Cette année, la Journée nationale du réfugié a pour slogan « Vivre ensemble est un droit. Pour les familles réfugiées aussi. », car la situation juridique actuelle prive de nombreux réfugiés de leur droit au regroupement familial. En particulier les titulaires d’une admission provisoire. À côté d’un délai d’attente de trois ans, les candidats au regroupement familial doivent remplir des exigences économiques strictes, comme ne pas dépendre de l’aide sociale et disposer d’un logement assez grand. Ces obstacles élevés sont injustifiés et freinent l‘intégration, alors qu’il est prouvé qu’un regroupement familial rapide la favorise. Les restrictions posent également problème par rapport au droit à la vie familiale garanti par la Convention européenne des droits de l'homme et par rapport à l'intérêt de l'enfant tel que défini par la Convention des Nations unies relative aux droits de l'enfant. L’OSAR demande donc d’octroyer aux titulaires d’une admission provisoire le même droit au regroupement familial qu’aux réfugiés reconnus.
L’interprétation étroite que les autorités suisses ont de la notion de famille ne tient pas suffisamment compte des circonstances de vie individuelles. L’OSAR exige que la Suisse ne limite pas le regroupement familial aux partenaires et aux enfants mineurs, mais l’étende aussi à d’autres personnes de référence ayant un lien étroit avec la personne concernée, comme les frères et sœurs, les parents, les grands-parents ou les petits-enfants. Pour les requérants d’asile mineurs, l’intérêt supérieur de l’enfant doit toujours être garanti. L’OSAR exige que les parents de mineurs non accompagnés puissent entrer en Suisse, quand c’est dans l’intérêt de l’enfant et quand ils se trouvent dans un pays d’origine ou un pays tiers en proie à une guerre civile ou dans une autre situation précaire. L’entrée en Suisse doit aussi être accordée aux personnes de référence proches qui ont un lien étroit avec l’enfant, quand il est dans son intérêt de pouvoir vivre avec cette personne.
Le regroupement familial implique des coûts importants pour les personnes concernées, en particulier pour le voyage en Suisse. Il entraîne parfois un endettement important qui génère souvent un gros stress. Ces conditions peuvent clairement entraver le regroupement familial, voire le rendre impossible. L’OSAR demande une pratique plus généreuse et une prise en charge facilitée des coûts par le Secrétariat d'État aux migrations (SEM).
La campagne menée pour la Journée nationale du réfugié regroupe une série d’événements organisés par les organisations partenaires de l’OSAR dans de nombreuses localités de toute la Suisse et des événements virtuels. À travers des activités interculturelles et des rencontres directes avec des réfugiés, la population aura la chance de se familiariser avec le sujet. Le site de la Journée du réfugié donne aussi un aperçu de ces événements.

