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Ukraine

L’Ukraine est en guerre depuis plus de quatre ans. Près de 11 millions d’Ukrainien·ne·s ont pris la route de l’exil, dont 7 millions qui sont allé·e·s chercher protection à l’étranger, y compris en Suisse. L’organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) s’engage pour un accueil et une intégration rapide et sans bureaucratie des personnes réfugiées d’Ukraine en Suisse et pour que la Suisse participe solidairement aux programmes d’accueil des personnes réfugiées et soutienne les pays de premier accueil. En outre, l’UE et la Suisse doivent continuer à soutenir la population civile d’Ukraine par le biais de l’aide humanitaire.

Motifs d’exil

Le 24 fĂ©vrier 2022, le prĂ©sident de la Russie, Vladimir Poutine, a ordonnĂ© l’invasion de l’Ukraine par les forces armĂ©es russes. La guerre sĂ©vit aujourd’hui encore. Depuis, des dizaines de milliers de personnes civiles ont Ă©tĂ© tuĂ©es ou blessĂ©es en Ukraine et les forces armĂ©es ukrainiennes et russes ont subi des pertes importantes. Jusqu’à la fin du mois d’avril 2026, l’offensive russe a forcĂ© plus de 7 millions de personnes Ă  fuir l’Ukraine et Ă  chercher refuge dans les pays europĂ©ens. Plusieurs millions de personnes sont Ă©galement dĂ©placĂ©es Ă  l’intĂ©rieur du pays.

Demandes d’asile en Suisse

Bien que les demandes pour ce statut S aient reculĂ© de 16 616 en 2024 Ă  12 897 en 2025, les personnes rĂ©fugiĂ©es d’Ukraine continuent de constituer le groupe de personnes en quĂŞte de protection en Suisse le plus important. Ă€ titre de comparaison, les personnes les plus reprĂ©sentĂ©es en 2025 Ă©taient les Afghanes et les Afghans, qui ont dĂ©posĂ© 6207 demandes d’asile. Avant le dĂ©but de la guerre, l’Ukraine ne faisait pas partie des principaux Ă©tats d’origine des personnes en quĂŞte de protection en Suisse.

Pratique des autorités suisses

Les personnes d’Ukraine en quĂŞte de protection, qui ont fui leur pays Ă  cause de la guerre, obtiennent en gĂ©nĂ©ral le statut de protection S, dans la mesure oĂą elles n’ont pas dĂ©jĂ  obtenu un statut de protection dans un autre pays europĂ©en. Cela s’applique Ă©galement aux ressortissant·e·s d’États tiers qui ont dĂ» quitter l’Ukraine Ă  cause du conflit, Ă  condition de dĂ©tenir, avant leur dĂ©part, un titre de sĂ©jour valable en Ukraine et de ne pas pouvoir rentrer de manière sĂ»re et durable dans leur pays d’origine. 

En octobre 2025, le Conseil fĂ©dĂ©ral a dĂ©cidĂ© de considĂ©rer certaines rĂ©gions ukrainiennes comme des rĂ©gions sĂ»res, et par lĂ  mĂŞme un retour sur place comme « raisonnablement exigible ». Ainsi, depuis le 1er novembre 2025, le SecrĂ©tariat d’État aux migrations (SEM) prend en considĂ©ration la rĂ©gion de provenance des personnes concernĂ©es lors de l’examen des nouvelles demandes d’octroi du statut <s> </s>S afin de dĂ©terminer si un renvoi en Ukraine serait ou non raisonnablement exigible. Cette nouvelle rĂ©glementation ne concerne ni les personnes qui bĂ©nĂ©ficient dĂ©jĂ  du statut S en Suisse, ni les membres de leur famille vivant encore en Ukraine, mais elle s'applique aux personnes rĂ©fugiĂ©es ayant introduit leur demande avant cette date sans que celle-ci ait encore pu ĂŞtre traitĂ©e en raison des retards accumulĂ©s par le SEM.

Statut de protection

Le statut de protection S a Ă©tĂ© introduit en 1998 en rĂ©action aux flux migratoires liĂ©s aux guerres des Balkans. NĂ©anmoins, il a Ă©tĂ© activĂ© pour la première fois en mars 2022 pour les personnes rĂ©fugiĂ©es d’Ukraine. Sur environ 127 000 demandes de statut de protection S dĂ©posĂ©es entre le dĂ©but de la guerre et fin 2025, près de 108 000 ont Ă©tĂ© accordĂ©es au total. Quelques 71 762 personnes rĂ©fugiĂ©es d’Ukraine Ă©taient bĂ©nĂ©ficiaires du statut S Ă  la fin de l’annĂ©e 2025.

Le statut S Ă©tait valable un an, mais comme en 2023, 2024 et dernièrement en octobre 2025, il a Ă©tĂ© prolongĂ© au moins d'un an jusqu’au 4 mars 2027. Le marchĂ© du travail est immĂ©diatement accessible aux personnes dĂ©tentrices du statut S et les enfants peuvent aller Ă  l’école. En outre, les regroupements familiaux sont possibles pour la famille nuclĂ©aire et si la sĂ©paration est due aux Ă©vĂ©nements en Ukraine ou Ă  la fuite. Si, après cinq ans, le Conseil fĂ©dĂ©ral n’a toujours pas levĂ© la protection provisoire, la personne Ă  protĂ©ger reçoit du canton une autorisation de sĂ©jour qui prend fin au moment oĂą la protection est levĂ©e.

Notre engagement

  • Le statut de protection S. Le Conseil fĂ©dĂ©ral a activĂ© le statut de protection S Ă  partir du 12 mars 2022 dans une dĂ©cision de portĂ©e gĂ©nĂ©rale, et l’a actualisĂ© le 8 octobre 2025. L’OSAR salue cette dĂ©cision et la volontĂ© de la Suisse d’accueillir rapidement et sans complications les personnes d’Ukraine, rĂ©fugiĂ©es de guerre. Elle salue Ă©galement la flexibilitĂ© de ce statut, c’est-Ă -dire l’accès immĂ©diat au marchĂ© du travail et les possibilitĂ©s de voyager. Il est important que des mesures d’intĂ©gration soient Ă©galement mises en Ĺ“uvre et financĂ©es Ă  long terme, notamment en raison du fait que la guerre dure maintenant depuis plus de quatre ans sans qu’une fin soit en vue. Dans ce contexte, les cours de langue, l’accompagnement professionnel et les mesures relatives Ă  la formation et au marchĂ© du travail sont fondamentaux.

  • Pas de rĂ©gions sĂ»res en Ukraine: Du point de vue de l’OSAR, le statut de protection S ne peut ĂŞtre levĂ© avant que la guerre en Ukraine ne soit terminĂ©e, qu’un accord de paix soit signĂ© et que la sĂ©curitĂ© sur place soit garantie par des organisations internationales indĂ©pendantes. Selon l’OSAR, il est impossible et irrĂ©aliste de distinguer les rĂ©gions « â€ŻsĂ»res  Â» d’Ukraine oĂą un retour sur place comme « raisonnablement exigible Â» de celles qui ne le seraient pas respectivement. 

  • Des frontières ouvertes pour les personnes rĂ©fugiĂ©es d’Ukraine. Depuis le dĂ©but de l’invasion russe, plusieurs millions de personnes ont quittĂ© leur pays. La plupart d’entre elles ont Ă©tĂ© accueillies par la Pologne, mais certaines cherchent Ă©galement une protection dans les autres pays voisins. Les frontières au sein de l’Europe doivent rester ouvertes. Le droit des personnes rĂ©fugiĂ©es doit ĂŞtre respectĂ© et le droit d’asile doit ĂŞtre garanti.

  • Un accueil solidaire des personnes rĂ©fugiĂ©es. La guerre en Ukraine sĂ©vit encore aujourd’hui. Plus de six millions de personnes ont dĂ©jĂ  quittĂ© le pays pour chercher refuge dans les pays europĂ©ens. L’Europe doit s’engager de manière unie et avec le soutien de la Suisse en faveur de la population civile locale menacĂ©e par la guerre. Les pays doivent donc se rĂ©partir les responsabilitĂ©s de manière collective et solidaire et la Suisse doit en faire partie. La Suisse doit faire preuve de solidaritĂ© avec les pays de premier accueil dans le sens du partage des responsabilitĂ©s et se tenir prĂŞte Ă  accueillir rapidement et facilement les personnes en quĂŞte de protection.

  • Aide humanitaire de la population civile. Depuis le dĂ©but de la guerre, plusieurs millions de personnes se sont dĂ©placĂ©es Ă  l’intĂ©rieur de l’Ukraine et ont besoin d’une aide en matière de santĂ©, d’alimentation, de logement, d’éducation et de sĂ©curitĂ©. La Suisse doit participer aux actions humanitaires de l’UE et apporter une aide d’urgence sur place.

  • Un engagement en faveur d’une dĂ©sescalade du conflit. En raison de l’invasion russe de fĂ©vrier 2022, la situation des droits humains s’est considĂ©rablement dĂ©tĂ©riorĂ©e dans tout le pays. Les actes de violence aveugle, les enlèvements, la torture et les assassinats de personnes civiles ainsi que les attaques ciblĂ©es contre les Ă©tablissements de santĂ© et les infrastructures Ă©ducatives se poursuivent. La pression politique doit ĂŞtre maintenue, avec l’aide de la Suisse, et le dialogue doit ĂŞtre poursuivi afin que la Russie se retire de l’Ukraine. Une dĂ©sescalade de la situation constituerait la meilleure solution, en particulier pour la population civile.