Vivre ensemble est un droit. Pour les familles réfugiées aussi.

14 juin 2021

Beaucoup de rĂ©fugiĂ©s se retrouvent sĂ©parĂ©s de leur famille alors qu’ils fuient la guerre et les persĂ©cutions. Ils se rongent ensuite d’inquiĂ©tude pour leurs proches - une sĂ©paration inhumaine qui rend l'intĂ©gration difficile. Le regroupement familial est au cƓur de la JournĂ©e nationale du rĂ©fugiĂ© qui se tiendra le samedi 19 juin 2021. Cette annĂ©e, des partenaires de l’Organisation suisse d’aide aux rĂ©fugiĂ©s (OSAR) proposent de nouveau de nombreux Ă©vĂ©nements Ă  la population.

Cette annĂ©e, la JournĂ©e nationale du rĂ©fugiĂ© a pour slogan « Vivre ensemble est un droit. Pour les familles rĂ©fugiĂ©es aussi. Â», car la situation juridique actuelle prive de nombreux rĂ©fugiĂ©s de leur droit au regroupement familial. En particulier les titulaires d’une admission provisoire. À cĂŽtĂ© d’un dĂ©lai d’attente de trois ans, les candidats au regroupement familial doivent remplir des exigences Ă©conomiques strictes, comme ne pas dĂ©pendre de l’aide sociale et disposer d’un logement assez grand. Ces obstacles Ă©levĂ©s sont injustifiĂ©s et freinent l‘intĂ©gration, alors qu’il est prouvĂ© qu’un regroupement familial rapide la favorise. Les restrictions posent Ă©galement problĂšme par rapport au droit Ă  la vie familiale garanti par la Convention europĂ©enne des droits de l'homme et par rapport Ă  l'intĂ©rĂȘt de l'enfant tel que dĂ©fini par la Convention des Nations unies relative aux droits de l'enfant. L’OSAR demande donc d’octroyer aux titulaires d’une admission provisoire le mĂȘme droit au regroupement familial qu’aux rĂ©fugiĂ©s reconnus.

L’interprĂ©tation Ă©troite que les autoritĂ©s suisses ont de la notion de famille ne tient pas suffisamment compte des circonstances de vie individuelles. L’OSAR exige que la Suisse ne limite pas le regroupement familial aux partenaires et aux enfants mineurs, mais l’étende aussi Ă  d’autres personnes de rĂ©fĂ©rence ayant un lien Ă©troit avec la personne concernĂ©e, comme les frĂšres et sƓurs, les parents, les grands-parents ou les petits-enfants. Pour les requĂ©rants d’asile mineurs, l’intĂ©rĂȘt supĂ©rieur de l’enfant doit toujours ĂȘtre garanti. L’OSAR exige que les parents de mineurs non accompagnĂ©s puissent entrer en Suisse, quand c’est dans l’intĂ©rĂȘt de l’enfant et quand ils se trouvent dans un pays d’origine ou un pays tiers en proie Ă  une guerre civile ou dans une autre situation prĂ©caire. L’entrĂ©e en Suisse doit aussi ĂȘtre accordĂ©e aux personnes de rĂ©fĂ©rence proches qui ont un lien Ă©troit avec l’enfant, quand il est dans son intĂ©rĂȘt de pouvoir vivre avec cette personne.

Le regroupement familial implique des coĂ»ts importants pour les personnes concernĂ©es, en particulier pour le voyage en Suisse. Il entraĂźne parfois un endettement important qui gĂ©nĂšre souvent un gros stress. Ces conditions peuvent clairement entraver le regroupement familial, voire le rendre impossible. L’OSAR demande une pratique plus gĂ©nĂ©reuse et une prise en charge facilitĂ©e des coĂ»ts par le SecrĂ©tariat d'État aux migrations (SEM).

La campagne menĂ©e pour la JournĂ©e nationale du rĂ©fugiĂ© regroupe une sĂ©rie d’évĂ©nements organisĂ©s par les organisations partenaires de l’OSAR dans de nombreuses localitĂ©s de toute la Suisse et des Ă©vĂ©nements virtuels. À travers des activitĂ©s interculturelles et des rencontres directes avec des rĂ©fugiĂ©s, la population aura la chance de se familiariser avec le sujet. Le site de la JournĂ©e du rĂ©fugiĂ© donne aussi un aperçu de ces Ă©vĂ©nements.

Oliver LĂŒthi

Responsable du département Communication