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Centres temporaires : des conditions de vie souvent inadaptées et difficiles

12 janvier 2024

Les préoccupations de l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) concernant la situation dans les centres fédéraux temporaires pour requérants d’asile sont confirmées par des rapports de la Commission nationale de prévention de la torture (CNPT). Pour l’OSAR, même en situation d’urgence, les droits fondamentaux des personnes requérantes d’asile doivent être respectés.

Depuis 2022, la Suisse fait face Ă  une hausse des demandes d’asile. Pour rĂ©pondre au besoin de capacitĂ© d’accueil accru en dĂ©coulant, les autoritĂ©s ont ouvert plusieurs centres temporaires, notamment des abris de protection civile, dans le cadre de la planification d’urgence. La CNPT y a effectuĂ© des visites entre mars et septembre 2023. Les rapports de ces visites mettent en lumière les conditions de vie dans les centres fĂ©dĂ©raux temporaires pour requĂ©rants d’asile, jusqu’à prĂ©sent très peu connues. L’OSAR salue cette mise en lumière et soutient les recommandations de la commission.

Conditions problématiques pour les enfants et familles réfugié·e·s

Les rapports confirment les prĂ©occupations de l’OSAR concernant la situation dans les centres temporaires, en particulier dans les abris de protection civile. Dans ces derniers, les conditions matĂ©rielles sont difficiles : espaces exigus, absence de lumière du jour, de sĂ©paration claire entre dortoirs, salle Ă  manger et espaces communs, aucune possibilitĂ© de se retirer au calme, aĂ©ration insuffisante, etc. Dans de telles conditions, le risque de conflits est accru, des mesures de prĂ©vention de la violence font pourtant dĂ©faut. En outre, des cas prĂ©sumĂ©s de violences signalĂ©s Ă  la CNPT avaient Ă©tĂ© insuffisamment documentĂ©s et investiguĂ©s.

Autre aspect problĂ©matique : les centres temporaires ne sont pas du tout adaptĂ©s aux enfants rĂ©fugié·e·s non accompagné·e·s. Pourtant, deux d’entre eux, soit un abri de protection civile Ă  Aesch et la caserne Les Rochats Ă  Provence, sont utilisĂ©s pour les hĂ©berger. Lors de ses visites, la CNPT y a constatĂ© l’absence de personnel spĂ©cialisĂ©, un manque d’activitĂ©s et de de structure journalière. Dans d’autres centres temporaires, des familles rĂ©fugiĂ©es avec enfants en bas âge vivent dans des conditions de vie dĂ©labrĂ©es selon la commission.

Garantir les droits fondamentaux des personnes requérantes d’asile

Le système d’asile suisse fait face à une situation d’urgence depuis plus d’un an. Pour l’OSAR, cette situation n’est pas un passe-droit pour violer les droits fondamentaux des personnes requérantes d’asile. L’organisation souligne que les responsabilités et les directives doivent être claires et respectées d’autant plus dans les centres temporaires, décentralisés et parfois isolés.

L’OSAR est satisfaite que la CNPT appuie son avis dans ses recommandations, notamment sur les conditions inadaptées dans les abris de protection civile. Le séjour doit y être le plus court possible et doit exclure des personnes vulnérables comme les enfants, accompagné·e·s ou non. Un encadrement de qualité, un système de controlling et des mesures de prévention de la violence y sont prioritaires.

Des mesures sont prises

Le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) s’est prononcé sur les constats et recommandations de la CNPT et a mentionné avoir pris des mesures importantes comme d’avoir engagé du personnel responsable de la sécurité et la prévention de la violence dans les centres fédéraux pour requérants d’asile et lancé un projet pilote pour un bureau externe de signalements. L’OSAR le salue et rappelle l’importance de mettre en œuvre de telles mesures aussi dans les centres temporaires.

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