Samson Yemane, Co-responsable formation Suisse romande
L’initiative dite « non à une population de 10 millions », portée par Union démocratique du centre (UDC), instrumentalise les peurs liées à l’immigration au détriment d’un débat fondé sur les droits humains, la solidarité et la cohésion sociale. Les porte-parole de cette initiative, qui se veut favorable à la durabilité, construisent un narratif discriminatoire en attribuant, entre autres, la prétendue « crise » du logement ou la saturation des transports publics uniquement au domaine de l’asile et à la présence des personnes immigrées. Cela revient à imposer un imaginaire biaisé et à établir des corrélations dénuées de tout lien de causalité, qui, dans la réalité, sont toutefois multidimensionnels et extrêmement complexes.
Les difficultés rencontrées dans les domaines du logement et des transports publics résultent avant tout d’un manque d’investissements dans les infrastructures nécessaires ainsi que d’un déficit de volonté politique cohérente. Les personnes étrangères ne sauraient, en aucun cas, être tenues pour responsables de cette situation.
Ce qui rend ce débat, mené aux dépens des personnes réfugiées et des migrantes, si dangereux, c'est qu'il s'inscrit dans un climat social qui reste malheureusement extrêmement propice aux discriminations raciales. Le récent rapport annuel 2025 des centres de conseil contre le racisme, publié le 26 avril 2026, dresse un constat préoccupant : le racisme demeure une réalité bien ancrée en Suisse, 1245 cas de discrimination raciale, notamment dans les domaines du travail (17%) et de l’éducation (22%). Les discriminations raciales ne relèvent pas de cas isolés, mais s’inscrivent dans des dynamiques structurelles qui affectent durablement les parcours de vie des personnes racisées. Le racisme structurel se manifeste à travers des pratiques institutionnelles, des stéréotypes tenaces et des inégalités dans l'accès aux droits fondamentaux. Il compromet l'intégration, nuit à la cohésion sociale et alimente un sentiment d'exclusion dont il ne faut pas ignorer l'existence.
La Commission fédérale contre le racisme appelle à un renforcement de l’arsenal juridique afin de mieux protéger les victimes. Si cette mesure constitue une avancée nécessaire, elle reste toutefois insuffisante si elle n’est pas accompagnée d’un engagement plus large en matière de formation et de sensibilisation à l’échelle de toute la société.
C’est pourquoi l’OSAR s’engage activement depuis trois ans à sensibiliser les personnes et les institutions. Ces formations et ateliers, destinés tant aux adultes qu’aux jeunes, visent à déconstruire les mécanismes du racisme structurel et à promouvoir une société plus inclusive. Elles contribuent à développer une compréhension critique des discriminations raciales et à renforcer les compétences nécessaires pour y faire face. En 2025, OSAR a mené 21 interventions auprès des professionnels dans différents domaines, permettant de former et sensibiliser environ 700 personnes. De surcroit, 17 interventions ont été organisées dans les gymnases, au cours desquels environ 340 jeunes se sont familiarisés avec le sujet.
Durant ses actions de formation et de sensibilisation, de nombreuses personnes expriment leur inquiétude face au climat actuel anxiogène, dans lequel les discours racistes et xénophobes semblent de plus en plus banalisés, y compris au sein de certains partis politiques. Des discours politiques discriminatoires qui tendent à minimiser, voire à nier, l’existence même du racisme structurel ne peuvent pas être tolérés. Car cette posture de déni fait précisément partie du racisme structurel : elle délégitime les réalités documentées par les institutions spécialisées ainsi que les vécus des victimes racisés.
Face à ces dérives, une prise de responsabilité collective est nécessaire. La lutte contre le racisme structurel exige un engagement des autorités politiques, des institutions, des employeurs, des milieux éducatifs et de l’ensemble de la société civile. Le politique porte une responsabilité particulière dans la promotion d’un débat public fondé sur les faits, les droits humains et la cohésion sociale, plutôt que sur la stigmatisation et les discours de peur. Il ne s’agit pas seulement de protéger les victimes de discriminations raciales, mais aussi de transformer les structures qui les produisent et les perpétuent, afin de construire une société plus juste et inclusive. L’initiative du chaos de l’UDC vise le contraire et alimente les préjugés et les discours d'exclusion. Il faut l'empêcher avec un « non » clair aux urnes. Votre vote compte, car le résultat s’annonce serré. N’oubliez pas d’aller voter !

Communiqué


![[Translate to Französich:]](/fileadmin/_processed_/3/2/csm_image-MM-campagne-speciale_ec3a1cf7f3.jpg)
![[Translate to Französich:]](/fileadmin/_processed_/6/0/csm_514891955_highres_3374741804.jpg)
![[Translate to Französich:]](/fileadmin/_processed_/f/a/csm_380682719_highres_d3a82297b7.jpg)
![[Translate to Französich:]](/fileadmin/_processed_/2/9/csm_612241707_highres_f9f22a9f56.jpg)
![[Translate to Französich:]](/fileadmin/_processed_/0/b/csm_275707235_highres_87851a82f8.jpg)

