L'OSAR demande aux autorités suisses de suspendre les renvois forcés au Burundi

24 avril 2026

L'OSAR critique les renvois forcĂ©s de ressortissant∙e∙s burundais∙es qui ont Ă©tĂ© rĂ©cemment exĂ©cutĂ©s ou dont la planification est en cours. Comme l'attestent de nombreux rapports, la situation des droits humains au Burundi reste particuliĂšrement prĂ©occupante.

Le 21 avril, plusieurs personnes originaires du Burundi, dont les demandes d’asile avaient Ă©tĂ© rejetĂ©es, ont Ă©tĂ© renvoyĂ©es par un vol spĂ©cial. Un autre vol spĂ©cial serait prĂ©vu prochainement. Dans ce contexte, le suicide Ă  Zurich d’un jeune Burundais Ă  la suite d’une dĂ©cision d’asile nĂ©gative nous attriste profondĂ©ment. 

  • L’OSAR demande la suspension des renvois vers le Burundi et les condamne. L’OSAR appelle la Suisse Ă  suspendre l’exĂ©cution des renvois vers le Burundi. La majoritĂ© des pays europĂ©ens ne renvoient pas de personnes au Burundi. Le risque de persĂ©cutions arbitraires reste Ă©levĂ©, en particulier pour les opposant∙e∙s politiques. En septembre 2025, la Suisse a fait part au Conseil des droits de l'homme de ses prĂ©occupations concernant la torture, les exĂ©cutions extrajudiciaires et les dĂ©tentions arbitraires au Burundi. Elle a Ă©voquĂ© un climat d'impunitĂ© et d'intimidation. MĂȘme si le taux d’octroi de l’asile aux personnes originaires du Burundi a nettement augmentĂ© ces derniĂšres annĂ©es, passant de 2,6 % en 2022 Ă  27,3 % en 2026, la plupart des demandes d’asile sont rejetĂ©es sans qu’aucune protection ne soit accordĂ©e. Les personnes concernĂ©es sont donc directement menacĂ©es de renvoi.
     
  • Les Burundais∙es renvoyĂ©âˆ™e∙s deviennent des cibles. Les personnes renvoyĂ©es sous escorte policiĂšre courent le risque d’ĂȘtre mises sous pression par les services de renseignement burundais. Les dĂ©tentions arbitraires et les disparitions forcĂ©es sont bien documentĂ©es. Le simple fait d’avoir demandĂ© l’asile Ă  l’étranger peut entrainer des persĂ©cutions par les autoritĂ©s. 
     
  • L’examen de la crĂ©dibilitĂ© doit tenir compte du contexte propre Ă  chaque situation. En procĂ©dure d’asile, la question de la vraisemblance des allĂ©gations demeure centrale. Or, de nombreuses demandes d'asile de ressortissant∙e∙s burundais∙es sont rejetĂ©es au motif que leurs dĂ©clarations ne sont pas suffisamment crĂ©dibles. L’OSAR rappelle que les critĂšres de vraisemblance ne doivent pas s’interprĂ©ter en dĂ©faveur des personnes requĂ©rantes et qu’il est nĂ©cessaire de tenir compte du contexte du pays d’origine ainsi que des circonstances individuelles lors de chaque examen.