Sri Lanka

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En 2026 également, la situation des droits humains au Sri Lanka reste préoccupante. Sous le nouveau gouvernement, aucune réforme de grande envergure n’a été mise en œuvre à ce jour. L’OSAR demande que l’évolution de la situation soit suivie de près et prise en compte dans les décisions d’asile.

Motifs d'exil

Bien que le conflit armĂ© entre le gouvernement sri-lankais, dominĂ© par la majoritĂ© cinghalaise bouddhiste, et les Tigres de libĂ©ration de l’Eelam tamoul (LTTE) ait pris fin en 2009, la prĂ©sence militaire dans le nord du pays persiste. Parallèlement, les pressions, la surveillance et les brimades exercĂ©es par les forces de sĂ©curitĂ© et les services de renseignement Ă  l’encontre des organisations de la sociĂ©tĂ© civile, des militant·e·s, des proches des « disparus Â» de la guerre et des anciens membres des LTTE se poursuivent. Un rapport de l’ONU indique que, mĂŞme en 2024, d’anciens membres des LTTE ont encore Ă©tĂ© enlevĂ©s et torturĂ©s. Les autoritĂ©s portent des accusations infondĂ©es de terrorisme contre des membres des minoritĂ©s tamoule et musulmane. Les forces de sĂ©curitĂ© torturent et maltraitent systĂ©matiquement les personnes dĂ©tenues. Le prĂ©sident Anura Kumara Dissanayake, nouvellement Ă©lu Ă  l’automne 2024, a notamment promis de lutter contre la corruption endĂ©mique et de rĂ©former la loi antiterroriste. MalgrĂ© cela, la loi antiterroriste continue d’être utilisĂ©e pour justifier des dĂ©tentions.

La reprise Ă©conomique du Sri Lanka après la grave crise de 2022 a Ă©tĂ© freinĂ©e en 2026 par les consĂ©quences Ă©conomiques de la guerre contre l’Iran. Le coĂ»t de la vie Ă©levĂ©, qui ne cesse d’augmenter depuis le dĂ©but de la guerre, les faibles revenus et la pauvretĂ© persistante continuent de peser sur une grande partie de la population.

Demandes d'asile en Suisse

En 2025, 332 personnes originaires du Sri Lanka ont déposé une demande d’asile. Parmi celles-ci, 191 étaient des demandes primaires et 141 des demandes, notamment des naissances, des regroupements familiaux et des demandes multiples. À titre de comparaison, le SEM avait enregistré 455 demandes d’asile émanant de personnes originaires du Sri Lanka en 2024.

Pratique des autorités suisses

Depuis 2016, la pratique des autoritĂ©s suisses Ă  l’égard des personnes requĂ©rantes d’asile originaires du Sri Lanka est redevenue globalement plus restrictive. Selon le Tribunal administratif fĂ©dĂ©ral (TAF), l’exĂ©cution des renvois vers les provinces du Nord et de l’Est est en principe considĂ©rĂ©e comme raisonnablement exigible. Sous certaines conditions, elle est Ă©galement possible vers la rĂ©gion du Vanni, fortement touchĂ©e par l’ancien conflit armĂ©. En raison de la forte pression exercĂ©e sur le système de santĂ© sri-lankais Ă  la suite de la crise Ă©conomique, le TAF exige depuis 2023, en cas de problèmes mĂ©dicaux, une Ă©valuation minutieuse des traitements et des mĂ©dicaments nĂ©cessaires Ă  la personne concernĂ©e, ainsi que de la mesure dans laquelle elle pourrait effectivement y avoir accès en cas de retour au Sri Lanka. Dans des dĂ©cisions plus rĂ©centes, le TAF constate toutefois une certaine dĂ©tente de la situation en matière de soins mĂ©dicaux. Des retours, tant volontaires que forcĂ©s, ont actuellement lieu.

Taux de protection

En 2025, 489 dĂ©cisions relatives Ă  des demandes dĂ©posĂ©es par des personnes originaires du Sri Lanka ont Ă©tĂ© rendues. L’asile a Ă©tĂ© accordĂ© dans 75 cas et l’admission provisoire n’a Ă©tĂ© prononcĂ©e que dans 37 cas. Selon les donnĂ©es du SEM, le taux de protection (part des asiles accordĂ©s et des admissions provisoires par rapport au total des dĂ©cisions) s’élevait Ă  24,9 % en 2025. Le taux d’octroi d’asile ajustĂ© s’élève Ă  19,8 % et le taux de protection ajustĂ© Ă  30,1 %.

Notre engagement

  • La prise en compte des Ă©volutions actuelles dans les dĂ©cisions d’asile : La situation actuelle (notamment la surveillance de certains groupes de la minoritĂ© tamoule et la situation des droits humains qui reste problĂ©matique) doit ĂŞtre prise en compte dans le cadre de la pratique en matière d’asile et d’exĂ©cution des renvois. Le SecrĂ©tariat d’État aux migrations (SEM) doit examiner attentivement, dans chaque cas particulier, s’il existe un danger ou si l’exĂ©cution du renvoi n’est pas raisonnable. En cas de doute, l’admission provisoire doit au moins ĂŞtre accordĂ©e.

90 ans d'OSAR – 90 ans de protection des personnes réfugiées