs droits conformĂ©ment Ă la Convention relative aux droits de lâenfant (CIDE), toute modification de la loi doit placer lâintĂ©rĂȘt supĂ©rieur de lâenfant au premier plan. Il y a donc lieu dâinterdire la rĂ©tention provisoire de personnes mineures, y compris dâenfants de plus de 14 ans, et de les exclure par principe des durcissements prĂ©vus, tels que les fouilles et les mesures disciplinaires.
Plus de sĂ©curitĂ© pour les personnes en quĂȘte de protection
LâOSAR estime que le projet tient toujours trop peu compte des besoins des personnes en quĂȘte de protection. Les rĂ©cents signalements dâactes violents impliquant le personnel de sĂ©curitĂ© et dâencadrement dans les CFA temporaires de BĂąle (BS) et Aesch (BL) ainsi quâĂ la caserne des Rochat prouvent que les efforts de sensibilisation doivent se poursuivre. Selon lâOSAR, il convient donc dâinterdire de maniĂšre gĂ©nĂ©rale le recours aux moyens auxiliaires tels que les menottes, les chaĂźnes et les chiens de service ainsi que lâusage dâarmes pour donner plus dâimportance au besoin de sĂ©curitĂ© des personnes en quĂȘte de protection.
Respecter les principes de lâĂtat de droit
Dans le cadre de la consultation, lâOSAR a notamment rĂ©clamĂ© une dĂ©finition plus claire du respect des principes de lâĂtat de droit dans le projet de loi, par exemple en ce qui concerne la proportionnalitĂ© du recours Ă la contrainte et aux mesures disciplinaires.
Une minoritĂ© au sein de la commission dâexamen sâest engagĂ©e en faveur dâune meilleure prise en compte du besoin de protection particulier des enfants, de lâinterdiction du recours aux moyens auxiliaires et du renforcement des droits des personnes requĂ©rantes dâasile. LâOSAR appelle le Conseil national Ă soutenir ces propositions minoritaires.

Eliane Engeler
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