Quatre ans de guerre en Ukraine : une solution de long terme s’impose pour les personnes réfugiées vivant en Suisse

24 février 2026

L’agression russe du 24 février 2022 a marqué le début d’une guerre tenace dont rien ne laisse présager la fin. Un retour sûr au pays reste impossible pour les personnes réfugiées d’Ukraine qui vivent en Suisse. L’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) préconise une solution de long terme et une perspective aussi sûre et stable que possible de demeurer en Suisse après cinq années de séjour.

Berne, le 24 fĂ©vrier 2026 

Quatre ans après le dĂ©but de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la guerre se poursuit et les conditions de sĂ©curitĂ© restent extrĂŞmement instables dans tout le pays. Rien que l’an dernier, les attaques russes ont blessĂ© ou tuĂ© environ 15 000 personnes civiles en Ukraine et les bombes continuent de pleuvoir sur les zones rĂ©sidentielles et les infrastructures Ă©nergĂ©tiques. Une stabilisation durable de la situation en Ukraine qui permettrait aux personnes rĂ©fugiĂ©es de rentrer au pays en toute sĂ©curitĂ© est donc tout Ă  fait irrĂ©aliste dans un avenir plus ou moins proche.  

Cette cinquième annĂ©e de guerre pose dès lors la question urgente de l’avenir des personnes qui vivent aujourd’hui en Suisse avec le statut provisoire S, dont une majoritĂ© de femmes avec enfants et de jeunes adultes ayant entre 18 et 30 ans. Selon une analyse sur mandat du Conseil fĂ©dĂ©ral, 48 000 personnes environ auront atteint en 2027 le dĂ©lai de cinq ans donnant lĂ©galement lieu Ă  une autorisation de sĂ©jour rĂ©gulière (permis B). Pour les personnes rĂ©fugiĂ©es d’Ukraine, cette autorisation cessera toutefois de s’appliquer lors de la levĂ©e dĂ©finitive du statut S, ce qui ne leur offre pas la sĂ©curitĂ© dont elles ont besoin pour vivre en Suisse et n’encourage pas non plus leur intĂ©gration.  

Ne pas lier le droit stable de demeurer en Suisse Ă  l’exercice d’une activitĂ© lucrative 

Il convient donc de prĂ©voir dès maintenant une solution de long terme qui rĂ©glemente la levĂ©e ou le remplacement du statut de protection S et la transition vers l’octroi du permis B Ă  compter de 2027. Dans le mandat politique sur la stratĂ©gie en matière d’asile, la ConfĂ©dĂ©ration, les communes et les villes annoncent qu’elles envisagent une nouvelle rĂ©glementation pour la levĂ©e ou le remplacement du statut de protection S et la transition vers l’octroi du permis B. L’OSAR appelle Ă  offrir aux personnes rĂ©fugiĂ©es d’Ukraine un droit durable et aussi stable que possible de demeurer en Suisse après cinq annĂ©es de sĂ©jour. Un tel droit ouvre en effet des perspectives favorables Ă  l’intĂ©gration, apporte une sĂ©curitĂ© et facilite la recherche d’emploi en renforçant les incitations et la sĂ©curitĂ© de planification pour les entreprises. 

L’OSAR recommande aussi que les situations et circonstances individuelles soient prises en compte dans les dĂ©cisions de sĂ©jour des personnes rĂ©fugiĂ©es. Les enfants scolarisĂ©s et leurs parents ou proches, les jeunes en formation et les personnes vulnĂ©rables, entre autres, doivent pouvoir bĂ©nĂ©ficier d’une perspective sĂ»re de demeurer durablement en Suisse, et pas uniquement les personnes qui travaillent. Enfin, les procĂ©dures d’autorisation doivent notamment ĂŞtre amĂ©nagĂ©es de la façon la plus simple, claire et uniforme possible pour assurer la rapiditĂ© des dĂ©cisions Ă  l’échelle de la Suisse, dans l’intĂ©rĂŞt de toutes les parties prenantes.  

Afflux annoncĂ© de procĂ©dures pour cas de rigueur 

Pour l’instant, les demandes pour cas de rigueur après cinq ans de séjour, que les autorités doivent examiner au cas par cas, sont généralement la seule autre possibilité d’obtenir une perspective sûre de séjour durable pour les personnes en quête de protection. Les conséquences en cas de statu quo se devinent aisément : les coûteuses procédures pour cas de rigueur sont appelées à exploser dès l’an prochain, ce qui confronterait les offices cantonaux des migrations et la protection juridique à un défi quasi insurmontable. Une solution de long terme bénéficierait donc aux personnes concernées et aux autorités.