Session d'été 2026

La session d’étĂ© 2026 se tiendra du 1 au 19 juin. Vous trouverez ci-dessous un aperçu des principaux dossiers liĂ©s Ă  la fuite, Ă  l'asile et Ă  l'intĂ©gration, ainsi que la position de l'Organisation suisse d'aide aux rĂ©fugiĂ©s (OSAR).

1er juin 2026

Mieux protéger les femmes et les filles dans le systÚme d'asile

Objet : 25.4616
Titre : Mot. Klopfenstein Broggini. ReconnaĂźtre et protĂ©ger les femmes victimes de violences sexuelles et sexistes relevant de l’asile.
Date et conseil :Conseil national, 3 juin 2026

De quoi il s’agit : Le postulat propose l'Ă©laboration d'un rapport visant Ă  dĂ©terminer comment mieux identifier et protĂ©ger, au sein du systĂšme d'asile, les femmes et les filles ayant subi des violences sexuelles ou liĂ©es au genre.

Position de l'OSAR en bref : À l’heure actuelle, la persĂ©cution liĂ©e au genre n’est pas suffisamment examinĂ©e dans le cadre de la procĂ©dure d’asile, tout comme les risques liĂ©s au genre en cas d’expulsion. Il manque Ă©galement un soutien spĂ©cialisĂ© pour les femmes et les filles en quĂȘte de protection qui ont Ă©tĂ© victimes de violences dans leur pays d’origine ou pendant leur exil. Enfin, il manque Ă©galement une collecte systĂ©matique de donnĂ©es sur les femmes requĂ©rantes d’asile ayant des motifs de fuite liĂ©s au genre, les taux de reconnaissance et les motifs de rejet. Le rapport demandĂ© dans le cadre du postulat vise Ă  combler cette lacune. 

Recommandation de vote : Accepter.

Les arguments détaillés de l'OSAR

  • Renforcer la protection des femmes et des filles. Le postulat demande un rapport visant Ă  dĂ©terminer comment mieux identifier et protĂ©ger, au sein du systĂšme d'asile, les femmes et les filles ayant subi des violences sexuelles ou sexistes. Le rĂ©seau d'ONG « Convention d'Istanbul » dĂ©montre, dans son dernier rapport (chap. III) consacrĂ© Ă  la mise en Ɠuvre de la Convention d'Istanbul en Suisse, qu'il est urgent d'agir dans ce domaine : actuellement, la persĂ©cution liĂ©e au genre n'est pas suffisamment examinĂ©e dans la procĂ©dure d'asile, tout comme les risques liĂ©s au genre en cas d'expulsion. Il manque Ă©galement un soutien spĂ©cialisĂ© pour les femmes et les filles demandeuses d’asile qui ont subi des violences dans leur pays d’origine ou pendant leur exil. Enfin, il n’existe pas non plus de collecte systĂ©matique de donnĂ©es sur le nombre de femmes demandeuses d’asile ayant des motifs d’exil liĂ©s au genre, les taux de reconnaissance et les motifs de rejet. Le rapport en rĂ©ponse au postulat demandĂ© vise Ă  combler cette lacune.
  • RĂ©pondre aux critiques du ComitĂ© des Nations Unies. Les lacunes de la pratique suisse sont Ă©galement confirmĂ©es par le ComitĂ© des Nations Unies pour l'Ă©limination de la discrimination Ă  l'Ă©gard des femmes (CEDAW), qui a condamnĂ© la Suisse dans trois dĂ©cisions distinctes (169/2021, 171/2021 et 172/2021) rendues en juillet 2025. Le CEDAW a d'une part critiquĂ© la tendance des autoritĂ©s Ă  remettre en cause la crĂ©dibilitĂ© des victimes de violences lorsque leurs dĂ©clarations sont faites aprĂšs le dĂ©but de la procĂ©dure. D'autre part, la Suisse a Ă©tĂ© critiquĂ©e pour le fait que les renvois ont souvent Ă©tĂ© effectuĂ©s sans examen individuel approfondi des expĂ©riences traumatisantes vĂ©cues par les femmes concernĂ©es. Le CEDAW a clairement indiquĂ© qu’il fallait procĂ©der Ă  un examen individuel complet de la situation des personnes concernĂ©es, tenant compte des traumatismes subis et sensible au genre, et garantir l’accĂšs Ă  des traitements mĂ©dicaux et psychologiques ainsi qu’à des mesures de rĂ©adaptation dans le pays de destination. Cette critique a toutefois Ă©tĂ© passĂ©e sous silence dans le dernier rapport national du SEM sur la Convention d’Istanbul. Le postulat permet de traiter ces points, de respecter les obligations de la Suisse en vertu du droit international et d'amĂ©liorer la protection des femmes et des filles rĂ©fugiĂ©es.
  • L’OSAR recommande donc de suivre le Conseil fĂ©dĂ©ral et d'accepter le postulat.

Pas de restriction de la représentation juridique des personnes requérantes d'asile

Objet : 25.3635
Titre : Mot. Stark. ReprĂ©sentation juridique gratuite dans la procĂ©dure de recours en matiĂšre d’asile. Limiter les actions en justice disproportionnĂ©es et vouĂ©es Ă  l’échec.
Date et conseil : Conseil des États, 17 juin 2026

De quoi il s’agit : La motion demande que le droit Ă  la reprĂ©sentation juridique gratuite dans la procĂ©dure d'asile soit restreint.

Position de l'OSAR en bref : La reprĂ©sentation juridique gratuite pour les personnes requĂ©rantes d'asile ne constitue pas un traitement prĂ©fĂ©rentiel par rapport au reste de la population, mais une forme qualifiĂ©e d'assistance judiciaire gratuite, telle que la Constitution fĂ©dĂ©rale la garantit Ă  tou∙te∙s les rĂ©sident∙e∙s de Suisse. Elle a Ă©tĂ© introduite en 2019 comme mesure d'accompagnement centrale de la procĂ©dure d'asile accĂ©lĂ©rĂ©e et garantit, compte tenu des dĂ©lais raccourcis, une procĂ©dure Ă©quitable et conforme Ă  l'État de droit. La restriction demandĂ©e ne serait pas conforme Ă  la Constitution. Pour examiner le caractĂšre vouĂ© Ă  l'Ă©chec d'une demande d'asile avant le lancement de la procĂ©dure d'asile ordinaire, comme le propose la motion, il faudrait mettre en place une sorte de procĂ©dure prĂ©liminaire dans laquelle les droits des personnes requĂ©rantes d'asile devraient Ă©galement ĂȘtre prĂ©servĂ©s. Une telle procĂ©dure prendrait du temps et serait en outre coĂ»teuse. Or, le droit en vigueur permet dĂ©jĂ  aujourd’hui de ne pas entrer en matiĂšre sur les demandes d’asile motivĂ©es par des raisons purement Ă©conomiques ou mĂ©dicales.

Recommandation de vote : Rejeter.

Les arguments détaillés de l'OSAR

  • Pas de traitement prĂ©fĂ©rentiel. Contrairement Ă  ce que suggĂšre la motion, la reprĂ©sentation juridique gratuite pour les personnes requĂ©rantes d'asile ne constitue pas un traitement prĂ©fĂ©rentiel par rapport au reste de la population. Il s'agit plutĂŽt d'une forme qualifiĂ©e d'assistance judiciaire gratuite, telle que la Constitution fĂ©dĂ©rale la garantit Ă  tou∙te∙s les rĂ©sident∙e∙s de Suisse (art. 29, al. 3, Cst.). Cela est conforme au principe d'Ă©galitĂ© de traitement.
  • Contraire Ă  la Constitution. La reprĂ©sentation juridique gratuite a Ă©tĂ© introduite en 2019 comme mesure d'accompagnement Ă  la procĂ©dure d'asile accĂ©lĂ©rĂ©e et constitue la clĂ© de l'accĂ©lĂ©ration de la procĂ©dure : Compte tenu du raccourcissement des dĂ©lais de procĂ©dure et de recours, la reprĂ©sentation juridique mandatĂ©e garantit une procĂ©dure d’asile Ă©quitable et conforme Ă  l’État de droit. Elle permet en particulier de prĂ©server les droits constitutionnels des personnes requĂ©rantes d’asile Ă  l’assistance judiciaire gratuite et Ă  un recours effectif. La restriction de la reprĂ©sentation juridique gratuite (sans prolongation des dĂ©lais) est contraire Ă  la Constitution.
  • Cela coĂ»te du temps et de l'argent. Pour examiner le caractĂšre vouĂ© Ă  l'Ă©chec d'une demande d'asile avant la mise en Ɠuvre de la procĂ©dure d'asile ordinaire, comme le propose la motion, il faudrait en sus une sorte de procĂ©dure prĂ©liminaire. Les droits constitutionnels des personnes requĂ©rantes d'asile s'appliquent Ă©galement dans ce cas. Une telle procĂ©dure serait en outre coĂ»teuse, prendrait du temps et serait donc contraire au principe de l'accĂ©lĂ©ration et de l'Ă©conomicitĂ© de la procĂ©dure. En revanche, elle n'apporte aucune valeur ajoutĂ©e, d'autant plus que le droit en vigueur offre dĂ©jĂ  la possibilitĂ© de ne pas entrer en matiĂšre sur des demandes d'asile pour des raisons purement Ă©conomiques ou mĂ©dicales.
  • L'obligation d'Ă©valuer objectivement les chances est respectĂ©e. Le droit en vigueur (art. 102h, al. 4, LAsi) et le contrat de prestations conclu avec le SEM obligent la reprĂ©sentation lĂ©gale mandatĂ©e Ă  Ă©valuer objectivement les chances tout au long de la procĂ©dure d'asile. Aujourd'hui dĂ©jĂ , dans plus de 90 % des cas ayant abouti Ă  une dĂ©cision nĂ©gative, la reprĂ©sentation lĂ©gale gratuite renonce au mandat en raison de l'absence de perspectives de succĂšs et ne forme pas de recours. Il apparaĂźt pourtant que bon nombre de cas pour lesquels la reprĂ©sentation lĂ©gale mandatĂ©e a renoncĂ© et dans lesquels un recours a ensuite Ă©tĂ© formĂ© sont approuvĂ©s par le Tribunal administratif fĂ©dĂ©ral ou renvoyĂ©s au SEM. En outre, le Tribunal administratif fĂ©dĂ©ral statue dĂ©jĂ  sur l'octroi de la reprĂ©sentation juridique gratuite dans le cadre d'une procĂ©dure Ă©tendue (et en cas de recours Ă  des voies de droits extraordinaires).
  • L’OSAR recommande donc de suivre le Conseil fĂ©dĂ©ral et la commission et de rejeter la motion.

Un train de mesures d'accélération injustifié menace de prendre le pas sur les travaux relatifs à la stratégie en matiÚre d'asile

Objet : 25.4278
Titre: Mot. WĂŒrth. PrioritĂ© absolue au train de mesures visant Ă  accĂ©lĂ©rer les procĂ©dures d'asile.
Date et conseil : Conseil des États, 17 juin 2026

De quoi il s’agit : La motion demande la mise en Ɠuvre urgente d'un ensemble de mesures ponctuelles proposĂ©es par la Commission des finances, qui vise Ă  accĂ©lĂ©rer la procĂ©dure d'asile (Mo. 24.4271). La stratĂ©gie globale en matiĂšre d’asile 2027, actuellement Ă©laborĂ©e conjointement par la ConfĂ©dĂ©ration, les cantons, les communes et les villes, devrait pour ce faire ĂȘtre mise en veilleuse.

Position de l'OSAR en bref : Le Conseil fĂ©dĂ©ral s’est dĂ©jĂ  dĂ©clarĂ© prĂȘt Ă  examiner ce catalogue de mesures compilĂ©es de maniĂšre arbitraire dans le cadre des travaux sur la stratĂ©gie en matiĂšre d’asile 2027. La motion demande nĂ©anmoins une mise en Ɠuvre prioritaire et anticipĂ©e de ces mesures. Elle vise ainsi Ă  passer outre un processus en cours sans fournir de justification suffisante. L’approche prĂ©conisĂ©e par la motion n’apporte d’ailleurs aucune valeur ajoutĂ©e. Au contraire, elle est inefficace, incohĂ©rente et entraĂźne des coĂ»ts supplĂ©mentaires.

Recommandation de vote : Rejeter.

Les arguments détaillés de l'OSAR

  • SurrĂ©gulation inutile. La motion demande la mise en Ɠuvre urgente d'un train de mesures proposĂ© par la Commission des finances afin d'accĂ©lĂ©rer la procĂ©dure d'asile (Mo. FK-S 24.4271). Le Conseil fĂ©dĂ©ral s'est dĂ©jĂ  dĂ©clarĂ© prĂȘt Ă  examiner cette liste de mesures individuelles compilĂ©es de maniĂšre arbitraire dans le cadre des travaux sur la stratĂ©gie globale en matiĂšre d'asile. La motion demande toutefois que ces mesures soient mises en Ɠuvre de maniĂšre prioritaire et anticipĂ©e. Elle vise ainsi Ă  passer outre un processus en cours sans fournir de justification suffisante. La procĂ©dure demandĂ©e par la motion n'apporte en outre aucune valeur ajoutĂ©e. Elle entraĂźne au contraire des coĂ»ts supplĂ©mentaires, une perte d'efficacitĂ© et un manque de cohĂ©rence.
  • La demande est mise en Ɠuvre. La ConfĂ©dĂ©ration, les cantons, les communes et les villes Ă©laborent actuellement ensemble la stratĂ©gie globale en matiĂšre d'asile dans le but dĂ©clarĂ© d'amĂ©liorer la capacitĂ© Ă  absorber les fluctuations du systĂšme d'asile et de rĂ©soudre durablement le problĂšme de l'hĂ©bergement. Cette stratĂ©gie se fonde sur une analyse du domaine de l'asile aux trois niveaux Ă©tatiques, y compris l'examen d'un Ă©ventuel besoin d'adaptation de la procĂ©dure d'asile. La demande de la motion est donc dĂ©jĂ  mise en Ɠuvre. Lors d'une confĂ©rence sur l'asile qui s'est tenue fin novembre 2025, le mandat politique des trois niveaux Ă©tatiques a Ă©tĂ© formulĂ© afin de concrĂ©tiser les mesures Ă  prendre dans les orientations stratĂ©giques dans le cadre d'un ensemble de mesures de mise en Ɠuvre. Selon le Conseil fĂ©dĂ©ral, ces travaux devraient ĂȘtre achevĂ©s en 2026.
  • L’OSAR recommande donc suivre le Conseil fĂ©dĂ©ral et la commission et de rejeter la motion. 

Les « return hubs » comportent un risque considérable de violation des droits fondamentaux

Objet : 26.3244
Titre: Mot. Gössi. Participation de la Suisse Ă  des projets de centres de retour.
Date et conseil : Conseil des États, 17 juin 2026

De quoi il s’agit : Cette motion vise Ă  charger le Conseil fĂ©dĂ©ral de crĂ©er les conditions juridiques et opĂ©rationnelles nĂ©cessaires pour que la Suisse puisse participer Ă  l’externalisation des procĂ©dures dans le cadre des « return hubs » (centres de retour).

Position de l'OSAR en bref : La base juridique pour des « return hubs » est Ă©tablie par un nouveau rĂšglement de l'UE. En tant que dĂ©veloppement de l’acquis de Schengen, celui-ci suivra le processus politique interne Ă©tabli en Suisse. Le Parlement se penchera donc de maniĂšre approfondie sur cette question dans un avenir proche. Au lieu de se concentrer dĂšs Ă  prĂ©sent sur un aspect isolĂ©, comme le demande la motion, il convient de respecter ce processus afin d’éviter des doublons contre-productifs. L’OSAR rejette toutefois catĂ©goriquement toute participation aux « return hubs Â». Ces derniers comportent un risque Ă©norme de violation des droits fondamentaux, ce qui est injustifiable au regard de l’État de droit et des droits humains. Il est Ă©galement prĂ©visible que cette mesure s'avĂšre extrĂȘmement coĂ»teuse et inefficace. 

Recommandation de vote : Rejeter. 

Les arguments détaillés de l'OSAR

  • Ne pas prĂ©juger de la dĂ©cision. Les personnes requĂ©rantes d'asile dĂ©boutĂ©es pour lesquelles un renvoi direct depuis un État membre de l'UE vers leur pays d'origine n'est pas possible doivent ĂȘtre transfĂ©rĂ©es vers des « return hubs » (centres de renvoi) situĂ©s dans des pays tiers. Un nouveau rĂ©glement de l’UE doit en Ă©tablir la base juridique. Une fois adoptĂ© par l’UE, celui-ci devra en principe ĂȘtre repris par la Suisse en tant qu’acquis de Schengen. Le Parlement se penchera donc de maniĂšre approfondie, dans un avenir proche, sur la reprise et la mise en Ɠuvre de cette rĂ©glementation de l’UE ainsi que sur les adaptations lĂ©gislatives nationales nĂ©cessaires. Les dĂ©libĂ©rations porteront Ă©galement sur la question soulevĂ©e par la motion, qui devra alors ĂȘtre traitĂ©e dans son contexte global. Au lieu de se concentrer d’emblĂ©e sur un aspect isolĂ©, comme le demande la motion, il convient de respecter le processus Ă©tabli en matiĂšre de politique intĂ©rieure afin d’éviter des doublons inefficaces.
  • Objectif peu clair. Le concept de « return hubs » repose sur l’hypothĂšse selon laquelle il est plus facile de convaincre une personne de retourner dans son pays d’origine si elle est renvoyĂ©e dans un pays tiers oĂč elle ne souhaite pas vivre. Cette hypothĂšse pose un double problĂšme : d’une part, elle ne repose sur aucune preuve empirique. D'autre part, cela implique de crĂ©er dĂ©libĂ©rĂ©ment pour les personnes concernĂ©es des conditions de vie encore plus dĂ©sespĂ©rĂ©es que celles qui les ont initialement contraintes Ă  fuir leur pays d'origine. Une telle politique de dissuasion est indĂ©fendable tant au regard de l'État de droit que des droits humains. De plus, le rĂšglement de l'UE ne prĂ©cisera probablement mĂȘme pas quelle doit ĂȘtre la finalitĂ© d'un « return hub » – c'est-Ă -dire s'il s'agit pour les personnes concernĂ©es d'une « escale » temporaire ou de la « destination finale » souhaitĂ©e. Le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe met donc en garde contre un risque d’ « entreposage » des personnes et d'une vie dans l'incertitude.
  • Risque de violations systĂ©matiques des droits fondamentaux. Partout oĂč des externalisations ont Ă©tĂ© mises en place par le passĂ©, elles se sont systĂ©matiquement accompagnĂ©es de violations des droits humains, comme l’a documentĂ© en dĂ©tail Amnesty International. Le danger est Ă©norme que des violations graves des droits fondamentaux se produisent Ă©galement dans les « return hubs ». Ainsi, plusieurs rapporteurs spĂ©ciaux des Nations unies expriment, dans une dĂ©claration commune, de « graves prĂ©occupations en matiĂšre de droits humains » concernant les « return hubs » et soulignent le risque de refoulement ou d’expulsions en chaĂźne, ainsi que l’absence de garanties contraignantes et l’absence d’accĂšs Ă  des voies de recours. Il y a quelques annĂ©es encore, la Commission europĂ©enne elle-mĂȘme constatait que le risque de violation du principe de non-refoulement Ă©tait Ă©levĂ© dans les « return hubs ».
  • Inefficace et coĂ»teux. Pour qu’un pays tiers mette en place des structures pour des return hubs et accueille des migrant·e·s, les offres de l’Europe devraient ĂȘtre si lucratives sur le plan financier qu’il ne saurait ĂȘtre question d’une « solution efficace Â» permettant de « dĂ©charger Â» le systĂšme d’asile national, comme l’affirme la motion. Toutes les tentatives d’externalisation menĂ©es jusqu’à prĂ©sent se sont d’ailleurs rĂ©vĂ©lĂ©es extrĂȘmement coĂ»teuses, comme le montrent diverses Ă©tudes ainsi qu’un rapport d’experts commandĂ© par le DFJP. Ce mĂȘme rapport souligne en outre qu’un examen au cas par cas resterait impĂ©ratif avant tout transfert vers un pays tiers, ce qui nĂ©cessiterait une procĂ©dure supplĂ©mentaire. Comme les renvois Ă©chouent souvent en raison d’un manque de coopĂ©ration des États d’origine et non des personnes concernĂ©es, l’approche suisse, qui compte dĂ©sormais 70 accords bilatĂ©raux et partenariats dans le domaine migratoire, est nettement plus efficace que l’approche « return hub ». C’est ce que montre Ă©galement le taux de renvoi suisse, trĂšs Ă©levĂ© en comparaison europĂ©enne, qui s’élĂšve Ă  environ 60 %. 
  • L’OSAR recommande donc de suivre le Conseil fĂ©dĂ©ral et de rejeter la motion.

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