Afghanische Frauen mit Kinder

Le Conseil national confirme que les femmes et les jeunes filles afghanes conservent leur droit Ă  la protection

27 mai 2024

Le Conseil national veut maintenir le changement de pratique du SecrĂ©tariat d’État aux migrations (SEM) concernant les femmes et les jeunes filles afghanes. L’Organisation suisse d’aide aux rĂ©fugiĂ©s (OSAR) salue cette dĂ©cision. Sous le rĂ©gime des talibans, les Afghanes sont en effet victimes de persĂ©cutions pour motifs religieux et ont donc, en principe, droit Ă  l’asile aprĂšs un examen au cas par cas de leur demande. L’OSAR encourage dĂšs lors le Conseil des États Ă  s’aligner sur la position du Conseil national.

Depuis que le SEM a adaptĂ© sa pratique, Ă  la mi-juillet 2023, les femmes requĂ©rantes d’asile originaires d’Afghanistan ont en principe droit Ă  l’asile aprĂšs un examen au cas par cas de leur demande. Auparavant, elles recevaient gĂ©nĂ©ralement une dĂ©cision d’asile nĂ©gative assortie d’une admission provisoire, car l’exĂ©cution du renvoi Ă©tait inexigible. Or l’UDC avait soumis une motion pour annuler le changement de pratique du SEM au titre de ses compĂ©tences et de la loi sur l’asile en vigueur. Le Conseil national a aujourd’hui rejetĂ© de justesse ladite motion.

L’OSAR se fĂ©licite de cette dĂ©cision contre une revendication infondĂ©e, au vu de la situation catastrophique en Afghanistan. Sous le rĂ©gime des talibans, les Afghanes subissent en effet des persĂ©cutions pour motifs religieux dĂšs qu’elles tentent de mener une existence libre et digne. Elles ont donc, en principe, droit Ă  l’asile et chaque demande fait l’objet d’un examen individuel.

Des considĂ©rations juridiques plutĂŽt que des intĂ©rĂȘts partisans

Le besoin de protection des femmes et des filles afghanes est incontestĂ©. Par ailleurs, la Suisse n’est pas le seul pays Ă  avoir modifiĂ© sa pratique. Elle n’a fait qu’emboĂźter le pas, avec retard, Ă  de nombreux pays europĂ©ens, dont la SuĂšde, le Danemark, la Finlande, l’Espagne, la France, l’Italie, l’Autriche, l’Allemagne, la Belgique, la Lettonie, Malte et le Portugal, qui avaient dĂ©jĂ  adaptĂ© leur pratique sur recommandation de l’Agence europĂ©enne pour l’asile (EUAA). 

L’OSAR encourage donc le Conseil des États Ă  s’aligner sur la position du Conseil national, car le PLR a soumis une demande presque identique en vue d’annuler le changement de pratique du SEM. Toutefois, seules les considĂ©rations juridiques prises en compte par le SEM Ă  la suite d’un changement de circonstances doivent jouer un rĂŽle dĂ©terminant pour dĂ©cider de telles adaptations des pratiques en matiĂšre d’asile et les intĂ©rĂȘts partisans ou idĂ©ologiques au sein du Parlement ne doivent pas intervenir dans ce processus.

Le risque de persĂ©cutions dans le pays d’origine est l’argument dĂ©cisif

Le Conseil national a Ă©galement adoptĂ© aujourd’hui une motion de sa Commission des institutions politiques demandant entre autres que les Afghanes qui ont sĂ©journĂ© auparavant dans un État tiers voient leur demande Ă©valuĂ©e au regard des risques de persĂ©cutions dans cet État spĂ©cifique.

Dans de tels cas, l’OSAR considĂšre, Ă  l’instar du Conseil fĂ©dĂ©ral, qu’il convient de continuer Ă  dĂ©terminer clairement les possibilitĂ©s de protection pour les femmes et les jeunes filles afghanes dans les États tiers concernĂ©s, et de fonder l’examen des motifs d’exil sur la notion de rĂ©fugiĂ© au sens de la Convention de GenĂšve relative au statut des rĂ©fugiĂ©s (Convention de GenĂšve) et du droit d’asile suisse. Par consĂ©quent, la reconnaissance de la qualitĂ© de personne rĂ©fugiĂ©e dĂ©pend avant tout du « pays d’origine Â», c’est-Ă -dire du pays dont la personne requĂ©rante d’asile possĂšde la nationalitĂ© et qui doit ĂȘtre pris en considĂ©ration pour dĂ©terminer l’existence de risques de persĂ©cutions motivant une demande d’asile. DĂšs Ă  prĂ©sent, si une Afghane peut solliciter une protection auprĂšs d’un État tiers dans lequel elle a sĂ©journĂ© auparavant, il peut ĂȘtre renoncĂ© Ă  l’examen approfondi en vue de reconnaĂźtre sa qualitĂ© de personne rĂ©fugiĂ©e, et une dĂ©cision de non-entrĂ©e en matiĂšre peut ĂȘtre rendue.

90 ans d'OSAR – 90 ans de protection des personnes rĂ©fugiĂ©es