L’OSAR rejette catégoriquement l’initiative de l’UDC

18 septembre 2026

Le Conseil fédéral recommande dans son message publié aujourd’hui de rejeter sans contre-projet l’initiative de l’UDC dite « pour la protection des frontières ». L’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) salue cette décision. Elle aussi dit fermement NON à cette initiative extrême, car elle remet en question la protection des personnes réfugiées, vide le droit international de sa substance et isolerait la Suisse. Cette initiative attise la xénophobie, menace la cohésion sociale et aurait de lourdes conséquences pour la collaboration avec l’Europe. L’OSAR combattra donc cette initiative au moyen de sa propre campagne.

Berne, le 18 septembre 2026  

Le Conseil fĂ©dĂ©ral a adoptĂ© aujourd’hui son message sur l’initiative populaire intitulĂ©e officiellement « Stop aux abus de l’asile ! (initiative pour la protection des frontières) Â». Il recommande de rejeter sans contre-projet l’initiative de l’UDC, dont les revendications extrĂŞmes nuiraient considĂ©rablement Ă  la Suisse et son rayonnement international et mettraient fin Ă  la coopĂ©ration europĂ©enne en matière d'asile et de sĂ©curitĂ©. 

L’OSAR salue la dĂ©cision claire du Conseil fĂ©dĂ©ral qui confirme son opinion que l’initiative extrĂŞme constitue une attaque frontale contre la protection des personnes rĂ©fugiĂ©es et l’État de droit qui isolerait la Suisse au niveau international. « L’initiative de l’UDC jette l’opprobre sur les personnes rĂ©fugiĂ©es et les prive de la protection dont elles ont besoin. Elle est xĂ©nophobe, inhumaine et menace la cohĂ©sion de notre sociĂ©tĂ© Â», dĂ©clare Miriam Behrens, directrice de l’OSAR. L’OSAR combattra donc rĂ©solument cette initiative au moyen de sa propre campagne

Par consĂ©quent, l’OSAR rejette cette initiative extrĂŞme, car 

  • XĂ©nophobe : Nous voulons une Suisse qui cultive la cohabitation pacifique entre les personnes d’origines diverses. Selon l’initiative pour la protection des frontières, les personnes requĂ©rantes d’asile constituent un problème de sĂ©curitĂ© majeur. Elles font l'objet d'une mĂ©fiance gĂ©nĂ©ralisĂ©e, sont systĂ©matiquement associĂ©es Ă  la criminalitĂ© et accusĂ©es d’abuser du système d’asile. Cette politique attise les prĂ©jugĂ©s, alimente la xĂ©nophobie et menace la cohĂ©sion sociale. 

  • Inhumaine : La Suisse accorde sa protection aux personnes qui fuient la guerre, la terreur et la violence. Ce devoir humanitaire est bafouĂ© par l’initiative pour la protection des frontières qui veut introduire une interdiction d’entrĂ©e en Suisse pour toutes les personnes rĂ©fugiĂ©es transitant par un État tiers sĂ»r, comme nos pays voisins. Elle refuse aussi leur admission, sans clarification ni vĂ©rification de leurs motifs d’exil et des dangers qu’elles encourent. De plus, les personnes dĂ©placĂ©es par la guerre qui vivent en Suisse depuis des annĂ©es devraient quitter le pays, quel que soit leur sort. Ces revendications sont inhumaines et touchent particulièrement les personnes les plus vulnĂ©rables. 

  • Contraire au droit international : La Suisse est le berceau du droit humanitaire international et incarne un ordre international qui protège la paix et la libertĂ© de toutes les personnes depuis des dĂ©cennies. L’initiative pour la protection des frontières est incompatible avec la Convention de Genève relative au statut des rĂ©fugiĂ©s, la Convention europĂ©enne des droits de l’homme, la Convention de l’ONU relative aux droits de l’enfant et d’autres accords internationaux. Elle prĂ©voit par ailleurs la renĂ©gociation ou le retrait de ces accords si nĂ©cessaire, ce qui dĂ©crĂ©dibiliserait la Suisse comme État de droit et affaiblirait son poids sur la scène internationale.

  • Rupture avec l’Europe : La Suisse se trouve au cĹ“ur de l’Europe. Dans le domaine de l’exil comme dans d’autres, elle collabore Ă©troitement avec ses voisins. L’exil et la migration n’ont pas de frontières. L’initiative met en pĂ©ril ces bonnes relations Ă  plus d’un titre puisque la dĂ©nonciation de l’accord de Dublin signifierait la fin de la collaboration essentielle dans le domaine de l’asile et le retrait des accords de Schengen mettrait un terme Ă  la coopĂ©ration dans le domaine de la sĂ©curitĂ©. L’initiative compromet en outre la libre circulation des personnes ainsi que les accords bilatĂ©raux. 

  • Chaos et coĂ»ts Ă©normes : L’initiative exige une surveillance accrue des frontières et un contrĂ´le systĂ©matique des personnes qui entrent sur le territoire suisse. Ces mesures entraĂ®neraient des coĂ»ts supplĂ©mentaires Ă©levĂ©s, des kilomètres d’embouteillages et constituerait un frein gigantesque au tourisme et Ă  la libertĂ© de voyager. Le Conseil fĂ©dĂ©ral est parvenu Ă  la conclusion que l’initiative serait un fardeau considĂ©rable pour la ConfĂ©dĂ©ration, les cantons et les rĂ©gions frontalières. De plus, la mise en place des mesures demandĂ©es serait complexe et très onĂ©reuse. 

  • Isolement et cloisonnement :  La migration ne peut ĂŞtre gĂ©rĂ©e par le seul durcissement des contrĂ´les aux frontières. Les mouvements migratoires sont la consĂ©quence des guerres, des persĂ©cutions et des crises humanitaires. Au lieu de s’appuyer sur une collaboration internationale et un système de l’asile opĂ©rationnel, l’initiative prĂ´ne aveuglĂ©ment l’isolement et le cloisonnement de la Suisse. Elle ne rĂ©sout pas le problème de l’exil, mais rejette la responsabilitĂ© vers les autres pays. 

Aidez les personnes réfugiées avec votre don.

Faire un don