Menschen auf der Flucht

Visa humanitaire : arrĂȘt important du Tribunal administratif fĂ©dĂ©ral

11 septembre 2023

Le Tribunal administratif fĂ©dĂ©ral (TAF) a accordĂ© un visa pour des motifs humanitaires aux membres d’une famille afghane prĂ©sentant un profil Ă  risque Ă©levĂ©. Si l’Organisation suisse d’aide aux rĂ©fugiĂ©s (OSAR) salue cet arrĂȘt, elle n’y voit nĂ©anmoins que l’amorce d’une Ă©volution nĂ©cessaire de la pratique du SecrĂ©tariat d’État aux migrations (SEM) et du TAF vers une plus grande souplesse en matiĂšre de visas humanitaires.

L’arrĂȘt du 24 aoĂ»t 2023, publiĂ© le 8 septembre, porte sur l’exil d’un ex-procureur afghan et de sa famille vers le Pakistan. En fĂ©vrier 2022, la famille a dĂ©posĂ© une demande de visas humanitaires auprĂšs de l’ambassade suisse sur place. Le SecrĂ©tariat d’État aux migrations (SEM), compĂ©tent en la matiĂšre, a rejetĂ© les demandes en juillet 2022. L’homme et sa famille ont alors saisi le Tribunal administratif fĂ©dĂ©ral (TAF) d’un recours contre cette dĂ©cision.

Le TAF vient Ă  prĂ©sent d’accorder un visa pour des motifs humanitaires Ă  la famille afghane. Dans son exposĂ© des motifs, le TAF considĂšre qu’en tant qu’ancien procureur ayant coopĂ©rĂ© avec des organisations internationales et, selon ses propres dires, enquĂȘtĂ© notamment sur des affaires liĂ©es Ă  des actes terroristes commis par des talibans, l’homme Ă©tait exposĂ© Ă  un risque accru de persĂ©cutions en Afghanistan, de mĂȘme que les membres de sa famille. Le Tribunal estime par ailleurs qu’il existe un risque concret que les personnes concernĂ©es soient renvoyĂ©es sous contrainte depuis le Pakistan vers l’Afghanistan. Il convient donc, toujours selon le TAF, de supposer une mise en danger directe, sĂ©rieuse et concrĂšte de l’existence et de l’intĂ©gritĂ© physique des personnes recourantes.

Un arrĂȘt qui doit ĂȘtre suivi d’une pratique plus souple

Si l’Organisation suisse d’aide aux rĂ©fugiĂ©s (OSAR) salue cet arrĂȘt, il ne doit constituer Ă  ses yeux que l’amorce d’une Ă©volution nĂ©cessaire de la pratique du SEM et du TAF vers une plus grande souplesse en matiĂšre de visas humanitaires. D’expĂ©rience, l’OSAR constate que la pratique du SEM Ă  cet Ă©gard reste trĂšs restrictive. L’OSAR s’engage en particulier pour que les procĂ©dures concernĂ©es soient traitĂ©es plus rapidement, tant au niveau du SEM que de la procĂ©dure de recours devant le TAF. En l’espĂšce, une annĂ©e et demie s’est Ă©coulĂ©e entre le dĂ©pĂŽt de la demande de visa humanitaire et l’admission du recours.

Le constat selon lequel des personnes afghanes peuvent Ă©galement risquer d’ĂȘtre persĂ©cutĂ©es par les talibans au Pakistan, le pays voisin, est particuliĂšrement pertinent dans ce cas concret. Il contraste avec la pratique actuelle de l’ambassade suisse, qui part gĂ©nĂ©ralement du principe que les personnes originaires d’Afghanistan qui se trouvent au Pakistan vivent dĂ©jĂ  dans un pays tiers considĂ©rĂ© comme sĂ»r. À cela s’ajoute qu’en raison des obstacles importants et d’un accĂšs inexistant ou difficile Ă  la reprĂ©sentation juridique, les personnes demandant un visa humanitaire dans les pays voisins tels que le Pakistan n’attaquent que rarement la dĂ©cision du SEM.

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