Syrie : l’OSAR salue la reprise des décisions d’asile et juge les renvois inexigibles

17 avril 2026

L’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) se félicite que la Confédération recommence à statuer sur les demandes d’asile de personnes syriennes. Après 16 mois d’interruption, elle l’appelle à rendre des décisions rapides et généreuses, en particulier pour les membres de minorités. L’OSAR met aussi en garde contre les renvois vers la Syrie, toujours inexigibles en raison de la guerre, des violences et de la précarité de la situation humanitaire.

Berne, le 17 avril 2026

L’OSAR salue l’intention du SEM de reprendre l’examen des demandes d’asile de personnes syriennes dès le mois de mai, alors que les procĂ©dures Ă©taient suspendues depuis dĂ©cembre 2024. Seize mois après la chute du rĂ©gime Assad, cette dĂ©cision se faisait attendre. Les Syriennes et les Syriens en quĂŞte de protection en Suisse ont trop longtemps dĂ» vivre dans l’incertitude sans la moindre perspective d’intĂ©gration, raison pour laquelle l’OSAR avait d’emblĂ©e dĂ©noncĂ© cette suspension. 

Selon l’OSAR, la situation de persĂ©cution de nombreuses minoritĂ©s syriennes Ă©tait suffisamment claire depuis longtemps pour statuer sur des demandes qui seraient selon toute vraisemblance approuvĂ©es. Elle appelle dĂ©sormais Ă  un examen rapide et gĂ©nĂ©reux de ces demandes d’asile, en particulier celles des membres de minoritĂ©s, Ă  l’égard desquelles la violence s’est encore intensifiĂ©e après le changement de pouvoir. Les populations alaouites et kurdes de mĂŞme que les minoritĂ©s religieuses et sexuelles continuent de faire l’objet de persĂ©cutions individuelles, comme le SEM le confirme lui-mĂŞme dans un rapport faisant suite Ă  sa dernière mission sur place. La Suisse doit octroyer l’asile aux personnes de Syrie victimes de persĂ©cution.  

InexigibilitĂ© des renvois en Syrie 

L’OSAR juge les renvois en Syrie globalement inexigibles au vu du contexte actuel. Dans son rapport, le SEM fait Ă©tat de la poursuite des conflits armĂ©s, de la destruction Ă  grande Ă©chelle des infrastructures et d’une situation Ă©conomique toujours catastrophique, un constat que partage pleinement l’OSAR.  

Par ailleurs, le gouvernement de transition se rend lui-même coupable de violations de droits humains et ne semble pas en mesure de protéger sa population contre les violences. Des meurtres, des actes de torture, des enlèvements et des disparitions forcées ont lieu. Beaucoup d’enfants ne vont plus à l’école par peur des kidnappings. La décision du SEM de prononcer le renvoi s’il existe des circonstances favorables est donc prématurée. La Suisse doit continuer de protéger ces personnes contre la guerre et la violence au moyen de l’admission provisoire.