Motifs dâexil
La situation des droits humains reste extrĂȘmement prĂ©occupante. Les autoritĂ©s, les services de sĂ©curitĂ© et les services secrets rĂ©priment systĂ©matiquement les opinions divergentes. Des cas de torture et de mauvais traitements gĂ©nĂ©ralisĂ©s ont Ă©tĂ© documentĂ©s. Les minoritĂ©s ethniques et religieuses, les femmes, les journalistes, les militant·e·s et les personnes LGBTQI+ sont particuliĂšrement touchĂ©s.
La « guerre des 12 jours » entre IsraĂ«l et l'Iran en juin 2025 avait dĂ©jĂ entraĂźnĂ© une vague de rĂ©pression Ă grande Ă©chelle contre les personnes critiques Ă l'Ă©gard du gouvernement, avec plus de 20 000 arrestations et des exĂ©cutions pour des motifs politiques dâ « espionnage au profit d'IsraĂ«l ». Les membres des minoritĂ©s ethniques ou religieuses sont Ă©galement confrontĂ©s Ă une rĂ©pression accrue.
Les ancienâneâs participantâeâs aux manifestations « Femme, vie, libertĂ© » de 2022/23, qui ont Ă©tĂ© violemment rĂ©primĂ©es et qui se sont depuis attĂ©nuĂ©es, restent dans le collimateur des autoritĂ©s. Si environ 20 000 personnes arrĂȘtĂ©es dans le cadre de ces manifestations ont Ă©tĂ© graciĂ©es, elles font toutefois l'objet d'une surveillance Ă©troite de la part des autoritĂ©s et certaines ont Ă©tĂ© Ă nouveau arrĂȘtĂ©es par la suite.
Les rĂšgles vestimentaires imposĂ©es aux femmes sont appliquĂ©es de maniĂšre rĂ©pressive depuis dĂ©but 2023. En 2024, une nouvelle loi prĂ©voyant des peines considĂ©rablement alourdies (jusqu'Ă dix ans d'emprisonnement, voire plus en cas de rĂ©cidive) a Ă©tĂ© adoptĂ©e. Sa mise en Ćuvre a Ă©tĂ© provisoirement suspendue en dĂ©cembre 2024, mais elle peut ĂȘtre rĂ©activĂ©e Ă tout moment.
En 2025, plus de 2 000 personnes ont été exécutées, un chiffre record qui n'avait plus été atteint depuis la fin des années 1980.
L'Iran ne dispose pas d'une loi complĂšte contre la violence domestique et les mesures de protection et de soutien sont insuffisantes.
Les relations homosexuelles consenties restent punissables, pouvant aller jusqu'à la peine de mort. La discrimination et la persécution des personnes LGBTQI+ sont documentées.
Demandes dâasile en Suisse
En 2025, 310 demandes d'asile ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ©es par des Iranienâneâs, dont 244 demandes primaires et 66 demandes secondaires (naissances, regroupement familial, demandes multiples).
Pratique des autorités suisses
Le 13 janvier 2026, le SEM a dĂ©cidĂ© de suspendre lâexĂ©cution des renvois vers lâIran en raison de la situation actuelle dans le pays. Cela signifie quâil ne rendra temporairement plus de dĂ©cisions de renvoi en Iran mais attribuera les personnes concernĂ©es en procĂ©dure Ă©tendue. Le SEM considĂšre quâil ne peut actuellement pas dĂ©terminer si une inexigibilitĂ© gĂ©nĂ©rale des renvois en Iran en raison dâune situation de violence gĂ©nĂ©ralisĂ©e doit ĂȘtre reconnue.
Les cas susceptibles dâaboutir Ă une dĂ©cision positive continueront toutefois dâĂȘtre traitĂ©s. Il en va de mĂȘme des cas Dublin. Il est aussi possible que des ressortissantâeâs iranienâneâs obtiennent des admissions provisoires pour raisons individuelles.
Taux de protection
En 2025, 140 Iraniennes et Iraniens ont obtenu l'asile en Suisse et 94 personnes ont été admises à titre provisoire. Le taux de reconnaissance est de 23,9 %, le taux de protection de 39,9 % (chiffres issus des données du SEM).
Notre engagement
- Prise en compte suffisante des dĂ©veloppements rĂ©cents dans les dĂ©cisions dâasile. Les ressortissantâeâs iranienâneâs qui ont participĂ© aux manifestations de 2025/2026 ainsi qu'Ă des mouvements de protestation antĂ©rieurs (tels que le mouvement « Femme, vie, libertĂ© ») sont menacĂ©s de persĂ©cutions politiques. Lâasile doit leur ĂȘtre accordĂ©. Les personnes qui ne sont pas reconnues comme rĂ©fugiĂ©es et qui n'obtiennent pas l'asile doivent bĂ©nĂ©ficier d'une admission provisoire en raison de la situation de violence gĂ©nĂ©ralisĂ©e rendant l'exĂ©cution des renvois gĂ©nĂ©ralement inexigible. Les demandes de rĂ©examen et les demandes multiples de ressortissantâeâs iranienâeâs dont la demande d'asile a Ă©tĂ© rejetĂ©e devraient ĂȘtre admises en raison de la situation actuelle. L'OSAR appelle les autoritĂ©s suisses Ă tenir compte de la grave situation des droits humains en Iran et Ă accorder une protection complĂšte aux personnes mises en danger en Suisse.
- Protection des personnes critiques Ă lâĂ©gard du gouvernement. Toute personne ayant rĂ©cemment participĂ© aux manifestations peut sâattendre Ă ĂȘtre dĂ©tenue, torturĂ©e et exposĂ©e Ă des violences extrĂȘmes de la part de lâĂtat.Le profil politique ou le fait dâavoir jouĂ© un rĂŽle important dans lâorganisation des manifestations ne devrait pas ĂȘtre retenu comme condition exclusive pour lâoctroi de lâasile. LâOSAR demande que la Suisse accorde lâasile aux manifestantes et manifestants dâIran qui ont fui leur pays.
- Protection des personnes converties au christianisme et des personnes LGBTQI+. Les minoritĂ©s religieuses ainsi que les personnes LGBTQI+ sont opprimĂ©es et sĂ©vĂšrement sanctionnĂ©es en Iran.LâOSAR estime quâaucune personne ne devrait ĂȘtre contrainte de cacher sa foi. De mĂȘme, aucune personne ne devrait ĂȘtre contrainte de cacher son identitĂ© de genre ou son orientation sexuelle. Lâasile doit ĂȘtre octroyĂ© Ă ces personnes.
- Protection des femmes victimes de violences sexuelles ou domestiques. En Iran, les femmes victimes de violences domestiques et sexuelles ne bĂ©nĂ©ficient souvent d'aucune protection. Dans certains cas, il peut mĂȘme ĂȘtre dangereux pour la victime de porter plainte ou de demander de l'aide. L'OSAR demande que la Suisse accorde l'asile aux femmes victimes de violences domestiques et sexuelles.
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