L’intégration sans effet sur le retour des réfugiés

27 décembre 2019

Un rapport du Conseil fédéral montre que les personnes réfugiées ne choisissent pas leur pays d’accueil en fonction des mesures d’intégration qui y sont proposées. Par ailleurs, la qualité de l’offre d’intégration n’a pas d’effet significatif sur le retour des personnes concernées dans leur pays d’origine.

Le rapport du Conseil fédéral «Migration. Conséquences à long terme de l’intégration», publié le 20 décembre en réponse à un postulat de l’UDC, confirme la pertinence de la politique actuelle de la Suisse en matière de migration et d’asile. Il montre que les procédures d’asile accélérées introduites en mars et l’Agenda Intégration lancé en mai n’ont pas d’influence déterminante sur le nombre de personnes venant chercher protection en Suisse. En outre, les efforts déployés par la Confédération et les cantons pour renforcer l’intégration précoce en proposant davantage de cours de langue et des mesures de qualification professionnelle n’ont pas d’effet significatif sur le retour des personnes réfugiées dans leur pays d’origine. C’est au contraire l’amélioration de la situation dans leur pays qui apparaît déterminante pour celles et ceux qui cherchent protection en Suisse.

Le rapport du Conseil fédéral, qui se fonde sur les dernières études portant sur la relation entre migration, intégration et retour, illustre le consensus actuel des sciences migratoires: les raisons à l’origine des mouvements migratoires sont diverses et complexes. Le modèle «push-pull», apprécié des détracteurs de l’asile, selon lequel la migration résulte de la pression exercée dans le pays d’origine et ainsi que de l’effet d’attraction des pays d’accueil, est qualifié d’indifférencié et de lacunaire par le rapport.

L’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) salue donc le rapport du Conseil fédéral sur l’état actuel de la recherche, qui confirme ses conceptions et ses positions. Il est dans l’intérêt de la Suisse que l’intégration des réfugiés ait lieu le plus tôt possible et soit continuellement améliorée.
Le rapport contribue à un débat plus objectif et plus différencié concernant la politique suisse d’asile et d’intégration.