L’OSAR rejette l’extension de la détention administrative

25 juin 2026

Le rapport intermédiaire de la «Task force multrécidivistes» (TML) montre que les autorités disposent déjà d’instruments efficaces pour lutter contre la criminalité dans le domaine de l’asile et des étrangers, qu’elles utilisent désormais de manière plus efficace. L'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR) met donc en garde contre les durcissements additionnels des mesures de contraintes prévus par les autorités dans le domaine de l'asile et exige le respect rigoureux des principes de l'État de droit. L'OSAR s'oppose en particulier à l'extension de la détention administrative en sanction pénale.

Berne, le 25 juin 2026

En juin 2025, la ConfĂ©dĂ©ration, les cantons, les villes et les communes ont mis conjointement en place la « Task force multirĂ©cidivistes Â» (TML) Ă  travers un projet pilote. L’objectif des autoritĂ©s est de de pouvoir rĂ©agir avec plus de cohĂ©rence lorsque des personnes relevant du domaine de l’asile ou des personnes en sĂ©jour irrĂ©gulier menacent la sĂ©curitĂ© publique de manière rĂ©pĂ©tĂ©e. Le rapport intermĂ©diaire publiĂ© aujourd’hui par le SEM, dĂ©montre que durant les six premiers mois la TML a fait plus efficacement recours aux instruments existants et a dĂ©jĂ  mis en Ĺ“uvre certaines mesures. Outre une meilleure coordination entre les autoritĂ©s, on compte parmi elles le mĂ©lange de mesures de contrainte relevant du droit des Ă©trangers en vue d’un renvoi, avec des mesures pĂ©nales. Pour l’OSAR, cet Ă©lĂ©ment est prĂ©occupant au regard de l’État de droit, puisque la dĂ©tention administrative n’est pas un instrument du droit pĂ©nal. Cette distinction juridique a Ă©galement Ă©tĂ© confirmĂ©e par le Tribunal fĂ©dĂ©ral.

Les infractions pĂ©nales pèsent sur la majoritĂ© qui se comporte correctement 

En comparaison internationale, la Suisse reste un pays très sĂ»r et est mĂŞme devenue plus sĂ»re ces dernières annĂ©es. De plus, plus de 93 % des personnes prĂ©venues ne relèvent pas du domaine de l’asile. Durant les six premiers mois de son activitĂ©, la TML a traitĂ© 87 cas au total, dont deux tiers Ă©manaient du domaine de l’asile. L’OSAR se montre toutefois Ă©galement prĂ©occupĂ©e par les infractions pĂ©nales liĂ©es au domaine de l’asile. Elles constituent un fardeau supplĂ©mentaire pour la grande majoritĂ© des personnes requĂ©rantes d’asile qui se comportent correctement, qui ont besoin de protection et qui souhaitent s’intĂ©grer en Suisse. Les infractions pĂ©nales jettent le discrĂ©dit sur le système d’asile et favorisent la discrimination Ă  l’égard des personnes requĂ©rantes d’asile. 

Les mesures de contrainte uniquement en dernier recours

La lutte contre la criminalité dans les domaines de l’asile est importante. Elle doit cependant intervenir de manière cohérente, sans discrimination et dans le respect des principes de l’État de droit. Les infractions pénales doivent être sanctionnées en premier lieu par dans le cadre du droit pénal et de la poursuite pénale. À cet effet, les autorités disposent déjà d'outils adéquats qu'elles peuvent utiliser de manière ciblée, comme le montre le rapport de la TML.

Les mesures de contrainte telles que la détention constituent une atteinte grave aux droits fondamentaux et à la liberté individuelle. Conformément au droit en vigueur, elles ne doivent donc être appliquées que s'il n'existe aucun moyen moins contraignant permettant d'atteindre le même objectif. Aujourd’hui déjà, les bases légales régissant les mesures de contrainte dans le domaine de l’asile et des étrangers sont très étendues et restrictives.

90 ans d'OSAR – 90 ans de protection des personnes réfugiées