Kinder im Gang eines Asylzentrums

Mesures de sécurité dans les CFA : donner plus de poids aux droits humains

17 septembre 2024

L’Organisation suisse d’aide aux rĂ©fugiĂ©s (OSAR) salue sur le principe la volontĂ© de crĂ©er un cadre lĂ©gal clair pour la sĂ©curitĂ© et l’exploitation des centres fĂ©dĂ©raux pour requĂ©rants d’asile (CFA). Toutefois, de son point de vue, le projet de loi du Conseil fĂ©dĂ©ral tient toujours trop peu compte des droits et besoins des personnes en quĂȘte de protection. L’OSAR appelle donc le Conseil national Ă  procĂ©der Ă  des amĂ©liorations pour garantir en particulier le respect des droits de l’enfant.

Avec sa modification de la loi sur l’asile (LAsi), qui sera examinĂ©e demain par le Conseil national, le Conseil fĂ©dĂ©ral entend rĂ©glementer plus prĂ©cisĂ©ment les questions liĂ©es Ă  l’exploitation des CFA et au maintien de la sĂ©curitĂ© sur place. Si le projet de loi constitue une avancĂ©e importante en mettant en Ɠuvre certaines recommandations du rapport Oberholzer et en comblant plusieurs lacunes, l’OSAR considĂšre toutefois que certains ajustements restent nĂ©cessaires pour assurer le respect des droits des personnes concernĂ©es et en particulier des enfants.

La Commission nationale de prĂ©vention de la torture (CNPT) a soulignĂ© Ă  maintes reprises le manque de protection des enfants dans ses rapports sur les CFA. Pour protĂ©ger leur bien-ĂȘtre et leurs droits conformĂ©ment Ă  la Convention relative aux droits de l’enfant (CIDE), toute modification de la loi doit placer l’intĂ©rĂȘt supĂ©rieur de l’enfant au premier plan. Il y a donc lieu d’interdire la rĂ©tention provisoire de personnes mineures, y compris d’enfants de plus de 14 ans, et de les exclure par principe des durcissements prĂ©vus, tels que les fouilles et les mesures disciplinaires.

Plus de sĂ©curitĂ© pour les personnes en quĂȘte de protection

L’OSAR estime que le projet tient toujours trop peu compte des besoins des personnes en quĂȘte de protection. Les rĂ©cents signalements d’actes violents impliquant le personnel de sĂ©curitĂ© et d’encadrement dans les CFA temporaires de BĂąle (BS) et Aesch (BL) ainsi qu’à la caserne des Rochat prouvent que les efforts de sensibilisation doivent se poursuivre. Selon l’OSAR, il convient donc d’interdire de maniĂšre gĂ©nĂ©rale le recours aux moyens auxiliaires tels que les menottes, les chaĂźnes et les chiens de service ainsi que l’usage d’armes pour donner plus d’importance au besoin de sĂ©curitĂ© des personnes en quĂȘte de protection.

Respecter les principes de l’État de droit

Dans le cadre de la consultation, l’OSAR a notamment rĂ©clamĂ© une dĂ©finition plus claire du respect des principes de l’État de droit dans le projet de loi, par exemple en ce qui concerne la proportionnalitĂ© du recours Ă  la contrainte et aux mesures disciplinaires.

Une minoritĂ© au sein de la commission d’examen s’est engagĂ©e en faveur d’une meilleure prise en compte du besoin de protection particulier des enfants, de l’interdiction du recours aux moyens auxiliaires et du renforcement des droits des personnes requĂ©rantes d’asile. L’OSAR appelle le Conseil national Ă  soutenir ces propositions minoritaires.

Eliane Engeler

Porte-parole

90 ans d'OSAR – 90 ans de protection des personnes rĂ©fugiĂ©es