Sauvetage en mer : la Suisse doit contribuer au mécanisme de répartition

04 mai 2021

La répartition des réfugiés secourus en Méditerranée n'est toujours pas réglée. Le Conseil national délibère aujourd’hui d'une motion demandant au Conseil fédéral de s’impliquer activement dans cette question. Une revendication appuyée par l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR).

Voici dix jours Ă  peine, un nouveau drame a rappelĂ© au monde la tragĂ©die qui se joue en MĂ©diterranĂ©e. Trois canots pneumatiques ont lancĂ© des appels de dĂ©tresse au large de la cĂ´te libyenne. Quand le bateau de sauvetage « Ocean Viking Â» est arrivĂ© sur place après des heures de recherche, l'Ă©quipage n'a pu trouver aucun survivant. Près de 130 rĂ©fugiĂ©s ont perdu la vie lors de ce naufrage. Les jours prĂ©cĂ©dents, ils ont Ă©tĂ© des centaines Ă  se retrouver en dĂ©tresse en haute mer. D’après les mĂ©dias, l’équipage du « Sea-Watch 4 Â» a sauvĂ© près de 190 personnes en MĂ©diterranĂ©e centrale vendredi et dans la nuit de vendredi Ă  samedi.

La situation actuelle en Méditerranée souligne l’urgence des cinq motions adressées en 2019 par différents partis pour demander au Conseil fédéral une participation solidaire de la Suisse à la répartition des personnes secourues en Méditerranée. Ces motions exigent en outre un meilleur soutien aux États côtiers tels que l'Italie, Malte ou l'Espagne sur qui pèse actuellement presque toute la responsabilité de l'accueil des réfugiés. Le Conseil national débat aujourd’hui de cette requête.

Il faut davantage de voies d’accueil sûres

Dans les faits, cela ne résout pas le sort des réfugiés sauvés du naufrage. Les États situés à la frontière extérieure de l'Europe sont débordés. En particulier la Grèce. Sur ses îles, des milliers de réfugiés croupissent dans des camps, dans des conditions pitoyables, sans aucune solution en vue. L’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR)soutient les motions. Cela fait déjà un certain temps qu’elle demande à la Suisse d’en faire davantage pour soulager la détresse en Méditerranée. Dans une prise de position publiée récemment, elle a en outre souligné sa demande de renforcer les voies d'accueil sûres. Il faut en particulier plus de place dans les contingents de réfugiés. C’est là, à son avis, la seule solution viable sur le long terme pour ne pas contraindre les personnes qui cherchent à se mettre à l’abri des persécutions à emprunter des chemins d’exil trop périlleux.