L’OSAR fustige une interdiction de voyage disproportionnée pour les personnes requérantes d’asile et celles admises à titre provisoire

05 février 2026

Le Conseil fédéral a proposé des modifications de plusieurs ordonnances pour concrétiser une interdiction de voyage adoptée par le Parlement à l’égard des personnes en quête de protection et des personnes admises à titre provisoire. L’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) dénonce vivement cette interdiction, qui entraîne des restrictions sévères et inutiles des droits fondamentaux et renforce les inégalités de traitement actuelles. Dans la réponse qu’elle soumet aujourd’hui à la procédure de consultation, l’OSAR réclame des adaptations qui tiennent compte de la situation réelle des personnes réfugiées. Elle réitère également son appel à un statut de protection humanitaire uniforme pour toutes les personnes déplacées par la guerre.

En 2021, le Parlement a adopté une interdiction générale de voyage pour les personnes requérantes d’asile, admises à titre provisoire et au bénéfice du statut S qui leur défend de se rendre à l’étranger, y compris dans leur pays d’origine. Des dérogations ne sont prévues que dans un petit nombre de cas très spécifiques, moyennant une autorisation préalable. L’OSAR avait déjà clairement rejeté ces durcissements à l’époque.

Les dispositions lĂ©gales en cause ne sont pas encore entrĂ©es en vigueur en raison de l’activation du statut de protection S et de la libertĂ© de voyage pour les personnes rĂ©fugiĂ©es d’Ukraine applicable Ă  l’échelle europĂ©enne. L’idĂ©e est donc de clarifier par ordonnance les dĂ©rogations Ă  l’interdiction fondamentale de voyage et de crĂ©er une rĂ©glementation spĂ©ciale pour les personnes au bĂ©nĂ©fice du statut S venant d’Ukraine. Le Conseil fĂ©dĂ©ral a ouvert une procĂ©dure de consultation sur chacun de ces deux points et l’OSAR soumet aujourd’hui ses avis (avis 1, avis 2).  

Atteinte aux droits fondamentaux et mesures urgentes 

L’OSAR continue de s’opposer expressĂ©ment Ă  l’interdiction gĂ©nĂ©rale de voyage et aux restrictions sĂ©vères et inutiles qu’elle implique. Cette interdiction va trop loin et est inconciliable avec les droits fondamentaux des personnes concernĂ©es, tels que la libertĂ© de mouvement et le droit Ă  la vie familiale. Les dĂ©rogations prĂ©vues sont si restrictives et spĂ©cifiques que seul un faible nombre de personnes en bĂ©nĂ©ficierait.  

L’OSAR propose donc des adaptations concrètes des dispositions prĂ©vues afin de tenir compte des besoins humains des personnes rĂ©fugiĂ©es. Les dĂ©rogations pour les visites Ă  la famille et aux proches doivent notamment ĂŞtre mieux rĂ©glementĂ©es et les demandes urgentes, par exemple en cas de maladie grave de membres de la famille vivant Ă  l’étranger, traitĂ©es dans les plus brefs dĂ©lais. Il convient ici de faire un large usage de la marge d’apprĂ©ciation pour motifs humanitaires et autres motifs pertinents. 

Un statut de protection uniforme pour toutes les personnes dĂ©placĂ©es par la guerre 

Les voyages Ă  l’étranger restent autorisĂ©s, sans procĂ©dure d’approbation, pour les personnes Ă  protĂ©ger en provenance d’Ukraine, une exception due Ă  la libertĂ© de voyage que leur confère le code frontières Schengen.  

Cette situation renforce encore l’inégalité inacceptable de droits entre les personnes étrangères admises à titre provisoire et les personnes au bénéfice du statut de protection S venant d’Ukraine. Dans ce contexte, l’OSAR réitère son appel à un statut de protection humanitaire uniforme pour toutes les personnes déplacées par la guerre, d’où qu’elles viennent. Selon l’OSAR, il est grand temps de proposer une solution instaurant enfin un accès égal aux droits fondamentaux.