Afghanistan

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En Afghanistan, le conflit armé perdure et la situation sécuritaire demeure critique dans tout le pays. Malgré cela, les autorités suisses estiment qu’un retour des personnes requérantes d’asile afghanes dans les villes de Kaboul, Herat et Mazar-i-Sharif est exigible, pour autant que ces personnes y disposent d’un réseau social et familial. Au vu de la réalité sur place, cette pratique est inacceptable.

Motifs d'exil

La guerre  ̶  qui dĂ©chire le pays depuis 19 ans – et les violations des droits humains sont les motifs principaux de fuite des ressortissant-e-s afghan-e-s. Les combats, actes de violence et violations des droits humains sont le fait de divers acteurs, dont les groupes d’opposition armĂ©s, tels que les talibans et l’EI/Daesh, les milices locales, les groupes criminels et les forces de sĂ©curitĂ© afghanes et Ă©trangères. Selon les estimations des Nations Unies, sur la dĂ©cennie 2009-2019 le conflit armĂ© a coĂ»tĂ© la vie Ă  plus de 35 000 Afghan-e-s et en a blessĂ© près de 65 000 autres. L’État n’est pas en mesure de protĂ©ger sa population civile, que ce soit contre les effets dĂ©vastateurs des combats ou contre les violations des droits humains, y compris les persĂ©cutions liĂ©es au genre, Ă  l’orientation sexuelle ou Ă  l’appartenance religieuse.

Demandes d'asile

Depuis plusieurs années, l’Afghanistan représente l’un des principaux pays de provenance des requérants d’asile en Suisse. En 2019, 1397 personnes ont ainsi déposé une demande d’asile sur un total de 14 269 demandes. Ce chiffre s’élevait à 1186 demandes sur un total de 15 255 en 2018 et à 1217 demandes sur un total de 18 088 en 2017.

En 2018, l’Afghanistan Ă©tait aussi l’un des principaux pays d’origine des requĂ©rants d’asile dans les États membres de l’Union europĂ©enne. 

Pratique des autorités suisses

Les autorités suisses estiment qu’un retour des personnes requérantes d’asile afghanes dans les villes de Kaboul, Herat et Mazar-i-Sharif est exigible, pour autant que ces personnes y disposent d’un réseau social et familial. L’OSAR considère que cette pratique est inacceptable au vu de la réalité sur place.

Statut de protection

Dans plusieurs pays européens, dont la Suisse, la guerre civile n’est pas considérée comme un motif valable pour obtenir l’asile, puisque la persécution n’est pas ciblée (art. 3 LAsi). Les personnes déplacées par des conflits armés obtiennent donc généralement l’admission provisoire (livret F). C’est notamment le cas de la plupart des requérant-e-s d’asile afghan-e-s.

En 2019, sur un total de 2150 cas réglés, 374 Afghan-e-s ont obtenu l’asile et 1374 ont obtenu une admission provisoire. Les autres ont pour la plupart été frappé d’une décision de non-entrée en matière Dublin, c’est-à-dire qu’un autre État de l’espace Schengen-Dublin est responsable de leur demande.