L’OSAR critique la restriction du choix du lieu de résidence

03 août 2026

Dans un nouvel arrêt de référence, le Tribunal administratif fédéral (TAF) restreint le choix du canton de résidence pour les personnes reconnues comme réfugiées. L’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) critique ce changement important dans la jurisprudence, qui témoigne d’une interprétation très restrictive de la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés. Cette décision péjore inutilement l’intégration des personnes réfugiées.

Berne, le 3 aoĂ»t 2026 

La semaine dernière, TAF a publiĂ© un arrĂŞt de rĂ©fĂ©rence qui restreint le choix du lieu de rĂ©sidence pour les personnes reconnues comme rĂ©fugiĂ©es, marquant ainsi unimportant changement de jurisprudence. L’arrĂŞt du 2 juillet 2026 rend non seulement plus difficile le choix du canton auquel les personnes reconnues comme rĂ©fugiĂ©es sont attribuĂ©es, mais Ă©galement un changement de canton ultĂ©rieur. L’OSAR critique ce durcissement. 

Libre choix du lieu de rĂ©sidence garanti 

Le TAF refuse aux personnes reconnues comme rĂ©fugiĂ©es le droit d’influer sur le choix de leur canton d’attribution. En faisant cela, il ne respecte pas l’article 26 de la Convention de Genève relative au statut des rĂ©fugiĂ©s. Pour l’OSAR, l’argumentation dĂ©veloppĂ©e dans l’arrĂŞt, et selon laquelle les spĂ©cificitĂ©s de la procĂ©dure d’asile restreignent ce droit, ne saurait ĂŞtre tenue pour convaincante. En effet, le fait que des personnes requĂ©rantes en procĂ©dure Ă©tendue soient dĂ©jĂ  assignĂ©es Ă  un canton de manière prĂ©coce ne peut justifier une telle restriction. 

Droit de changer de canton de rĂ©sidence  

ConformĂ©ment Ă  la Convention de Genève relative au statut des rĂ©fugiĂ©s, les personnes reconnues comme rĂ©fugiĂ©es ne doivent pas ĂŞtre soumises Ă  des conditions plus strictes que celles auxquelles sont soumises des personnes Ă©trangères dans la mĂŞme situation. L’OSAR est d’avis que le droit des personnes reconnues comme rĂ©fugiĂ©es de changer de canton de rĂ©sidence doit continuer Ă  s’aligner sur les dispositions applicables aux personnes titulaires d’une autorisation d’établissement (permis C). C’est Ă©galement en ce sens que le Haut-Commissariat des Nations unies pour les rĂ©fugiĂ©s (HCR) s’est prononcĂ© dans une prise de position concernant le droit Ă  la libertĂ© de circulation des personnes reconnues comme rĂ©fugiĂ©es. Le TAF assimile en revanche les rĂ©fugié·e·s reconnu·e·s aux personnes titulaires d'un permis de sĂ©jour B. Ces dernières doivent obtenir une autorisation pour un changement de canton et des conditions plus strictes sont appliquĂ©es, notamment l’obligation d’exercer un emploi. Sur ce point Ă©galement, l’argumentation du TAF n’est pas comprĂ©hensible pour l’OSAR. 

Obstacle inutile Ă  l’intĂ©gration des personnes reconnues comme rĂ©fugiĂ©es  

L’arrĂŞt restreint la proximitĂ© avec l’entourage familial et social, ainsi que l’accès aux opportunitĂ©s de formation et d’emploi. C’est contre-productif : une intĂ©gration rĂ©ussie est dans l’intĂ©rĂŞt des personnes concernĂ©es, tout comme celui de la ConfĂ©dĂ©ration, des cantons et de la sociĂ©tĂ© dans son ensemble. 

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