L'OSAR met en garde contre une restriction de l'accès à la procédure d'asile

26 août 2026

L'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR) met en garde contre le risque de restreindre fondamentalement l'accès à la procédure d'asile par le biais d'une procédure de compétence anticipée, ce qui entraînerait un changement de système dangereux. Dans le même temps, l’OSAR soutient l’objectif visant à orienter le système d’asile vers les personnes en quête de protection. Cela ne nécessite toutefois pas la mise en place d’une nouvelle procédure de détermination de la compétence : cet objectif peut également être atteint grâce à des adaptations ciblées de la procédure d’asile existante.

Berne, le 26.08.2026 

Plusieurs mĂ©dias rapportent aujourd’hui que le SecrĂ©tariat d’État aux migrations SEM examine la mise en place d’une « procĂ©dure prĂ©liminaire » (ou « procĂ©dure de compĂ©tence anticipĂ©e »). Celle-ci viserait Ă  exclure certaines personnes de la procĂ©dure d’asile si elles ne font pas valoir de motif d’asile reconnu. L’OSAR rejette par principe une telle procĂ©dure de compĂ©tence anticipĂ©e, car elle porterait atteinte au droit fondamental, garanti au niveau international, de dĂ©poser une demande d’asile. Du point de vue de l’OSAR, il s’agirait d’un changement de paradigme dangereux, car cela restreindrait pour la première fois l’accès Ă  la procĂ©dure d’asile – avec le risque que l’exclusion de cette procĂ©dure puisse Ă  l’avenir ĂŞtre Ă©tendue de plus en plus sous la pression politique. NĂ©anmoins, l’OSAR partage la volontĂ© d’orienter le système d’asile vers les personnes qui recherchent une protection. Les personnes qui souhaitent utiliser la procĂ©dure d’asile uniquement pour sĂ©journer en Suisse doivent quitter les structures d’asile le plus rapidement possible. Du point de vue de l’OSAR, cela est toutefois Ă©galement possible en apportant des ajustements Ă  la procĂ©dure d’asile existante. 

Garantir l'accès Ă  la procĂ©dure d'asile 

Une procĂ©dure de compĂ©tence anticipĂ©e comporte le risque d'empĂŞcher l'accès Ă  la procĂ©dure d'asile Ă  des personnes qui ont pourtant besoin d'une protection contre les persĂ©cutions. En particulier chez les personnes particulièrement vulnĂ©rables – telles que les personnes traumatisĂ©es ou les enfants –, les motifs d'asile ne sont pas toujours Ă©vidents au premier abord. La question de savoir si une demande d’asile est fondĂ©e et si la Suisse est compĂ©tente pour l’examiner doit continuer Ă  ĂŞtre tranchĂ©e dans le cadre de la procĂ©dure d’asile ordinaire. 

On peut par ailleurs se demander si la procĂ©dure de compĂ©tence anticipĂ©e prĂ©vue est compatible avec le rĂ©gime d’asile europĂ©en et, en particulier, avec la rĂ©glementation Dublin. Celle-ci prĂ©voit qu’une procĂ©dure d’asile soit menĂ©e lorsqu’un pays est considĂ©rĂ© comme compĂ©tent pour traiter la demande d’asile de la personne concernĂ©e.  

L'objectif peut ĂŞtre atteint dans le cadre de la procĂ©dure existante 

Selon l'OSAR, l'objectif visĂ© par une procĂ©dure de compĂ©tence anticipĂ©e pourrait ĂŞtre atteint en adaptant la procĂ©dure d'asile existante. Les motifs d’asile pourraient ĂŞtre examinĂ©s plus tĂ´t dans la procĂ©dure et, pour les groupes de personnes concernĂ©s, la durĂ©e du droit Ă  ĂŞtre hĂ©bergĂ© dans un centre fĂ©dĂ©ral d’asile après la dĂ©cision pourrait, par exemple, ĂŞtre raccourcie. Puisqu’il existe une alternative, l’introduction d’une procĂ©dure de compĂ©tence anticipĂ©e, qui constituerait un Ă©cart par rapport au droit en vigueur, serait non seulement dangereuse, mais aussi inutile. La Suisse ne doit pas ĂŞtre le seul pays d’Europe Ă  restreindre ainsi l’accès Ă  la procĂ©dure d’asile. 

 

 

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