31.08.2023: The Guardian rapporte quâaprĂšs les bains, les salles de gym et les parcs, les talibans ont annoncĂ© lâinterdiction pour les femmes de visiter le parc national populaire de Band-e-Amir, citant un port inappropriĂ© du hijab de la part des visiteuses. Le ministre de la PrĂ©vention du vice et de la Promotion de la vertu, qui a demandĂ© cette mesure, a justifiĂ© que « faire du tourisme nâest pas nĂ©cessaire pour les femmes ». En juillet, les talibans avaient fermĂ© les salons de coiffure et de beautĂ©, Ă©liminant ainsi lâun des derniers endroits de socialisation pour les femmes. Leurs derniers espoirs dâĂ©ducation ont Ă©galement Ă©tĂ© Ă©touffĂ©s avec lâarrĂȘt Ă lâaĂ©roport de Kaboul, fin aoĂ»t, dâĂ©tudiantes boursiĂšres partant Ă©tudier Ă lâĂ©tranger. Comme le rapporte la BBC, mĂȘme celles ayant investi pour payer un visa Ă leur accompagnant mĂąle, imposĂ© aux femmes pour sortir Ă plus de 75 km de chez elles, se sont vues forcĂ©es de sortir de lâavion.
10.07.2023: Le SecrĂ©tariat d'Etat aux migrations a dĂ©clarĂ© que « la situation des femmes et des filles en Afghanistan n'a cessĂ© de se dĂ©grader dans de nombreux domaines de la vie depuis la prise de pouvoir des talibans. Les nombreuses restrictions et les comportements imposĂ©s ont de graves rĂ©percussions sur leurs droits humains fondamentaux et limitent massivement les dits droits. Dans ce contexte, les requĂ©rantes d'asile afghanes peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme victimes Ă la fois d'une lĂ©gislation discriminatoire (appartenance Ă un certain groupe social) et d'une persĂ©cution Ă caractĂšre religieux, et le statut de rĂ©fugiĂ© doit leur ĂȘtre accordĂ© - pour autant qu'il n'y ait pas d'autres motifs de persĂ©cution.». Dans sa communication, le SEM a ajoutĂ© qu'il continuerait d'examiner leurs demandes au cas par cas.
20.06.2023 Le TAZ Ă©voque « la fosse commune des rĂȘves des Afghanes » et se rĂ©fĂšre au nouveau rapport du rapporteur spĂ©cial des Nations unies (ONU) sur les droits de l'homme en Afghanistan et du groupe de travail de l'ONU contre la discrimination des femmes. Ce dernier suggĂšre que la rĂ©pression systĂ©matique des droits des femmes par les talibans devrait ĂȘtre officiellement classĂ©e comme « apartheid du genre ». La sĂ©rie unique au monde de « dĂ©crets impitoyables » et l'absence quasi-totale de possibilitĂ©s juridiques de faire valoir ses droits font que «les femmes et les filles en Afghanistan subissent une grave discrimination ». Cela «pourrait s'apparenter Ă une persĂ©cution basĂ©e sur le genre, un crime contre l'humanitĂ©, et ĂȘtre caractĂ©risĂ© comme un apartheid du genre». Selon le TAZ, Shaharzad Akbar, prĂ©sidente jusqu'en 2021 de la Commission indĂ©pendante des droits de l'homme d'Afghanistan, dissoute par les talibans, le confirme : les talibans ont transformĂ© l'Afghanistan « en une fosse commune pour les ambitions, les rĂȘves et le potentiel des femmes afghanes ».
08.06.2023 Selon un rapport dâAmnesty International (AI), les personnes civiles de la rĂ©gion du Panchir subissent un crime de guerre constitutif dâun chĂątiment collectif de la part des talibans. La population subit de nombreux actes de torture, exĂ©cutions illĂ©gales et extrajudiciaires en dĂ©tention. Des arrestations et dĂ©tentions arbitraires massives sont organisĂ©es pour intimider la population. D'autres tactiques d'intimidation comprennent la destruction et la saisie Ă long terme de biens appartenant aux civils, ainsi que des restrictions Ă la circulation des personnes (couvre-feu nocturne, accĂšs aux pĂąturages âŠ). La rĂ©pression fait suite Ă la fuite vers le Panchir de nombreux membres des anciennes forces de sĂ©curitĂ©, avec du matĂ©riel et des armes, pour rejoindre le Front de rĂ©sistance nationale (FNR). Selon AI, les talibans nâont ni la volontĂ© ni la capacitĂ© de mener des enquĂȘtes sur les agissements de leurs forces de sĂ©curitĂ© ou dâamener leurs soldats Ă rĂ©pondre de leurs actes.
20.05.2023: Un article de Radio Free Europe rapporte que, selon le ministĂšre taliban de la SantĂ©, 22 enfants meurent sur 1000 naissances vivantes. En 2020, selon les agences de lâONU, on comptait 638 dĂ©cĂšs maternels pour 100 000 naissances vivantes. Ce chiffre classe la mortalitĂ© maternelle de l'Afghanistan parmi les dix plus Ă©levĂ©es au monde. Aucune statistique nâa Ă©tĂ© publiĂ©e depuis. Les hĂŽpitaux privĂ©s, le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) et MĂ©decins Sans FrontiĂšres (MSF), continuent Ă employer des femmes malgrĂ© l'interdiction des talibans Ă l'Ă©gard des travailleuses humanitaires, en raison d'une exemption dans le domaine de la santĂ©. Mais les difficultĂ©s Ă©conomiques, l'exode des professionnels de santĂ©, le faible niveau d'Ă©ducation, la mĂ©diocritĂ© des infrastructures, le manque d'accĂšs aux soins, et les fortes restrictions appliquĂ©es aux femmes â travailleuses ou patientes - contribuent Ă des taux de mortalitĂ© maternelle trĂšs Ă©levĂ©s.
18.05.2023: Selon un article de l'expert sur l'Afghanistan Thomas Ruttig dans le magazine en ligne Menara, le projet de sociĂ©tĂ© de lâĂmirat islamique dâAfghanistan va de pair avec une dĂ©tĂ©rioration flagrante des droits humains. La violation systĂ©matique des droits fondamentaux des femmes et des filles, la rĂ©pression des protestations civiles et de la rĂ©sistance armĂ©e, et le ciblage des opposants rĂ©els ou supposĂ©s sont monnaie courante. Les talibans n'ont pas honorĂ© leurs promesses d'amnistie gĂ©nĂ©rale pour les membres de l'ancien gouvernement et de ses forces de sĂ©curitĂ©. Le chef suprĂȘme du pays Hebatullah Akhundzada est conseillĂ© par un petit cercle d'Ă©rudits religieux, trĂšs inaccessible au monde extĂ©rieur. Ce groupe affirme un pouvoir imprĂ©visible et non centralisĂ© dans un Etat dĂ©pourvu dâinstitution parlementaire. La rĂ©sistance armĂ©e, tout comme les mouvements politiques en exil, est fragmentĂ©e et ne bĂ©nĂ©ficie du soutien actif d'aucun acteur international. La pauvretĂ© est endĂ©mique et deux tiers de la population totale dĂ©pendent actuellement de l'aide humanitaire.
09.05.2023: DâaprĂšs un rapport de la Mission des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) sur les droits humains dans le pays, les talibans ont un recours gĂ©nĂ©ralisĂ© aux chĂątiments corporels et leur augmentation depuis novembre 2022. Ces derniers sont souvent infligĂ©s par des la police ou les fonctionnaires du ministĂšre du Vice et de la Vertu. Les exĂ©cutions, effectuĂ©es notamment en public, ont Ă©tĂ© peu nombreuses jusqu'en avril 2023. Le vice-prĂ©sident de la Cour suprĂȘme a annoncĂ© que les tribunaux avaient prononcĂ© des centaines de condamnations Ă la peine capitale. De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, les chĂątiments corporels sont prononcĂ©s Ă la suite dâaccusations de crimes Ă caractĂšre moral. Ces condamnations concernent un grand nombre de femmes.
12.04.2023: Selon la plateforme dâinformation humanitaire ACAPS, les talibans ont interdit aux femmes afghanes de travailler pour les Nations unies en Afghanistan. DâaprĂšs TAZ, cette situation pousse lâONU Ă remettre en question sa prĂ©sence en Afghanistan. Lâorganisation pourrait dĂ©placer sa mission afghane, lâUNAMA, Ă lâĂ©tranger. Lâensemble de ses activitĂ©s, dĂ©jĂ largement entravĂ©es par les talibans, pourrait ĂȘtre interrompu. Les Nations Unies ont demandĂ© Ă leurs 3 300 employĂ©s afghans, dont 400 femmes, de ne pas se rendre au travail. Lâinterdiction posĂ©e par les talibans limite l'accĂšs Ă l'aide de lâONU pour 28,3 millions de personnes, et complique lâaide donnĂ©e Ă 11,6 millions de femmes et de filles. Cette dĂ©cision intervient au cĆur dâune crise Ă©conomique grave : 95 % des Afghans ne mangent pas Ă leur faim, et la quasi-totalitĂ© des mĂ©nages est dirigĂ©e par des femmes, dont la vulnĂ©rabilitĂ© ne fait quâaugmenter au vu des restrictions qui leur sont imposĂ©es.
09.03.2023: DâaprĂšs TAZ, un attentat suicide aurait fait sept morts et quinze blessĂ©s dans la province de Balch, tuant le gouverneur taliban Muhammad Daud Muzammil. Ce dernier Ă©tait connu pour avoir Ă©tĂ© Ă la tĂȘte dâune rĂ©pression violente contre lâĂtat islamique au Khorassan (EI-K), alors quâil Ă©tait gouverneur de la province de Nangrahar, avant son transfert Ă Balch. Lâattaque suicide est non revendiquĂ©e Ă ce jour, mais pourrait avoir Ă©tĂ© commise en reprĂ©sailles par lâEI-K contre les talibans. Abdul Sayed, expert afghan en terrorisme vivant en SuĂšde, parle au TAZ d'un « coup dur pour les talibans ». Ces derniers ont par ailleurs tuĂ© six membres de lâEI-K Ă Herat dĂ©but mars. LâEI-K a revendiquĂ© un attentat le 8 mars Ă Herat, tuant le chef taliban du service des eaux et deux autres personnes. Fin fĂ©vrier, les talibans avaient Ă©galement tuĂ© Ă Kaboul Idjas Ahangar, chef de la branche pakistanaise de l'EI-K.
08.03.2023: Selon France 24, les femmes qui ont divorcĂ© sous le rĂ©gime prĂ©cĂ©dant lâEmirat islamique dâAfghanistan ont vu leur divorce annulĂ©. Plusieurs femmes concernĂ©es ont Ă©tĂ© forcĂ©es, parfois sous la violence physique, Ă retourner vivre avec un ex-mari abusif. Selon lâUNAMA (Mission dâassistance des Nations Unies en Afghanistan), neuf femmes sur dix subissent des violences physiques, sexuelles ou psychologiques de la part de leur partenaire. Sous le rĂ©gime prĂ©cĂ©dent, les taux de divorce Ă©taient en constante augmentation dans certaines villes. Le divorce reste par ailleurs tabou en Afghanistan et les talibans ne lâautoriseraient de la part des femmes quâen cas dâexil ou de toxicomanie du mari. Dans les cas de violence domestique ou en cas de dĂ©saccord du mari, le tribunal nâaccordera pas de divorce.
27.02.2023: Selon un article du TAZ, plus de 61 000 personnes ont Ă©tĂ© expulsĂ©es de Turquie vers lâAfghanistan en 2022. Un rapport de Human Rights Watch (HRW) avait dĂ©jĂ fait Ă©tat de cette situation alarmante. Selon le TAZ, il existe plus de 25 lieux dâenfermement pour personnes migrantes en Turquie, oĂč les demandes dâasiles des Afghan-e-s sont ignorĂ©es. Le TAZ dĂ©crit aussi des appels vidĂ©o, organisĂ©s par les personnels du centre entre les personnes exilĂ©es et les autoritĂ©s talibanes, et des visites systĂ©matiques dâofficiels talibans, rapportĂ©s par des tĂ©moignages. La Turquie, qui avait dĂ©jĂ militarisĂ© sa frontiĂšre avec la Syrie, construit maintenant un mur le long de sa frontiĂšre avec lâIran, avec lâappui de lâUnion europĂ©enne (UE). Depuis 2018, le HCR a transfĂ©rĂ© lâenregistrement des demandes dâasile en Turquie aux autoritĂ©s du pays, qui ne les examine presque plus. Des dizaines de milliers de personnes afghanes sont ainsi refoulĂ©es vers lâIran ou expulsĂ©es vers lâAfghanistan
23.02.2023: Un rapport dâInternational Crisis Group (ICG) sâinquiĂšte des trĂšs dures restrictions imposĂ©es aux femmes par les talibans, notamment leur exclusion du systĂšme universitaire et du travail dans les ONG. Lâoppression de la moitiĂ© de la population du pays entrave lâĂ©conomie du pays. Il est devenu trĂšs difficile pour les ONG de continuer Ă travailler en Afghanistan, et notamment dâatteindre les femmes et les filles. ICG considĂšre que des rĂ©actions maladroites des pays occidentaux (rĂ©duction d'aides, extension de sanctions âŠ) auraient des effets dĂ©vastateurs notamment sur les personnes pauvres et les femmes, particuliĂšrement touchĂ©es par la crise. Les gouvernements occidentaux devraient plutĂŽt financer les appels humanitaires, redresser les structures essentielles (banque, irrigation, Ă©nergie, santĂ© âŠ) et se concentrer sur le changement social Ă long terme en maintenant lâaide internationale, afin de ne pas aggraver la situation dĂ©jĂ catastrophique du pays.
13.02.2023: Selon Taz, qui cite le mĂ©dia Rukshana, la vente de contraceptifs pour femmes est interdite Ă Kaboul et dans la mĂ©tropole de Masar-i-Sharif. Aucune interdiction officielle Ă©crite des talibans nâaurait encore Ă©tĂ© Ă©mise et lâautoritĂ© talibane qui lâa Ă©mise reste floue. Les prĂ©servatifs ne seraient pas concernĂ©s. Lâimportation et la distribution de contraceptifs fĂ©minins aurait dĂ©jĂ Ă©tĂ© interdite fin janvier, avec une saisie chez un grossiste de Kaboul. Selon des tĂ©moignages, les contraceptifs ne sont plus distribuĂ©s par les sages-femmes, qui sont souvent les premiĂšres Ă en donner, et ont doublĂ© de prix chez les mĂ©decins qui les vendent encore. LâAfghanistan a le taux de mort en couches le plus important dâAsie (638/100 000) avec un taux de natalitĂ© de 6,3 enfants par femme. Un enfant sur dix est nĂ© dâune femme mineure.
30.01.2023: Selon plusieurs mĂ©dias, dont Le Monde, le Danemark attribuera lâasile aux femmes afghanes de maniĂšre systĂ©matique. Elle se fonde sur la forte dĂ©gradation des conditions de vie et des droits des femmes et des filles depuis le retour des talibans au pouvoir. Une dĂ©gradation dĂ©jĂ constatĂ©e par un rapport de lâAgence de lâUnion europĂ©enne pour lâasile (EUAA), qui conclut que la situation des femmes et des filles en Afghanistan constitue une persĂ©cution au sens de la Convention sur les rĂ©fugiĂ©s. Cette conclusion a Ă©tĂ© tirĂ©e, entre autres, sur la base des restrictions imposĂ©es aux femmes en matiĂšre d'accĂšs aux soins et au travail, de leur libertĂ© de mouvement et d'expression, ainsi que de leur droit Ă l'Ă©ducation.
23.01.2023 DâaprĂšs un article du TAZ Die Tageszeitung, Amina Mohammed, la vice-secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale des Nations unies sâest exprimĂ©e depuis Kaboul sur la chaĂźne Tolo TV afin de demander lâintĂ©gration de femmes dans le gouvernement afghan. Virulente, la rĂ©action des talibans a Ă©tĂ© de dĂ©clarer que personne ne devait imposer ses thĂšmes au peuple afghan. En visite officielle en Afghanistan, Amina Mohammed avait rencontrĂ© divers chefs talibans pour leur demander de reconsidĂ©rer lâexclusion des femmes et des filles, afin de rĂ©intĂ©grer l'Afghanistan dans la communautĂ© internationale. Le vice-chef du gouvernement taliban Abdulsalam Hanafi et le ministre des Affaires Ă©trangĂšres Amir Chan Muttaki, ont dit souhaiter la fin des sanctions et une reconnaissance internationale. Le chef des talibans, Hebatullah Achundsada nâa pas rencontrĂ© Amina Mohammed, qui sâĂ©tait rendue Ă Kandahar dans le but de rencontrer les hautes autoritĂ©s du pays. La vice-secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale nâa pu sâentretenir quâavec vice-gouverneur de Kandahar, Hajatullah Mubarak, et de deux autres chefs talibans proches d'Hebatullah. Sans sâĂȘtre rendue Ă Kandahar, Sima Bahous, directrice exĂ©cutive de l'agence des Nations unies chargĂ©e des questions relatives aux femmes (ONU Femmes) a Ă©galement pris part Ă cette visite des Nations Unies en Afghanistan, et sâest alarmĂ©e de lâaggravation de la situation humanitaire dans le pays. Bien que les deux femmes soient musulmanes, elles nâont pas Ă©tĂ© reçues par Hebatullah Achundsada. En principe, le chef suprĂȘme ne reçoit pas de non musulmans, et seulement trĂšs rarement des personnalitĂ©s Ă©trangĂšres. Cette restriction concerne par ailleurs aussi les officiels de pays musulmans. MalgrĂ© le rejet de leurs revendications par les hautes sphĂšres du pouvoir taliban, les deux reprĂ©sentantes des Nations Unies se sont exprimĂ©es en faveur de la poursuite des discussions avec les autoritĂ©s afghanes, notamment avec la frange talibane la moins fondamentaliste. Elles ont Ă©galement soulignĂ© lâampleur du chantier que constitue lâouverture du rĂ©gime taliban aux relations extĂ©rieures.
20.01.2023 DâaprĂšs une dĂ©claration commune de rapporteurs spĂ©ciaux de lâOrganisation des Nations Unies (ONU), lâĂ©tat de droit et lâindĂ©pendance de la justice disparaissent en Afghanistan, avec des consĂ©quences catastrophiques en matiĂšre de droits humains. Les avocats, juges et autres acteurs du systĂšme judiciaire sont menacĂ©s dans leur sĂ©curitĂ©. Le systĂšme judiciaire ne jouit plus dâaucune indĂ©pendance. Les rapporteurs spĂ©ciaux ont par ailleurs alertĂ© la communautĂ© internationale sur lâexclusion des femmes des instances juridiques : plus de 250 femmes juges et des centaines d'avocates et de procureures ont dĂ©jĂ Ă©tĂ© dĂ©mises de leurs fonctions par les talibans. Toujours selon les rapporteurs spĂ©ciaux, de nombreuses femmes juges vivent cachĂ©es ou ont quittĂ© le pays. Plus dâune douzaine de procureurs hommes auraient en outre Ă©tĂ© tuĂ©s Ă travers le pays, et beaucoup dâautres vivent cachĂ©s comme leurs homologues fĂ©minins. Les procureurs sont souvent ciblĂ©s ou mis Ă lâĂ©cart pour avoir enquĂȘtĂ© sur des talibans, ou pour les avoir poursuivis, sous le rĂ©gime prĂ©cĂ©dent. LâOrdre des avocats de GenĂšve a par ailleurs alertĂ© sur la situation des avocat-e-s en Afghanistan depuis la prise du pouvoir par les talibans, faisant Ă©cho Ă la revendication des avocat-e-s belges de dĂ©cembre 2022.
Depuis leur prise de pouvoir en 2021, les talibans ont nommĂ© des hommes parmi leurs membres pour occuper les postes judiciaires créés ou repourvus. Ces derniers ont souvent reçu une Ă©ducation religieuse de base. Ils sont conseillĂ©s par des experts juridiques musulmans, appelĂ©s muftis, habilitĂ©s Ă statuer sur des questions religieuses. En outre, les lois et rĂšgles concernant la procĂ©dure judiciaire ont Ă©tĂ© suspendues et les femmes ne peuvent comparaĂźtre que lorsqu'elles sont parties Ă un litige. DâapprĂšs les rapporteurs spĂ©ciaux de lâONU, les auteur-e-s prĂ©sumĂ©-e-s de dĂ©lits ou crimes sont souvent dĂ©tenu-e-s, condamnĂ©-e-s et puni-e-s le mĂȘme jour par la police et d'autres agences de sĂ©curitĂ©, niant tout semblant de procĂ©dure rĂ©guliĂšre ou de contrĂŽle judiciaire. DâaprĂšs lâuniversitaire Adam Backzo, la constitution dâun systĂšme juridique, exerçant parallĂšlement ou se substituant Ă celui des anciennes autoritĂ©s, a constituĂ© un Ă©lĂ©ment important de la lutte des talibans pour le pouvoir. Les tribunaux talibans ont ainsi construit leur reconnaissance par une partie de la population afghane, en fournissant notamment de nombreuses dĂ©cisions sur les conflits fonciers.
13.01.2023 Selon un article de lâexpert sur lâAfghanistan Thomas Ruttig publiĂ© dans le Tageszeitung, l'Ătat islamique-Province de Khorasan (EIPK) a revendiquĂ© l'attaque suicide survenue peu avant seize heures, le 12 janvier devant le ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres afghan. Un assaillant sây est fait exploser Ă une entrĂ©e latĂ©rale, faisant au moins cinq morts, selon les talibans, et vingt selon l'EIKP. Dâautres dĂ©comptes et nominations de victimes ont Ă©tĂ© postĂ©s sur les rĂ©seaux sociaux depuis lâĂ©tranger, notamment par d'anciens employĂ©s du ministĂšre. Selon la BBC, la police de Kaboul a dĂ©noncĂ© un acte de lĂąchetĂ©. Toujours selon le Tageszeitung, le directeur national de l'ONG Emergency, qui gĂšre le plus grand hĂŽpital pour les victimes de guerre Ă Kaboul, a dĂ©comptĂ© plus de 40 blessĂ©s. Politiquement opposĂ©e aux talibans, l'EIKP attaque rĂ©guliĂšrement leurs structures, ainsi que des ressortissants de pays qui coopĂšrent avec les talibans. Le groupe a revendiquĂ©, entre autres, une explosion Ă lâaĂ©roport de Kaboul, la tentative dâassassinat du chargĂ© d'affaires pakistanais Ă Kaboul, lâassaut dâun hĂŽtel qui accueillait des hommes d'affaires chinois, et un attentat suicide devant l'ambassade de Russie. Les principales cibles de lâEIKP restent cependant les minoritĂ©s confessionnelles, notamment les chiites. Bien quâayant perdu de nombreux soutiens parmi la population afghane, lâEIKP disposerait encore de zones de repli dans les vallĂ©es montagneuses isolĂ©es des provinces de Kunar et de Nangrahar. La structure serait aussi soutenue par des groupes militants pakistanais anti-chiites. Les talibans, de leur cĂŽtĂ©, sâattaquent systĂ©matiquement, y compris par des exĂ©cutions sommaires, aux personnes ou communautĂ©s prĂ©sumĂ©es soutenir lâEIPK, dont les prĂ©dicateurs et mosquĂ©es salafistes.
25.12.2022 Selon Le Temps, le ministĂšre afghan de lâĂconomie a demandĂ© aux Organisations non gouvernementales (ONG) de ne plus travailler avec des femmes, sans quoi elles se verraient retirer leur autorisation dâexercer dans le pays. Selon les autoritĂ©s afghanes, cette dĂ©cision serait motivĂ©e par une mauvaise application de lâobligation de porter le hijab dans les organisations concernĂ©es. Selon lâOrganisation des Nations Unies, cette dĂ©cision aura un impact dĂ©vastateur sur lâĂ©conomie afghane, entravant le travail des ONG et privant aussi de revenus de nombreux mĂ©nages. Save the Children, le Conseil norvĂ©gien pour les rĂ©fugiĂ©s et CARE International ont annoncĂ© la suspension de leurs activitĂ©s, en attendant des clarifications sur la dĂ©cision des talibans. Les autoritĂ©s afghanes nâont pas encore prĂ©cisĂ© si leur dĂ©cision concernait le personnel Ă©tranger fĂ©minin des ONG. La dĂ©cision talibane a entraĂźnĂ© des condamnations au niveau international, notamment de la part de lâOrganisation de la coopĂ©ration islamique et de la ministre allemande des Affaires Ă©trangĂšres. Selon France 24, cette dĂ©cision serait soutenue par un courant taliban minoritaire mais puissant, groupĂ© autour du leader Haibatulla Akhundzada Ă Kandahar. Ă lâorigine des dĂ©cisions les plus extrĂ©mistes, ce groupe sâopposerait de maniĂšre croissante Ă un autre courant taliban, centrĂ© sur Kaboul et enclin Ă une relative modĂ©ration de la gouvernance du pays.
20.12.2022 DâaprĂšs The Guardian, Neda Mohammad Nadeem, le ministĂšre de l'Enseignement supĂ©rieur taliban a Ă©mis un adressĂ© une lettre adressĂ©e Ă toutes les universitĂ©s gouvernementales et privĂ©es, pour transmettre une dĂ©cision du pouvoir, interdisant indĂ©finiment lâaccĂšs des femmes Ă lâenseignement supĂ©rieur. Cette dĂ©cision intervient moins de trois mois aprĂšs que des milliers de filles et de femmes ont passĂ© les examens d'entrĂ©e Ă l'universitĂ©. Beaucoup dâadolescentes afghanes ont dĂ©jĂ Ă©tĂ© interdites d'accĂšs Ă l'enseignement secondaire, ce qui entravait dĂ©jĂ l'accĂšs Ă l'universitĂ©. En outre, les femmes ont Ă©tĂ© Ă©vincĂ©es de nombreux emplois gouvernementaux ou reçoivent un salaire rĂ©duit pour rester Ă la maison. De nombreux pays, ainsi que les Nations Unies et des ONG, ont condamnĂ© la dĂ©cision des talibans.
20.12.2022 DâaprĂšs Voice of America (VOA), les talibans ont pris des mesures pour bloquer les Ă©missions de radio de VOA et de Radio Free Europe/Radio Liberty en Afghanistan. Depuis le retour au pouvoir des talibans en Afghanistan en 2021, les journalistes afghans sont en proie Ă la censure et Ă la rĂ©pression. Les restrictions imposĂ©es aux femmes ont eu pour consĂ©quence de faire abandonner leur travail ou quitter le pays Ă un grand nombre de femmes journalistes. Plusieurs organes de presse ont Ă©tĂ© fermĂ©s, et au moins trois journalistes sont actuellement en prison.
07.12.2022 Selon la Deutsche Welle, les chĂątiments corporels, rappelant les peines du premier rĂ©gime taliban (1996-2001), sont de nouveau pratiquĂ©s en Afghanistan. Un communiquĂ© taliban du 7 dĂ©cembre a annoncĂ© lâexĂ©cution publique dâun homme dans la province de Farah, premiĂšre exĂ©cution confirmĂ©e depuis le changement de pouvoir. Selon le communiquĂ©, l'exĂ©cution a Ă©tĂ© faite en application du principe islamique qisas, de rĂ©ciprocitĂ© du crime et de la peine. Lâhomme exĂ©cutĂ© avait tuĂ© un homme et dĂ©robĂ© sa moto et son tĂ©lĂ©phone il y a cinq ans. Il aurait, selon CBS, qui cite les dĂ©clarations des talibans, reçu trois balles de fusil de la part du pĂšre de sa victime. Un message vocal de la mĂšre de la victime, exprimant sa satisfaction, aurait Ă©tĂ© diffusĂ© sur les rĂ©seaux sociaux. Lâhomme exĂ©cutĂ© aurait avouĂ© le meurtre suite aux accusations de la famille qui ont menĂ© Ă son arrestation, dont la date nâa pas Ă©tĂ© rendue publique. Toujours selon les dĂ©clarations talibanes, la dĂ©cision dâexĂ©cution aurait Ă©tĂ© approuvĂ©e par trois des plus hautes cours du pays, et par le chef suprĂȘme Haibatullah Akhundzada.
Les responsables talibans ont, par ailleurs, rĂ©cemment flagellĂ© publiquement des dizaines d'hommes et de femmes, jugĂ©s pour crimes moraux, dans les provinces de Logar, Laghman, Bamiyan, Ghazni et Takhar. Les responsables provinciaux ont exhortĂ© la population Ă venir observer les chĂątiments, dont des photos ont Ă©tĂ© diffusĂ©es sur les rĂ©seaux sociaux. Les chĂątiments seraient localement annoncĂ©s par haut-parleurs, et les commerçants menacĂ©s dâĂȘtre Ă©galement flagellĂ©s sâils ne ferment pas leurs boutiques pour assister aux chĂątiments. Un tĂ©moignage fait Ă©tat de lâusage dâun fouet de cuir et de mĂ©tal pour les flagellations, entraĂźnant des douleurs extrĂȘmes.
18.11.2022 : Selon un rapport de Human Rights Watch (HRW), la Turquie repousse réguliÚrement des dizaines de milliers d'Afghan-e-s à sa frontiÚre terrestre avec l'Iran ou les expulse directement vers l'Afghanistan. Leurs demandes de protection internationale sont peu ou pas examinées. Les témoignages recueillis par HRW font en outre état de tirs sur des personnes réfugiées et de blessures corporelles infligées par les autorités frontaliÚres turques à la frontiÚre. Les hommes seuls seraient particuliÚrement concernés. Les hommes afghans interrogés par HRW n'ont pas pu déposer de demande de protection internationale depuis leur arrivée en Turquie.
Selon HRW, ce n'est pas rare : de nombreuses personnes rĂ©fugiĂ©es afghanes seraient empĂȘchĂ©es de s'enregistrer pour une protection internationale en Turquie. De plus, des expulsions auraient lieu avant qu'une demande d'asile puisse ĂȘtre dĂ©posĂ©e. Selon le ministĂšre turc de l'IntĂ©rieur, 238 448 personnes, dont la plupart sont des ressortissant-e-s afghan-e-s, ont Ă©tĂ© empĂȘchĂ©es d'entrer dans le pays en 2022. En outre, 44 768 Afghan-e-s auraient Ă©tĂ© expulsĂ©-e-s par voie aĂ©rienne vers Kaboul au cours des huit premiers mois de 2022.
14.11.2022: DâaprĂšs une dĂ©pĂȘche de lâAgence France Presse (AFP) reprise par le Guardian, le chef suprĂȘme de l'Afghanistan, Haibatullah Akhundzada, a ordonnĂ© aux juges d'appliquer pleinement certains aspects de la loi islamique (charia), notamment les exĂ©cutions publiques, les lapidations, flagellations et amputations. La dĂ©claration dâAkhundzada a fait lâemphase sur les hudud (crimes pour lesquels les sanctions sont obligatoires) et les qisas (chatiments proportionnels aux dommages). Les crimes hudud comprennent l'adultĂšre, la consommation d'alcool, le vol, l'enlĂšvement, les attaques routiĂšres, l'apostasie et la rĂ©bellion. Le qisas couvre entre autres le meurtre et les blessures dĂ©libĂ©rĂ©es, mais permet Ă©galement aux familles des victimes d'accepter une compensation au lieu d'une punition. Plusieurs images de chĂątiments corporels et cadavres de personnes accusĂ©es de crimes ont Ă©tĂ© diffusĂ©es depuis la prise de pouvoir des talibans. Ces images rappellent notamment les flagellations et exĂ©cutions publiques du stade Ghazi de Kaboul pendant la premiĂšre pĂ©riode de pouvoir des talibans.
10.11.2022: Le PrĂ©sident de lâAssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies, Csaba KĆrösi, a alertĂ© la communautĂ© internationale sur la recrudescence de la criminalitĂ© organisĂ©e, du trafic de drogue et des atteintes aux droits humains notamment des femmes et des filles. L'AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale a adoptĂ© une rĂ©solution, qui appelle les talibans au respect des droits des femmes, des filles et des minoritĂ©s. Elle exprime une prĂ©occupation quant Ă la recrudescence du commerce de lâopium, aux attaques terroristes d'Al-QaĂŻda et d'ISIS-Khorasan ainsi quâĂ la recrudescence du crime organisĂ©. Selon lâONU, 24 millions de personnes ont besoin d'une aide humanitaire. Un appel de 4,4 milliards de dollars a Ă©tĂ© lancĂ© pour le plan d'intervention des Nations Unies, qui n'est financĂ© qu'Ă moitiĂ©.
10.11.2022: Les talibans ont interdit aux femmes et aux filles, avec ou sans accompagnateur homme, de se rendre dans les parcs publics et les salles de sport de Kaboul, la capitale afghane. AprĂšs les restrictions restreignant la circulation et lâaccĂšs Ă lâĂ©ducation des femmes, cette disposition les exclue encore davantage de la vie et de lâespace publics. JusquâĂ prĂ©sent, les femmes Ă©taient autorisĂ©es Ă visiter les parcs trois jours par semaine - dimanche, lundi et mardi - et les hommes les quatre autres jours. Cette rĂšgle ne sâapplique pour lâinstant quâĂ la capitale, mais par le passĂ©, de telles rĂšgles ont fini par ĂȘtre appliquĂ©es dans tout le pays.
19.10.2022: Selon le Programme Alimentaire de lâONU (PAM), au moins 3,9 millions dâenfants afghans souffrent de malnutrition aiguĂ« alors que 19,7 millions de personnes, soit prĂšs de la moitiĂ© de la population afghane, souffrent dâune faim aiguĂ«. 4,7 millions dâenfants, de femmes enceintes et de mĂšres allaitantes risquent de souffrir de malnutrition aiguĂ« cette annĂ©e et les 34 provinces du pays sont confrontĂ©es Ă des niveaux de crise ou dâurgence dâinsĂ©curitĂ© alimentaire aiguĂ«. Le PAM travaille Ă la réévaluation des indicateurs du pays en matiĂšre de sĂ©curitĂ© alimentaire et notamment du Cadre intĂ©grĂ© de la classification de la sĂ©curitĂ© alimentaire (IPC), qui permet de classifier la sĂ©vĂ©ritĂ©Ì de lâinsĂ©curitĂ©Ì alimentaire aiguĂ« en cinq phases. Selon le dernier rapport du PAM rendu en mai 2022, 6 millions de personnes Ă©taient en phase 4 de lâIPC (urgence) et 13 millions en phase 3 de lâIPC (crise). Neuf mĂ©nages sur dix peinent Ă satisfaire leurs besoins alimentaires, selon la derniĂšre mise Ă jour de la sĂ©curitĂ© alimentaire du PAM (juillet 2022). La part des dĂ©penses alimentaires des mĂ©nages a continuĂ© dâaugmenter, atteignant plus de 90% en juillet 2022 (contre 80% en janvier). Le PAM intensifie ses efforts dâintervention en vue de lâhiver et souhaite apporter une aide Ă 15 millions de personnes par mois, ce pourquoi lâorganisation affirme avoir besoin de 1,14 milliard de dollars pour maintenir ses opĂ©rations jusquâen mars 2023.
14.10.2022 : Dans une dĂ©claration publique, Amnesty International alarme sur la tentative par les talibans dâeffacer les femmes et les filles de la sociĂ©tĂ© depuis leur retour au pouvoir en 2021. Les politiques, rĂšglements et dĂ©crets des autoritĂ©s nient les droits fondamentaux des femmes et des filles dans le pays, notamment les droits liĂ©s Ă la participation publique, Ă l'Ă©ducation, Ă la libre circulation, au rassemblement pacifique et Ă l'expression. Les disparitions forcĂ©es, la torture et les autres mauvais traitements infligĂ©s par les membres des autoritĂ©s de facto, ainsi que les conditions Ă©conomiques et sociales qui portent directement atteinte aux droits des femmes et des filles, allant de l'effondrement de l'Ă©conomie Ă l'augmentation du nombre de mariages d'enfants, de mariages prĂ©coces et de mariages forcĂ©s, contribuent aux difficultĂ©s auxquelles les femmes et les filles sont confrontĂ©es. Cette dĂ©claration publique s'appuie sur le rĂ©cent rapport d'Amnesty sur le sort des femmes et des filles sous le rĂ©gime des talibans et s'inspire en particulier de dix entretiens rĂ©cents avec des militant-e-s des droits des femmes et des manifestant-e-s Ă l'intĂ©rieur du pays et avec ceux qui ont rĂ©ussi Ă quitter l'Afghanistan.
05.10.22: Selon le Programme des Nations unies pour le dĂ©veloppement (PNUD), depuis la reprise du pouvoir par les talibans, lâĂ©conomie du pays a perdu cinq milliards de dollars, un montant qui l'avait mis une dĂ©cennie Ă se constituer. Environ 700 000 emplois ont disparu. Le PNUD constate lâimpact de lâessor de lâĂ©conomie illicite, des fortes restrictions faites aux femmes, du gel des avoirs Ă©trangers, des sanctions internationales, de lâinflation et de lâĂ©migration de la main-dâĆuvre qualifiĂ©e. La restructuration de la fonction publique, avec la disparition de certains postes, a impactĂ© les revenus de nombreux mĂ©nages. Vingt millions de personnes atteindraient un niveau Ă©levĂ© ou critique dâinsĂ©curitĂ© alimentaire, notamment les enfants de moins de 5 ans et les populations des rĂ©gions du sud. En marge de cette situation grave, le rapport note le maintien des recettes douaniĂšres et la rĂ©duction du dĂ©ficit commercial.
02.10.2022 : Selon The Guardian, des manifestations ont eu lieu à Kaboul aprÚs l'attentat-suicide au centre d'éducation Kaaj qui a tué 35 jeunes femmes hazara. La manifestation aurait été violemment dispersée en l'espace de quelques minutes. Les forces talibanes auraient frappé les manifestant-e-s et les auraient attaqués avec des sprays au poivre.
Des femmes auraient également manifesté dans d'autres régions du pays. Dimanche matin, des centaines de femmes se sont rassemblées devant l'université de Herat pour réclamer leur droit à l'éducation et à la sécurité pour les Hazaras lors d'une marche de protestation. Des témoins ont rapporté que les talibans avaient tiré sur les manifestantes. Une manifestante aurait en outre été jetée à terre lorsqu'un taliban l'a saisie par son foulard.
30.09.22 : Selon Reuters, le 30 septembre 2022, un kamikaze sâest fait exploser dans le centre de formation de Kaaj dans le quartier de Dashte Barchi Ă Kaboul, peuplĂ© par la minoritĂ© chiite hazara. Lâexplosion a tuĂ© au moins 19 personnes et en a blessĂ© plusieurs autres. Ce sont les femmes qui ont Ă©tĂ© principalement touchĂ©es, car elles Ă©taient regroupĂ©es Ă proximitĂ© de la porte principale, par oĂč est entrĂ© le kamikaze. Lâattentat nâa pas Ă©tĂ© revendiquĂ©. Le quartier hazara de Dashte Barchi avait dĂ©jĂ fait lâobjet dâune attaque en avril, lorsque, selon la BBC, un double attentat Ă la bombe dans une Ă©cole de garçons avait fait au moins six morts et plus de 20 blessĂ©s. Selon Human Rights Watch, au moins 700 Hazaras ont Ă©tĂ© tuĂ©s par lâISIS-K, lors de 16 attaques, dont 13 revendiquĂ©es, depuis la reprise du pouvoir par les talibans en aoĂ»t 2021.
26.09.2022 : ACPAS, un projet basé à GenÚve qui réalise des analyses pour les organisations humanitaires, a publié son rapport semestriel Afghanistan Risk Overview, qui met en évidence les principaux risques en Afghanistan qui pourraient influencer la situation humanitaire au cours des six prochains mois. L'ACAPS estime qu'avec le début de la saison hivernale, les conditions de vie des Afghan-e-s seront plus difficiles et que la plupart des gens continueront à dépendre fortement de l'aide humanitaire. L'isolement de la banque centrale, le gel des avoirs étrangers, l'imposition de sanctions et la suspension de l'aide bilatérale ont plongé le pays dans une crise financiÚre et économique. L'insécurité alimentaire aurait augmenté : 89 % des ménages afghans seraient toujours touchés par une pénurie de nourriture. Le fait que les talibans continuent de remplacer le personnel gouvernemental par du personnel non qualifié sape la gouvernance déjà faible. L'ACPAS se penche également sur le mauvais bilan des talibans en matiÚre de droits de l'homme et sur la répression qu'ils exercent contre les groupes anti-talibans.
15.09.2022 : Suite Ă une nouvelle enquĂȘte sur la mort de six Hazara dans la province de Ghor, Amnesty International attire l'attention sur le fait que les talibans ont arrĂȘtĂ© et exĂ©cutĂ© illĂ©galement quatre hommes lors d'un raid nocturne en juin 2022, alors qu'ils recherchaient un ancien agent de sĂ©curitĂ©. Le corps d'au moins l'un des exĂ©cutĂ©s portait des traces de torture. Une femme et une fillette de 12 ans auraient Ă©galement Ă©tĂ© tuĂ©es lors du raid. Selon Amnesty International, la poursuite des assassinats par les talibans rĂ©vĂšle un schĂ©ma d'attaques contre les minoritĂ©s ethniques et les membres des anciennes forces de sĂ©curitĂ©.
15.09.2022 : L'expert de l'Afghanistan Thomas Ruttig signale dans son blog Zhaghdablai (uniquement en allemand) la poursuite des mesures rĂ©pressives contre les femmes et les droits des femmes. Selon Thomas Ruttig, la nouvelle ordonnance interdisant aux femmes de pĂ©nĂ©trer dans les bĂątiments publics sans ĂȘtre accompagnĂ©es d'un homme semble ĂȘtre appliquĂ©e dans tout le pays. D'autres mesures ainsi que les agressions seraient de nature locale. Thomas Ruttig dĂ©crit entre autres qu'Ă Kandahar, les femmes ne peuvent plus entrer seules dans les magasins et qu'Ă Bamian, elles sont renvoyĂ©es chez elles si elles ne sont pas suffisamment voilĂ©es ou si elles sont habillĂ©es de maniĂšre trop colorĂ©e. En outre, le ministĂšre de la Justice taliban part du principe que les femmes ne connaissent pas suffisamment la charia et ne sont donc pas en mesure d'exercer la fonction de juge.
06.09.2022 :Human Rights Watch rapporte que l'Ătat islamique au Khorassan (ISKP), la branche de l'Ătat islamique (ISIS) en Afghanistan, a attaquĂ© Ă plusieurs reprises des Hazara et d'autres minoritĂ©s religieuses dans leurs mosquĂ©es, leurs Ă©coles et sur leurs lieux de travail. Les autoritĂ©s talibanes auraient peu entrepris pour protĂ©ger ces communautĂ©s des attentats-suicides et autres attaques ou pour fournir aux victimes et Ă leurs familles les soins mĂ©dicaux et autres aides nĂ©cessaires. Depuis la prise de pouvoir des talibans en Afghanistan en aoĂ»t 2021, l'ISKP aurait revendiquĂ© 13 attentats contre des Hazara et serait liĂ© Ă au moins trois autres, qui auraient tuĂ© ou blessĂ© au moins 700 personnes.
31.08.2022 : Amnesty International documente dans un rapport They don't treat us like humans. Unlawful returns of Afghans from Turkey and Iran, comment les forces de sĂ©curitĂ© en Iran et en Turquie ont ouvert le feu illĂ©galement sur les Afghan-e-s en fuite. Des dizaines d'entre eux auraient Ă©tĂ© blessĂ©s et tuĂ©s au cours de leur fuite ces derniers mois. Amnesty International a dĂ©couvert de nombreux cas, notamment Ă la frontiĂšre irano-afghane, oĂč les forces de sĂ©curitĂ© iraniennes ont directement pris pour cible des personnes qui fuyaient alors qu'elles tentaient dâescalader des murs ou rampaient sous des clĂŽtures. Les Afghan-e-s qui tentent de franchir la frontiĂšre avec l'Iran ou la Turquie auraient Ă©tĂ© systĂ©matiquement dĂ©tenus, maltraitĂ©-e-s et renvoyĂ©-e-s de force ou expulsĂ©-e-s vers lâAfghanistan. « Nous exhortons les autoritĂ©s turques et iraniennes Ă cesser de renvoyer des personnes de force vers le danger en Afghanistan. » dĂ©clare Marie Forestier, chercheuse sur les droits des rĂ©fugi-e-s et des migrant-e-s Ă Amnesty International. Elle ajoute que la torture et les autres mauvais traitements doivent cesser immĂ©diatement et tous les ressortissant-e-s afghan-e-s en quĂȘte de protection doivent se voir garantir un soutien et l'accĂšs Ă une procĂ©dure d'asile.
11.08.22. Lâexpert de l'Afghanistan Thomas Ruttig dresse son bilan (uniquement disponible en allemand) aprĂšs un an sous le nouveau rĂ©gime des talibans. Le bilan est paru dans l'Ă©dition papier du journal de politique Ă©trangĂšre WeltTrends et en ligne sur son blog Afghanistan Zhaghdablai. Selon Thomas Ruttig, les talibans sont solidement assis et rĂšgnent plus qu'ils ne gouvernent. Ils ont ainsi déçu les espoirs - certains disent les illusions - qu'une fois au pouvoir, ils traiteraient la population avec plus de tolĂ©rance et tolĂ©reraient au moins certaines libertĂ©s. Avant cela, les talibans avaient dĂ©jĂ commencĂ© Ă restreindre considĂ©rablement, voire Ă supprimer, les libertĂ©s civiles, de nombreux droits humains et en particulier les droits des femmes. La situation des droits humains est compliquĂ©e par une crise humanitaire et Ă©conomique. Les structures de la sociĂ©tĂ© civile moderne qui s'est dĂ©veloppĂ©e depuis 2011 et dont les rangs pourraient donner naissance Ă une opposition, se sont en grande partie effondrĂ©es en aoĂ»t 2021. Selon Thomas Ruttig, l'Afghanistan reste une sociĂ©tĂ© marquĂ©e par de nombreux conflits de nature politique, ethnique et, de plus en plus, Ă©conomique. AprĂšs 40 ans de guerre, la sociĂ©tĂ© afghane est extrĂȘmement fragmentĂ©e et marquĂ©e par une profonde mĂ©fiance. Cela empĂȘche toute action collective. MĂȘme sous le gouvernement prĂ©cĂ©dent, aucun mouvement d'opposition n'a rĂ©ussi Ă rester efficace Ă long terme.
10.08.2022 : Depuis la prise de pouvoir des talibans en Afghanistan en aoĂ»t 2021, le paysage mĂ©diatique s'est rĂ©duit de plus d'un tiers, selon une enquĂȘte de Reporters sans frontiĂšres. 39,6 pour cent de tous les mĂ©dias ont Ă©tĂ© fermĂ©s. 59,7 pour cent des professionnels des mĂ©dias ne travaillent plus dans leur mĂ©tier. Les femmes journalistes sont particuliĂšrement touchĂ©es. Les trois quarts d'entre elles se sont retrouvĂ©es au chĂŽmage ; dans onze provinces, il n'y a plus du tout de femmes travaillant dans les mĂ©dias. Les talibans ont promulguĂ© de nombreuses lois qui restreignent la libertĂ© de la presse et favorisent la persĂ©cution et l'intimidation des mĂ©dias et des journalistes. Cela a entraĂźnĂ© une augmentation de la censure et de l'autocensure, ainsi qu'une vague d'arrestations arbitraires de professionnels des mĂ©dias. Depuis le 15 aoĂ»t 2021, au moins 80 journalistes ont Ă©tĂ© interpellĂ©s pour des durĂ©es variables et parfois de maniĂšre trĂšs brutale.
27.07.2022 : Dans un communiquĂ© de presse, Amnesty International (AI) attire l'attention sur son nouveau rapport intitulĂ© Death in Slow Motion : Women and Girls Under Taliban Rule. Depuis la prise de pouvoir des talibans en aoĂ»t 2021, les droits des femmes et des jeunes filles Ă la formation, au travail et Ă la libertĂ© de mouvement ont Ă©tĂ© de plus en plus restreints. Selon AI, les femmes qui ont protestĂ© pacifiquement contre ces rĂšgles rĂ©pressives ont Ă©tĂ© menacĂ©es, arrĂȘtĂ©es, emprisonnĂ©es et torturĂ©es. « Moins dâun an aprĂšs que les talibans ont pris le pouvoir en Afghanistan, leurs politiques draconiennes privent des millions de femmes et de jeunes filles de leur droit de mener une vie libre et Ă©panouissante », dĂ©clare AgnĂšs Callamard, secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale dâAmnesty International. « Ces politiques forment un systĂšme rĂ©pressif qui introduit des discriminations Ă lâĂ©gard des femmes et des filles dans presque toutes les facettes de leur vie. Chaque dĂ©tail de leur quotidien â si elles peuvent aller Ă lâĂ©cole, si et comment elles travaillent, si et comment elles sortent de chez elles â est contrĂŽlĂ© et soumis Ă dâimportantes restrictions ». Cette oppression impitoyable de la population fĂ©minine afghane s'aggrave de jour en jour. La communautĂ© internationale doit insister de toute urgence pour que les talibans respectent et protĂšgent les droits des femmes et des filles.
Des recherches menĂ©es par Amnesty International ont rĂ©vĂ©lĂ© que le nombre de mariages d'enfants, de mariages prĂ©coces et de mariages forcĂ©s ne cesse d'augmenter en Afghanistan sous le rĂšgne des talibans. La crise Ă©conomique et humanitaire, lâabsence dâopportunitĂ©s sur le plan scolaire et professionnel pour les femmes et les jeunes filles, la pression des familles pour Ă©pouser des membres des talibans, ainsi que celle exercĂ©e par les membres des talibans sur les femmes et les filles pour qu'elles les Ă©pousent sont les principaux facteurs de cette augmentation.
21.07.2022 : En juillet, l'ONU a publiĂ© son premier rapport sur la situation des droits humains en Afghanistan depuis la prise de pouvoir des talibans. Il y est documentĂ© 237 assassinats qualifiĂ©s d'exĂ©cutions, comme le rapporte le TAZ. 160 d'entre eux concerneraient d'anciens membres des forces armĂ©es ou de l'appareil d'Ătat du gouvernement prĂ©cĂ©dent, les 77 autres des membres supposĂ©s ou rĂ©els de la branche afghane de l'Ătat islamique ou de nouveaux groupes armĂ©s anti-talibans. A cela s'ajouteraient plusieurs centaines de cas « d' arrestations arbitraires » ou de dĂ©tention sans contact avec le monde extĂ©rieur, 185 cas de torture et de mauvais traitements - dont ceux infligĂ©s Ă des journalistes et Ă des dĂ©fenseurs des droits humains, 118 cas de violence excessive de la part de la police talibane et 217 cas de « punition cruelle, inhumaine ou dĂ©gradante », la plupart du temps pour des dĂ©lits contre la morale talibane. L'ONU indique que les cas citĂ©s sont des « allĂ©gations » qu'elle considĂšre comme crĂ©dibles sur la base de ses sources.
La direction générale de la sécurité (les services secrets des talibans) et le « ministÚre de la promotion de la vertu et de la prévention du vice », qualifié de « police morale », sont notamment tenus pour responsables de nombreuses exactions. L'ONU fait remarquer qu'il y a un « manque de clarté » en ce qui concerne le cadre juridique en vigueur et que les talibans le laissent « apparemment délibérément vague ». L'ONU fait également remarquer que la situation des droits humains est « aggravée par la crise économique, financiÚre et humanitaire d'une ampleur sans précédent qui touche l'ensemble du pays ».
02.07.2022 : La premiĂšre grande assemblĂ©e des talibans au pouvoir en Afghanistan s'est achevĂ©e sans progrĂšs notable en matiĂšre de droits des femmes ou de participation politique, rapporte la SRF. Selon le journal taz, les talibans ont convoquĂ© du 30 juin au 2 juillet prĂšs de 5000 religieux supĂ©rieurs, anciens de tribus et hommes d'affaires de tout le pays - tous des hommes. Ils auraient Ă©tĂ© choisis par les administrations talibanes dans les provinces et les districts. Le chef des talibans, Haibatullah Achundsada, aurait Ă©tĂ© amenĂ© par hĂ©licoptĂšre. A son arrivĂ©e, les personnes prĂ©sentes lui auraient renouvelĂ© leur serment d'allĂ©geance en levant la main, l'amir-ul-momenin, "chef des croyants" et de l'Ă©mirat islamique des talibans. Dans la dĂ©claration finale de samedi, il Ă©tait principalement question de la reconnaissance du gouvernement taliban et de la dĂ©monstration de la dĂ©votion envers le chef suprĂȘme Achundsada. La communautĂ© internationale a en outre Ă©tĂ© appelĂ©e Ă reconnaĂźtre le gouvernement taliban et Ă dĂ©bloquer les comptes gelĂ©s contenant des fonds publics. Achundsada aurait annoncĂ© vouloir imposer la loi de Dieu en Afghanistan, mĂȘme si le monde s'attaquait aux talibans avec une bombe atomique. Jusqu'Ă prĂ©sent, aucun pays n'a reconnu le rĂ©gime des talibans.
22.06.2022 : Un double tremblement de terre important a secouĂ© le sud-est de l'Afghanistan. Thomas Ruttig, expert de l'Afghanistan, commente l'Ă©vĂ©nement dans le taz : « Comme si le rĂ©gime rĂ©pressif des talibans, la crise Ă©conomique alimentĂ©e par les sanctions occidentales et les nouvelles attaques terroristes de « l'Ătat islamique » ne suffisaient pas : dĂ©sormais, une grave catastrophe naturelle vient Ă©galement compliquer la situation des habitant-e-s d'Afghanistan ». Selon le vice-ministre taliban de la protection civile, Sharafuddin Muslim, au moins 920 personnes ont perdu la vie et 600 autres ont Ă©tĂ© blessĂ©es. D'autres autoritĂ©s ont parlĂ© d'au moins 1 000 morts. Un ancien collaborateur afghan de l'ONU, que le taz a pu joindre dans la province touchĂ©e, a rapportĂ© : "Le nombre de victimes augmente chaque minute. De nombreuses maisons sont dĂ©truites. Des hĂ©licoptĂšres talibans du ministĂšre de la DĂ©fense sont arrivĂ©s, mais les opĂ©rations de sauvetage ne dĂ©marrent que lentement".
08.06.2022 : Des journalistes du Washington Post ont reçu l'autorisation des talibans de se rendre dans la province du Panjshir et relatent dans leur article les combats permanents entre les talibans et les groupes d'opposition. Les représentants des talibans nieraient que des violences se produisent dans la vallée du Panjshir, bien que des milliers de troupes des talibans soient visibles dans toute la vallée. Les habitant-e-s rapportent que les attaques contre les positions des talibans sont monnaie courante, que des dizaines de personnes ont été tuées et que des civils ont été détenus lors d'arrestations à grande échelle. Les affrontements au Panjshir ne constituent pas une menace immédiate pour le contrÎle des talibans sur la province ou sur l'ensemble du pays, mais la résistance violente au Panjshir sape des déclarations importantes qui légitiment les talibans : leur rÚgne a apporté la paix en Afghanistan et leurs combattants sont capables de maintenir la sécurité.
22.05.2022 : Une nouvelle rÚgle des talibans impose aux femmes journalistes de télévision en Afghanistan de ne se présenter devant les caméras qu'avec le visage voilé. Ainsi, selon ZDF, la chaßne afghane Tolonews serait contrainte de transférer ou de licencier toutes les journalistes féminines qui, comme c'était l'usage jusqu'à présent, n'apparaissent qu'avec un foulard. « Nous avons alors été obligées de nous couvrir la bouche et le nez », a déclaré la présentatrice Sonja Niasi. En solidarité avec les présentatrices, les journalistes masculins et les employés de Tolonews portaient également des masques faciaux dans les bureaux, a rapporté un correspondant de l'AFP.
19.05.2022 : En Afghanistan, la Commission indépendante des droits de l'homme (AIHRC) a été dissoute par les talibans. Elle n'est « pas considérée comme nécessaire », a déclaré à l'AFP le porte-parole adjoint du gouvernement, Inamullah Samangani. « Nous avons plusieurs autres organisations pour des activités liées aux droits de l'homme ». La Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, a parlé d'un « grave recul » pour la société civile afghane.
09.05.2022 : Comme prochaine Ă©tape dans leur volontĂ© de prendre le contrĂŽle total de la sociĂ©tĂ© afghane, les talibans afghans ont ordonnĂ© le 7 mai 2022 que toutes les femmes (Ă l'exception des enfants et des personnes ĂągĂ©es) doivent dĂ©sormais se voiler en public, rapporte la SRF. Thomas Ruttig, expert de l'Afghanistan, commente Ă©galement le "dĂ©cret sur la burqa" sur son blog. Selon lui, la directive contient des sanctions en cas de non-respect, qui pourraient Ă©galement s'Ă©tendre aux membres de la famille. Le New York Times fait remarquer que, selon le "ministĂšre de la morale" qui a Ă©laborĂ© la directive, la burqa est le vĂȘtement le plus appropriĂ© Ă cet effet. Mais d'autres formes de hijab seraient Ă©galement acceptables, tant qu'ils couvrent le visage, les cheveux et le corps et qu'ils sont "opaques et suffisamment larges" pour dissimuler les contours du corps.
Tolonews rapporte que, selon un porte-parole du "ministĂšre de la morale", si une femme ne porte pas de hijab, son lieu de rĂ©sidence est d'abord recherchĂ© et son tuteur (pĂšre, frĂšre ou mari) est informĂ© et averti. En cas de rĂ©cidive, le tuteur serait emprisonnĂ© pendant trois jours. Si le hijab n'est toujours pas portĂ©, le tuteur devra se prĂ©senter devant le tribunal pour ĂȘtre puni.
03.05.2022 : Selon Alarabiya News, dans la ville d'Herat, des officiels talibans ont ordonnĂ© aux moniteurs de conduite de ne plus dĂ©livrer de permis de conduire aux femmes et de ne plus leur donner de leçons de conduite. Une jeune monitrice de conduite qui gĂšre un institut de formation a dĂ©clarĂ© Ă l'AFP que les talibans voulaient s'assurer que la prochaine gĂ©nĂ©ration de femmes n'aurait pas les mĂȘmes chances que leurs mĂšres. Comme pour d'autres dĂ©crets, les talibans auraient donnĂ© ces instructions oralement.
12.04.2022 : Une enquĂȘte d'"Opinion Video" du New York Times intitulĂ©e "The Taliban Promised Them Amnesty. Then They Executed Them" montre que les talibans ont menĂ© une campagne de vengeance contre d'anciens alliĂ©s des Etats-Unis et du gouvernement afghan, alors qu'ils avaient annoncĂ© une amnistie gĂ©nĂ©rale pour les anciens collaborateurs du gouvernement et les membres des forces de sĂ©curitĂ©. Pour certains, ils ont mĂȘme Ă©crit des dĂ©clarations de garantie selon lesquelles les talibans ne se vengeraient pas sur eux. La vidĂ©o du NY-Times, basĂ©e sur une enquĂȘte de sept mois, montre toutefois que prĂšs de 500 anciens employĂ©s du gouvernement et membres des forces de sĂ©curitĂ© afghanes ont Ă©tĂ© tuĂ©s ou ont disparu au cours des six premiers mois du rĂšgne des talibans. Rien que dans la province de Baghlan, l'Ă©quipe d'"Opinion Video" a constatĂ© 86 homicides et 114 personnes disparues ont Ă©tĂ© identifiĂ©es dans la province de Kandahar. Selon "Opinion Video", les meurtres par vengeance sont trĂšs rĂ©pandus et concernent toutes les rĂ©gions du pays. Les images prĂ©sentĂ©es sont profondĂ©ment dĂ©rangeantes. Mais elles illustrent les dangers auxquels sont toujours exposĂ©s les prĂ©tendus "critiques* et opposants*" aux talibans
04.04.2022 : La Deutsche Welle rapporte comment les talibans imposeraient leur ligne dure Ă©galement dans la politique mĂ©diatique. La prise de pouvoir des talibans aurait des consĂ©quences radicales pour les mĂ©dias nationaux. Selon Reporters sans frontiĂšres, 230 entreprises de mĂ©dias ont Ă©tĂ© contraintes de fermer rien qu'au cours des quatre premiers mois de la prise de pouvoir des talibans - 6400 journalistes auraient perdu leur emploi. Cela n'est toutefois pas uniquement dĂ» Ă la politique restrictive des talibans, mais aussi au manque de financement, explique Thomas Ruttig, cofondateur du think tank indĂ©pendant Afghanistan Analysts Network. Selon les directives des talibans, les journalistes doivent tenir compte des "intĂ©rĂȘts nationaux, des valeurs islamiques et de l'unitĂ© nationale". Des directives supplĂ©mentaires peu claires ont conduit Ă l'autocensure. Dans certaines provinces, les talibans auraient dĂ©clarĂ© que les femmes pouvaient travailler pour des stations de radio. Mais si une voix fĂ©minine se fait entendre dans le programme, les Ă©missions sont interrompues, selon Reporters sans frontiĂšres.
28.03.2022: Comme l'ont rapporté le Zeit et d'autres médias, les talibans restreignent encore les droits des femmes afghanes. Désormais, elles ne peuvent plus monter seules à bord d'un avion et les agences de voyage ne leur délivrent plus de billets. Selon des employé-e-s des compagnies aériennes afghanes Ariana Afghan et Kam Air, ces derniÚres auraient reçu l'ordre de ne plus laisser monter à bord les femmes voyageant seules. Les femmes ne pourraient plus monter à bord d'un avion qu'en compagnie d'un homme de leur entourage. Deux agences de voyage ont confirmé à l'AFP qu'elles ne devaient plus émettre de billets pour les femmes voyageant seules.
28.03.2022 : Des sources indiquent à Reuters que les talibans ont ordonné à tous les employé-e-s du gouvernement de porter la barbe et de se conformer au code vestimentaire. Dans le cas contraire, ils seraient menacés de licenciement. Des représentants du ministÚre de la propagation de la vertu et de la prévention du vice patrouilleraient à l'entrée des bureaux du gouvernement afin de vérifier si les employés se conforment aux nouvelles rÚgles.
23.03.2022 : Selon le TAZ, les talibans seraient revenus à la derniÚre minute sur leur promesse antérieure d'autoriser les écoliÚres à retourner en classe à partir de la septiÚme année. La réouverture nationale des écoles secondaires et des lycées pour les filles, annoncée pour mercredi, aurait été stoppée à la derniÚre minute - les raisons de cette décision ne sont pas claires.
16.03.2022 : Plusieurs mĂ©dias, dont le Huffington Post, rapportent que les talibans ont lancĂ© une campagne de perquisitions Ă Kaboul et dans d'autres villes afghanes au cours des derniĂšres semaines. Un porte-parole des talibans les dĂ©crit comme une "opĂ©ration de nettoyage" visant Ă rechercher des armes et des criminels. Des milliers d'Afghan-e-s craignent toutefois d'ĂȘtre poursuivi-e-s en raison de leurs liens avec l'ancien gouvernement ou avec les forces internationales. Les observatrices-teurs estiment que les talibans auraient profitĂ© du fait que l'attention du monde entier est tournĂ©e vers l'Ukraine. Les talibans auraient dĂ©sormais commencĂ© des perquisitions de masse et des personnes seraient enlevĂ©es.
07.03.2022 : Selon une enquĂȘte de Human Rights Watch, les talibans exercent une censure et une violence Ă©tendues contre les mĂ©dias afghans dans les centres des districts et des provinces, et limitent drastiquement les reportages critiques en Afghanistan. Les journalistes rapportent avoir Ă©tĂ© menacĂ©-e-s, dĂ©tenu-e-s et battu-e-s par les talibans. De nombreuses et nombreux journalistes se voient contraints de s'autocensurer et de ne rapporter que les dĂ©clarations des talibans et les Ă©vĂ©nements officiels. Les femmes journalistes ont subi les plus fortes rĂ©pressions. Selon Fereshta Abbasi, chercheuse sur l'Afghanistan Ă Human Rights Watch, le harcĂšlement et les attaques des talibans contre les journalistes sont passĂ©s largement inaperçus en dehors des grandes zones urbaines, ce qui a incitĂ© les mĂ©dias des provinces reculĂ©es Ă s'autocensurer ou Ă fermer complĂštement leurs portes.
28.2.2022 : La Deutsche Welle rapporte comment les personnes en situation d'handicap souffrent particuliĂšrement de la pĂ©nurie actuelle de soins en Afghanistan. Le travail des organisations nationales et internationales pour les personnes en situation d'handicap continue d'ĂȘtre entravĂ© par les talibans. Les jeunes femmes et les filles sont particuliĂšrement sous pression. L'Afghanistan a l'un des taux les plus Ă©levĂ©s de personnes en situation d'handicap au monde. Selon une Ă©tude de l'Asia Foundation, en 2020, 80 pour cent des adultes et 17,3 pour cent des enfants du pays vivaient avec une forme quelconque de handicap. Plus de 40 ans de guerre auraient laissĂ© plus d'un million d'Afghan-e-s avec des membres amputĂ©s et d'autres restrictions de mobilitĂ©, de vision ou d'audition.
11.02.2022 : Le UNHCR publie sa position sur le besoin de protection internationale pour les personnes fuyant l'Afghanistan. Sur la base des rapports disponibles sur les violations des droits humains, l'organisation s'inquiÚte que les récents développements en Afghanistan conduisent à un besoin de protection accru pour les personnes fuyant l'Afghanistan. Les personnes qui ont quitté le pays en raison de leur sexe, de leur orientation sexuelle, de leur religion, de leur appartenance ethnique ou de leur activité professionnelle sont particuliÚrement concernées. Leurs proches seraient également particuliÚrement menacés.
Le UNHCR continue d'exhorter les Ătats qui ont accueilli des rĂ©fugiĂ©-e-s afghan-e-s Ă faciliter et Ă accĂ©lĂ©rer les procĂ©dures de regroupement familial pour les membres de la famille restĂ©-e-s en Afghanistan ou pour les personnes dĂ©placĂ©es dans la rĂ©gion. Les retours forcĂ©s en Afghanistan doivent continuer Ă ĂȘtre suspendus.
09.02.2022 : Une porte-parole de l'ONU confirme à l'agence de presse Keystone-SDA qu'une délégation de talibans s'est rendue à GenÚve. La NZZ rapporte que les talibans ont participé à une conférence consacrée à l'aide humanitaire en Afghanistan. Cette conférence a été organisée par l'ONG Geneva Call, active depuis des années en Afghanistan. Des discussions avec le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) sont également prévues à GenÚve.
09.02.2022 : Le journaliste musical afghan Hamid Ehsan raconte sur BR Klassik comment les compositrices-teurs de musique doivent lutter pour survivre en Afghanistan depuis la prise de pouvoir. Les talibans auraient interdit toute musique, les studios d'enregistrement auraient été dévastés et les instruments brûlés. Les musicien-ne-s doivent depuis craindre pour leur vie.
26.01.2022 : L'Afghanistan Analysts Network analyse l'accÚs à l'éducation depuis la prise de pouvoir des talibans et compare l'accÚs à l'éducation avant et aprÚs leur prise de pouvoir. Sur la base d'entretiens menés dans 40 districts, l'AAN constate notamment les tendances suivantes :
- lĂ oĂč il y avait des Ă©coles, la plupart des personnes interrogĂ©es ont rapportĂ© que les garçons pouvaient aller Ă l'Ă©cole jusqu'en 12e annĂ©e et les filles jusqu'en 6e annĂ©e ;
- lĂ oĂč l'Ă©ducation Ă©tait dĂ©jĂ quasi inexistante ou limitĂ©e aux classes infĂ©rieures ou aux garçons, la situation n'a pas changĂ© ;
- dans certains secteurs, la qualité de l'enseignement s'est détériorée, avec moins de classes proposées ou des enseignants qui ne viennent pas travailler ;
- dans de grandes parties du Nord, des écoles, y compris des écoles secondaires pour filles, sont restées ouvertes ou ont été rapidement rouvertes, bien que des problÚmes de qualité et/ou de présence soient apparus dans certaines régions.
26.01.2022 : Human Rights Watch décrit dans un nouveau rapport la situation de plus en plus désespérée des personnes LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres ainsi que les personnes qui ne correspondent pas aux normes rigides de genre) en Afghanistan. Sous le rÚgne des talibans, elles seraient exposées à de graves menaces pour leur sécurité et leur vie. Le rapport se base sur 60 entretiens avec des personnes concernées. Nombre d'entre elles racontent que des membres des talibans les ont attaquées ou menacées en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. D'autres signalent des abus commis par des membres de la famille, des voisin-e-s et des partenaires amoureuses-x qui soutiennent désormais les talibans ou qui ont cru devoir agir contre les personnes LGBTI qui leur sont proches pour assurer leur propre sécurité.
25.01.2022 : La Deutsche Welle rapporte les discussions entre les diplomates occidentales-aux et les talibans Ă Oslo au dĂ©but de cette semaine. Les autoritĂ©s norvĂ©giennes auraient dĂ©clarĂ© que les discussions internationales avec les talibans n'Ă©taient pas synonymes de lĂ©gitimation de ces derniers. Les activistes afghan-e-s des droits humains ont critiquĂ© la dĂ©cision de la NorvĂšge d'entamer des discussions avec les talibans. Les talibans eux-mĂȘmes considĂšrent ces discussions comme une "Ă©tape vers la lĂ©gitimation du gouvernement afghan", selon un porte-parole des talibans.
La Deutsche Welle parle d'un dilemme pour les gouvernements occidentaux : d'une part, ceux-ci accuseraient les talibans de violations des droits humains, d'autre part, la crise humanitaire sans prĂ©cĂ©dent exigerait une collaboration avec le groupe islamiste fondamentaliste. DĂ©but janvier, les lâONU a lancĂ© le plus grand appel Ă l'aide humanitaire jamais lancĂ© pour un seul pays, dĂ©clarant avoir besoin de 4,4 milliards de dollars (3,9 milliards d'euros) pour l'Afghanistan afin dâempĂȘcher lâaggravation de la crise humanitaire.
17.1.2022 : L'Afghanistan Analysts Network (ANN) dĂ©crit les attaques meurtriĂšres contre la communautĂ© chiite hazara dans l'ouest de Kaboul, en particulier dans le quartier de Dasht-e Barchi. MĂȘme aprĂšs la prise de pouvoir des talibans, ce quartier reste le théùtre d'attentats et d'attaques Ă la bombe contre les Hazaras chiites. L'AAN parle d'un nouveau cycle d'attentats qui a renforcĂ© la peur de la population. Certains ont dĂ©cidĂ© de quitter Kaboul pour s'installer dans des zones rurales, d'autres n'osent plus sortir de chez eux.
16.01.2022 : Selon l'AFP, lors d'une manifestation pour le droit au travail et à l'éducation des femmes à Kaboul, les talibans auraient utilisé des sprays au poivre contre plusieurs des quelque vingt participantes. Le correspondant de l'AFP a également vu les talibans confisquer le téléphone portable d'un homme alors qu'il filmait la manifestation. Les manifestations non autorisées sont interdites en Afghanistan depuis la prise de pouvoir en août.
14.01.2022 : Thomas Ruttig, expert de l'Afghanistan, publie sur son blog un article sur les premiÚres tensions des talibans avec le Tadjikistan, l'Ouzbékistan et l'Iran. Les relations avec le Pakistan, soutien régional des talibans, ne seraient pas non plus infaillibles. Début janvier, les talibans auraient abattu des clÎtures frontaliÚres qui, selon eux, avaient été érigées par les Pakistanais-e-s sur le territoire afghan. De plus, depuis décembre, des tirs ont eu lieu sur plusieurs tronçons de la frontiÚre pakistanaise, longue de 2640 kilomÚtres, non reconnue par l'Afghanistan et non balisée.
10.02.2022 : Le Bureau européen d'appui en matiÚre d'asile (EASO) a publié hier un rapport contenant des informations sur l'Afghanistan. Ce rapport traite des développements survenus depuis la prise de pouvoir des talibans le 15 août 2021, notamment de la formation du gouvernement de transition et de l'incertitude de la population quant à l'application, variable selon les provinces, des décrets récemment promulgués ou des rÚgles imposées localement. L'EASO aborde également la situation de groupes particuliÚrement menacés, comme les femmes, les journalistes, les ancien-ne-s membres des forces armées afghanes et la minorité ethnique des Hazara. La violence liée à la résistance contre les talibans et la détérioration de la situation humanitaire de l'ensemble de la population sont également abordées.
08.01.2022 : Le journal Die Zeit rapporte que les talibans ont arrĂȘtĂ© Faisullah Jalal, professeur Ă l'universitĂ© de Kaboul. Djalal s'Ă©tait auparavant fait connaĂźtre dans tout le pays en critiquant publiquement le rĂ©gime, dĂ©nonçant lors d'un dĂ©bat tĂ©lĂ©visĂ© le fait que les talibans rĂ©primaient leurs dĂ©tractrices et dĂ©tracteurs. Djalal a qualifiĂ© le porte-parole des talibans, qui participait Ă©galement au dĂ©bat, de « veau ». Il s'agit d'une grave insulte en Afghanistan. L'arrestation de Daschalal a Ă©tĂ© confirmĂ©e par sa femme et par les talibans eux-mĂȘmes sur les mĂ©dias sociaux.
07.01.2022 : Selon le Guardian, les femmes des provinces de Balkh et de Herat n'ont plus le droit de se rendre dans les bains publics. L'utilisation de ces bains ou hammams est une tradition ancienne qui représente pour de nombreuses personnes la seule possibilité de se laver au chaud pendant les hivers trÚs froids. Les femmes qui utilisent réguliÚrement les bains publics pour la purification rituelle prescrite par la loi islamique voient dans cette interdiction un nouvel exemple de la violation de leurs droits fondamentaux par les talibans. Elles craignent que l'interdiction ne soit étendue à d'autres régions du pays.
26.12.2021 : Selon une nouvelle rĂšglementation du ministĂšre pour la promotion de la vertu et la prĂ©vention du vice, les femmes ne peuvent se dĂ©placer sur de longs trajets qu'en compagnie d'un proche parent masculin, rapporte la Deutsche Welle. Elles devraient en outre porter un hijab, sinon il serait interdit de les emmener. L'ordonnance ne prĂ©cise pas Ă quoi doit ressembler le hijab. Les talibans entendent gĂ©nĂ©ralement par lĂ un voile allant de la tĂȘte aux pieds. Cette nouvelle rĂšglementation demande en outre aux gens de ne plus Ă©couter de musique dans leurs vĂ©hicules et de faire des pauses pour prier.
25.12.2021 : La Deutsche Welle rapporte que les talibans ont dissous la Commission électorale indépendante (CEI) et la Commission des plaintes électorales. Un porte-parole du gouvernement taliban à Kaboul aurait déclaré qu'il n'y avait pas besoin de ces organes. Selon lui, les ministÚres de la Paix et des Affaires parlementaires ont également été récemment supprimés.
22.12.2021 : Le Conseil Européen pour les Réfugiés et Exilés (ECRE) publie une compilation d'informations sur les programmes d'évacuation, les possibilités de protection et l'accÚs à l'asile en Europe pour les Afghans-e-s depuis août 2021. L'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR) est membre d'ECRE et a contribué au rapport avec des informations spécifiques sur la Suisse. En outre, ECRE publie une note d'orientation qui analyse les pratiques et les réponses politiques des pays européens à la situation en Afghanistan. L'accent est mis sur l'accÚs à la protection en Europe, les évacuations, la réinstallation et les voies sûres vers l'Europe.
21.12.2021 : Dans le journal Die Zeit, une journaliste afghane qui vit toujours en Afghanistan dĂ©crit comment les femmes ont Ă©tĂ© abandonnĂ©es Ă leur sort en Afghanistan. Lorsque les talibans sont arrivĂ©s dans la province de Bamyian, les refuges pour femmes ont dĂ» fermer. Les femmes victimes de violence familiale et sociale extrĂȘme y avaient trouvĂ© refuge auparavant. La plupart d'entre elles Ă©taient dĂ©jĂ en trĂšs mauvaise santĂ© mentale avant l'arrivĂ©e des talibans. Lorsque les talibans se sont emparĂ©s de la province, il ne restait que quelques heures pour trouver des proches de ces femmes suffisamment dignes de confiance pour qu'on puisse leur demander en toute bonne conscience de les accueillir. Mais pour la plupart d'entre elles, il n'y avait pas d'endroit sĂ»r. Les habitantes sont retournĂ©es chez leurs maris violents - ou sont portĂ©es disparues.
15.12.2021 : Dans son nouveau rapport « No Escape : War Crimes and Civilian Harm During The Of Afghanistan To The Taliban », Amnesty International documente des cas de torture, d'exécutions extrajudiciaires et d'homicides perpétrés par les talibans. Mais les talibans ne sont pas les seuls responsables de la grande souffrance de la population civile : des civils auraient également été tués lors d'interventions de l'armée américaine et des forces armées afghanes.
13.12.2021 : La commissaire europĂ©enne aux affaires intĂ©rieures Ylva Johansson annonce que 15 Ătats membres de l'UE se sont dĂ©clarĂ©s prĂȘts Ă accorder une protection Ă environ de 40 000 personnes rĂ©fugiĂ©es afghanes. L'OSAR salue cette dĂ©cision dans un communiquĂ© de presse et demande que la Suisse participe aussi Ă cet effort et mette Ă disposition un contingent supplĂ©mentaire de places de rĂ©installation.
13.12.2021 : Dans le cadre d'un nouveau projet de recherche intitulĂ© « Living in a collapsed economy », l'Afghanistan Analysts Network (AAN) montre quelle est la situation dans les foyers afghans dans cinq provinces diffĂ©rentes. Pour de nombreuses familles avec lesquelles AAN s'est entretenue, la situation Ă©conomique Ă©tait dĂ©jĂ prĂ©caire avant le rĂ©cent effondrement Ă©conomique. La plupart d'entre elles se trouvent dans une Ă©conomie privĂ©e pratiquement sans argent. Les interviews montrent Ă©galement que les maladies ont souvent d'Ă©normes consĂ©quences financiĂšres. Ce qui est particuliĂšrement frappant dans les entretiens, c'est le manque quasi total d'options, mĂȘme pour ceux qui s'en sortaient relativement bien par le passĂ©. L'image globale donne un sombre mĂ©lange de rĂ©silience, de dĂ©termination et d'Ă©puisement.
08.12.2021 : Dans un court reportage vidéo, la Deutsche Welle montre comment des Afghan-e-s tentent de passer en Iran avec l'aide de passeurs. Chaque jour, environ 5000 personnes traverseraient la frontiÚre. Le voyage est dangereux, beaucoup sont déportés de l'Iran vers l'Afghanistan.
03.12.2021 : Selon le Spiegel, les talibans ont publiĂ© un nouveau dĂ©cret sur les droits des femmes. Selon ce dĂ©cret, il serait interdit de forcer les femmes non mariĂ©es ou les veuves Ă se marier. «Mais cela nâen fait pas pour autant des fĂ©ministes, loin de là », prĂ©cise le Spiegel, car depuis leur prise de pouvoir en aoĂ»t, les talibans ont de nouveau considĂ©rablement restreint les droits des femmes. Ainsi, de nombreuses femmes ne peuvent plus exercer leur travail, les filles se voient refuser l'accĂšs aux Ă©coles secondaires et les protestations des militantes sont violemment rĂ©primĂ©es. En outre, depuis novembre, aucun film ou sĂ©rie mettant en scĂšne des femmes ne peut ĂȘtre diffusĂ©. Tous ces points ne sont pas abordĂ©s dans le nouveau dĂ©cret.
02.12.2021 : SRF rapporte que la commission d'accréditation de l'ONU a refusé d'accréditer les représentants des talibans en tant qu'ambassadeurs de l'ONU. Les représentants du gouvernement précédent d'Ashraf Ghani conserveraient leur position. Une reconnaissance aurait été importante pour les talibans, car par la suite, de nombreux pays auraient accepté les talibans comme représentants légitimes de l'Afghanistan. Ce refus rend une reconnaissance internationale difficile.
01.12.2021 : Le HCR exprime sa profonde inquiétude face aux dangers croissants auxquels sont confrontés les Afghan-e-s qui tentent de fuir vers les pays voisins. Les frontiÚres avec le Pakistan et l'Iran sont fermées aux Afghan-e-s qui ne disposent pas des documents nécessaires. Les frontiÚres avec le Tadjikistan et l'Ouzbékistan sont complÚtement fermées. De nombreuses personnes afghanes entrées en Iran affirment avoir eu recours à des passeurs et avoir été exposées à de grands risques. En outre, depuis le mois d'août, un nombre croissant d'Afghan-e-s ont été expulsé-e-s du Pakistan, de l'Iran et du Tadjikistan. Le HCR appelle tous les pays à maintenir leurs frontiÚres ouvertes pour les personnes qui ont besoin d'une protection internationale.
30.11.2021 : Selon Human Rights Watch (HRW), depuis leur prise de pouvoir en Afghanistan, les talibans ont exécuté de force ou fait disparaßtre plus de 100 anciens fonctionnaires de la police et des services secrets dans quatre provinces seulement, malgré l'amnistie annoncée. Dans son rapport intitulé « No Forgiveness for People Like You,' Executions and Enforced Disappearances in Afghanistan under the Taliban », HRW documente les exécutions ou les disparitions de 47 anciens membres des forces de sécurité nationale afghanes - militaires, policiers, agents de renseignement et miliciens - qui se sont rendus aux talibans ou ont été appréhendés par eux entre le 15 août et le 31 octobre 2021. HRW a recueilli des informations fiables sur plus de 100 homicides dans les seules provinces de Ghazni, Helmand, Kandahar et Kunduz.
28.11.2021 : SRF rapporte que le chef du gouvernement taliban en place, le mollah Mohammed Hassan Achund, s'est adressĂ© pour la premiĂšre fois au peuple afghan dans un message audio le 27 novembre. Il y aurait soulignĂ© que les talibans ont tenu leurs promesses en poursuivant leur lutte contre les forces Ă©trangĂšres jusqu'Ă la mise en place d'un gouvernement islamique et la stabilisation du pays. Il a affirmĂ© que la famine, le chĂŽmage et la hausse des prix Ă©taient dĂ©jĂ des problĂšmes avant la prise de pouvoir par les talibans. Selon lui, la crise Ă©conomique pourrait ĂȘtre rĂ©solue si environ neuf milliards de dollars des rĂ©serves de la banque centrale afghane, bloquĂ©es depuis la prise de pouvoir des talibans, Ă©taient dĂ©bloquĂ©s.
22.11.2021 : Selon le directeur des opĂ©rations du ComitĂ© international de la Croix-Rouge (CICR), qui revient dâune visite de six jours en Afghanistan, la situation dans ce pays est catastrophique et ne fait quâempirer. Selon le CICR, cette situation est dâautant plus exaspĂ©rante quâelle pourrait en partie ĂȘtre Ă©vitĂ©e si la communautĂ© internationale dĂ©cidait de sâengager et de fournir lâaide humanitaire nĂ©cessaire pour Ă©viter un effondrement des services essentiels comme les soins de santĂ© et lâĂ©ducation. Les sanctions Ă©conomiques destinĂ©es Ă punir les talibans touchent des millions dâAfghans et les privent des produits de base dont ils ont besoin pour survivre. Avant mĂȘme lâarrivĂ©e de lâhiver, le pays fait dĂ©jĂ face Ă une grave crise alimentaire. La malnutrition est aggravĂ©e par la sĂ©cheresse, les mauvaise rĂ©coltes et lâeffondrement Ă©conomique. Ce sont les enfants qui en souffrent le plus.
Selon la BBC, le gouvernement taliban a envoyĂ© un ensemble de directives aux chaines de tĂ©lĂ©vision afghanes. Celles-ci comportent huit nouvelles rĂšgles, parmi lesquelles figurent lâinterdiction pour les femmes dâapparaitre dans des sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es, mais Ă©galement lâordre pour les femmes journalistes et les prĂ©sentatrices de porter le foulard Ă lâĂ©cran. Selon le membre dâune organisation qui reprĂ©sente les journalistes en Afghanistan, interrogĂ© par la BBC, ces nouvelles restrictions, inattendues, vont compliquer davantage le travail des journalistes et certains radiodiffuseurs pourraient ĂȘtre contraints de fermer.
12.11.2021 : La directrice gĂ©nĂ©rale de lâUNICEF, Henrietta Fore, sâalarme des informations qui font Ă©tat dâune augmentation du nombre de mariage prĂ©coce de filles en Afghanistan. LâUNICEF estime que 28 pourcents des femmes afghanes ĂągĂ©es de 15 Ă 49 ans sont mariĂ©s avant dâatteindre lâĂąge de 18 ans. La situation des familles afghanes sâest considĂ©rablement dĂ©gradĂ©e en raison de la crise Ă©conomique, de la pandĂ©mie Covid-19 et de lâarrivĂ©e de lâhiver. Parmi les familles les plus pauvres, certaines sont tellement dĂ©sespĂ©rĂ©es quâelles font le choix de faire travailler leurs enfants ou de marier les filles Ă un trĂšs jeune Ăąge. Selon UNICEF, la dĂ©cision des talibans de ne pas autoriser les filles Ă aller Ă lâĂ©cole exacerbe encore la situation et augmente le risque de mariage prĂ©coce.
10.11.2021 : Sur son blog, l'expert sur l'Afghanistan Thomas Ruttig sâexprime sur la question de savoir si les talibans ont interdit la scolarisation des filles. Il explique que l'on peut y rĂ©pondre globalement par la nĂ©gative. Les talibans n'ont pas encore publiĂ© de directives politiques officielles Ă cet Ă©gard, mais des dĂ©clarations contradictoires ont Ă©tĂ© faites par des reprĂ©sentants individuels des talibans. Les dirigeants talibans des diffĂ©rentes provinces ont interprĂ©tĂ© ces dispositions diffĂ©remment ; dans certaines provinces, mais pas dans toutes, il s'agit d'une interdiction implicite.
09.11.2021 : Reuters rapporte l'augmentation des attaques et des assauts de l'Ătat islamique (EI) en Afghanistan. La violence de l'EI met un terme aux affirmations des talibans selon lesquelles le pays est plus sĂ»r. De nombreux assassinats ciblĂ©s restent inexpliquĂ©s. Certains pourraient ĂȘtre le rĂ©sultat de campagnes de vengeance locales. D'autres rĂ©sultent du conflit de plus en plus ouvert entre les talibans et la ramification locale de l'EI. L'EI a revendiquĂ© certaines des attaques les plus meurtriĂšres de ces derniers mois en Afghanistan, tuant des centaines de personnes, notamment dans les grandes villes. La violence alimente les craintes que l'Afghanistan sombre de plus en plus dans le chaos, voire qu'il retombe dans la guerre civile.
06.11.2021 : Die Zeit rapporte que quatre femmes ont Ă©tĂ© tuĂ©es dans la ville de Mazar-i-Sharif, dans le nord de l'Afghanistan, dont une militante des droits civils. Selon le ministĂšre de l'IntĂ©rieur dirigĂ© par les talibans, deux suspects ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s. Des proches de la militante ont dĂ©clarĂ© qu'elle avait tentĂ© de se rendre en Allemagne via un pays tiers, mais que le contact avec elle avait Ă©tĂ© rompu. Selon France 24, trois sources Ă Mazar-i-Sharif ont rapportĂ© que les femmes avaient reçu un appel tĂ©lĂ©phonique qu'elles pensaient ĂȘtre une invitation Ă un vol d'Ă©vacuation. Elles auraient Ă©tĂ© prises en charge par une voiture, puis retrouvĂ©es mortes plus tard.
02.11.2021 : CNN rapporte que depuis que les Talibans ont pris le pouvoir, de plus en plus de familles afghanes vendent leurs filles à des mariages précoces pour survivre. Ce sont surtout les familles les plus pauvres, souvent déplacées par la guerre et la sécheresse et qui pouvaient auparavant vivre de l'aide humanitaire, d'emprunts à des proches ou de petits boulots, qui seraient contraintes à cette pratique. Avec l'argent ou les biens qu'elles recevaient en échange de leurs enfants, les familles ne pouvaient généralement survivre que quelques mois.
25.10.2021 : Human Rights Watch (HRW) fait Ă©tat d'une augmentation du nombre d'attaques ciblĂ©es et de bombardements menĂ©s par l'Ătat islamique de Khorasan (IS/Daesh) Ă l'encontre de la minoritĂ© chiite d'Afghanistan. HRW mentionne notamment l'attentat suicide commis contre une mosquĂ©e chiite Ă Kunduz le 8 octobre et contre une mosquĂ©e chiite Ă Kandahar le 15 octobre, qui ont causĂ© la mort de 72 et 63 personnes respectivement. Aux yeux de HRW, ces attaques constituent des crimes contre l'humanitĂ©.
Selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies, plus de la moitié de la population afghane, soit 22,8 millions de personnes, souffrira d'insécurité alimentaire aiguë à partir de novembre. C'est ce que révÚle le dernier rapport du Cadre intégré de la classification de la sécurité alimentaire (IPC).
21.10.2021 : Six semaines aprĂšs la fin des Ă©vacuations d'Afghanistan, Amnesty International publie une Ă©tude sur les possibilitĂ©s qui s'offrent encore aux Afghanes et Afghans pour fuir le pays. L'organisation, qui dresse un bilan sombre de la situation, dĂ©plore qu'aucun pays n'ait gardĂ© ses frontiĂšres ouvertes aux Afghanes et Afghans cherchant Ă fuir et appelle tous les Ătats Ă prendre des mesures pour permettre aux personnes de quitter le pays, les exhortant Ă offrir une protection internationale aux Afghanes et Afghans se trouvant dĂ©jĂ sur leur territoire.
20.10.2021 : Dans son blog, Thomas Ruttig, expert sur l'Afghanistan, fait le point sur la situation dans le pays, deux mois aprÚs le retour au pouvoir des talibans : à ses yeux, les talibans n'ont pas encore été en mesure de ramener l'ordre dans le pays. En outre, la faillite économique et la pauvreté guettent l'Afghanistan. Ruttig évoque ainsi le rapport du Fonds monétaire international (FMI), qui estime que l'économie afghane pourrait se contracter de 30 % cette année. Il se fonde également sur le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), qui a averti en septembre que jusqu'à 97 % des Afghanes et Afghans seraient menacés de pauvreté d'ici le milieu de l'année prochaine. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies, 95 pour cent de la population afghane peinent à trouver de quoi manger.
13.10.2021 : Amnesty International (AI) appelle les talibans à accorder à toutes les filles le droit à l'éducation. En septembre, les écoles secondaires ont été rouvertes aux étudiants. Cependant, les étudiantes se verraient en grande partie refuser l'accÚs. L'intimidation, les menaces et la violence des talibans à l'encontre des écoles ont également entraßné une baisse de la fréquentation scolaire dans tout le pays. Les enseignants, eux aussi, se tiennent de plus en plus à l'écart de leur travail par peur.
Selon le Guardian, depuis l'arrivée au pouvoir des talibans, il est devenu beaucoup plus difficile pour les Afghan-e-s souffrant de graves problÚmes de santé de traverser la frontiÚre au Pakistan afin d'obtenir une aide médicale. Auparavant, ces personnes ne rencontraient aucun problÚme pour passer la frontiÚre, alors qu'aujourd'hui elles ne reçoivent pas d'autorisation des talibans, qui les accusent de vouloir quitter le pays. L'accÚs aux soins médicaux est d'autant plus important que les réductions budgétaires des donateurs internationaux ont aggravé le manque d'équipements médicaux. De nombreux médecins ont également fui le pays. Selon l'Organisation mondiale de la santé, le systÚme de santé afghan est au bord de l'effondrement.
12.10.2021: Selon le Tages-Anzeiger, le gouvernement suisse délivre des visas humanitaires à 38 cyclistes. Selon le SEM, la demande d'octroi d'un tel visa a été présentée par l'Union Cycliste Internationale (UCI). Les athlÚtes, dont certain-e-s sont encore mineur-e-s, sont gravement menacé-e-s et vont maintenant faire l'objet d'une procédure d'asile normale.
11.10.2021 : Selon Al-Jazeera, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, reproche aux talibans de ne pas avoir tenu leurs promesses concernant les droits des femmes et des filles. M. Guterres rappelle que lorsque les talibans ont pris le pouvoir en août, ils ont souligné qu'ils feraient respecter leurs droits. Il s'est dit « préoccupé » par le fait que cette promesse n'ait pas été tenue et a appelé les talibans à « honorer leurs promesses envers les femmes et les filles et à se conformer à leurs obligations en vertu du droit international des droits humains et du droit humanitaire. En outre, M. Guterres demande à la communauté internationale de fournir des fonds à l'Afghanistan : c'est le seul moyen d'éviter l'effondrement économique du pays ».
09.10.2021: La BBC rapporte une attaque suicide contre une mosquĂ©e chiite dans la ville de Kunduz pendant les priĂšres du vendredi la semaine derniĂšre. Au moins 50 personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es et 100 autres blessĂ©es dans l'attaque, qui a Ă©tĂ© revendiquĂ©e par le soi-disant « Ătat islamique dans la province de Khorasan ». Ces derniĂšres annĂ©es, le groupe a rĂ©guliĂšrement pris pour cible les chiites, qu'il considĂšre comme des hĂ©rĂ©tiques. L'attaque est la plus meurtriĂšre depuis que les talibans ont pris le pouvoir. Cinq jours auparavant, plusieurs personnes avaient Ă©tĂ© tuĂ©es dans un attentat Ă la bombe contre une mosquĂ©e prĂšs de Kaboul.
07.10.2021 : La radio SRF rapporte que les personnes originaires d'Afghanistan reçoivent difficilement des visas humanitaires. Sur les quelque 7800 demandes reçues par le SEM, dont la majoritĂ© concernait le regroupement familial, seules trois ont reçu une rĂ©ponse positive. Sarah Progin-Theuerkauf, professeur de droit des migrations Ă l'UniversitĂ© de Fribourg, souligne qu'il existe certainement une marge de manĆuvre juridique en matiĂšre de dĂ©livrance de visas humanitaires. En tant qu'Ătat souverain, la Suisse peut dĂ©livrer autant de visas qu'elle le souhaite, a-t-elle dĂ©clarĂ©. L'OSAR demande depuis longtemps la facilitation et l'accĂ©lĂ©ration de la dĂ©livrance des visas humanitaires.
06.10.2021: AprĂšs plusieurs mois d'interruption, les talibans dĂ©livrent Ă nouveau des documents de voyage depuis le 5 octobre, rapporte le Washington Post. En plus des 25 000 passeports qui avaient dĂ©jĂ Ă©tĂ© demandĂ©s et payĂ©s Ă l'avance, les talibans veulent pouvoir dĂ©livrer jusqu'Ă 6000 passeports par jour. Le nom de l'Ătat « RĂ©publique islamique d'Afghanistan » doit rester inchangĂ© aprĂšs la prise de pouvoir des talibans. La reprise du travail dans les bureaux des passeports a entraĂźnĂ© des files d'attente de plusieurs centaines de personnes. Selon les mĂ©dias locaux, au moins 170 000 demandes de passeport ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ©es au cours des deux derniers mois.
05.10.2021 : Amnesty International (AI) accuse les talibans de crimes de guerre. Selon l'organisation de défense des droits humains, les talibans ont tué 13 membres de la minorité hazara dans la province de Deykandi à la fin du mois d'août. Neuf membres des Forces nationales afghanes de défense et de sécurité (ANDSF) ont été exécutés de maniÚre extrajudiciaire par des combattants talibans, alors qu'ils s'étaient rendus. Deux autres anciens agents de sécurité ont été tués alors qu'ils tentaient de s'échapper, selon AI. Deux civils sont également morts dans les tirs croisés. Amnesty International considÚre les exécutions extrajudiciaires comme des crimes de guerre.
02.10.2021 : La Deutsche Welle rapporte la peur de mourir des personnes LGBTQI en Afghanistan. Ils doivent se cacher, garder leur orientation sexuelle strictement secrÚte et la dissimuler. Pour un homme qui a des relations sexuelles avec un autre homme, il n'y a que deux punitions possibles, déclarait un juge taliban quelques semaines avant la prise de pouvoir : « Soit la lapidation, soit il doit se tenir derriÚre un mur qui lui tombe dessus. Le mur doit avoir une hauteur de deux mÚtres et demi à trois mÚtres. »
01.10.2021 : Selon Human Rights Watch, 32 journalistes et professionnel-le-s des médias ont été temporairement détenu-e-s depuis que les talibans ont pris le pouvoir. La plupart d'entre eux ont été libérés aprÚs avoir reçu un avertissement sur leur reportage. Certains ont déclaré avoir été battus. Outre ces arrestations, le service de renseignement des talibans a convoqué des journalistes et les a avertis que leurs reportages constituaient de la « propagande » et qu'ils devaient cesser.
28.09.2021 : Selon Der Spiegel, les talibans veulent appliquer de maniÚre temporaire la constitution de 1964 sous le rÚgne du roi Zahir Shah. Durant son rÚgne, le roi n'était responsable ni devant le peuple ni devant le parlement.
CNN rapporte que Mohammad Ashraf Ghairat, nouveau recteur de l'universitĂ© de Kaboul, interdit aux femmes de suivre les cours Ă l'universitĂ© « jusqu'Ă ce qu'un environnement islamique soit créé ». Selon M. Ghairat, l'universitĂ© travaille sur un plan visant Ă accueillir les Ă©tudiantes, sans prĂ©ciser quand ce plan serait achevĂ©. Il a en outre dĂ©clarĂ© qu'il devrait ĂȘtre possible pour les femmes de suivre des enseignements dispensĂ©s par des professeurs, tant que les Ă©tudiantes se trouvent derriĂšre un rideau dans la salle de classe.
La nomination de M. Ghairat au poste de recteur a suscité de nombreuses critiques quant à son manque de qualifications.
27.09.2021 : Le procureur gĂ©nĂ©ral de la Cour pĂ©nale internationale a dĂ©clarĂ© qu'il dĂ©posait une requĂȘte en vue de rouvrir l'enquĂȘte sur les crimes de guerre commis en Afghanistan, selon Reuters. L'accent sera mis sur les actes commis par les talibans et la milice de l'Ătat islamique du Khorasan (ISIS-K). Ces enquĂȘtes avaient Ă©tĂ© suspendues l'annĂ©e derniĂšre Ă la demande du gouvernement afghan de l'Ă©poque. Elles ont Ă©galement portĂ© sur des crimes prĂ©sumĂ©s commis par les forces amĂ©ricaines et les troupes gouvernementales afghanes. Horia Mosadiq, militant afghan des droits humains, estime que l'exclusion de ces crimes est « une insulte aux milliers d'autres victimes de crimes commis par les forces gouvernementales afghanes et les troupes des Ătats-Unis et de l'OTAN. »
26.09.2021 : Selon le portail d'information Gandhara, depuis lâarrivĂ©e au pouvoir des talibans, des dizaines de refuges pour femmes ont fermĂ© leurs portes, brĂ»lĂ© des documents et renvoyĂ© les femmes dans leurs familles auteures de maltraitances par peur des talibans. Les activistes craignent dĂ©sormais que les filles et les femmes soient victimes de « crimes d'honneur ». Les refuges pour femmes font depuis longtemps l'objet de vives critiques dans ce pays profondĂ©ment conservateur et patriarcal. MalgrĂ© les progrĂšs rĂ©alisĂ©s en matiĂšre de droits des femmes depuis fin 2001, la violence domestique et le mariage forcĂ© sont trĂšs rĂ©pandus et le taux de suicide des femmes est parmi les plus Ă©levĂ©s au monde.
25.09.2021 : Dans la ville de Herat, dans l'ouest de l'Afghanistan, les talibans ont pendu les corps de quatre kidnappeurs présumés qu'ils avaient précédemment abattus, selon la FAZ. Shir Ahmed Muhajir, gouverneur adjoint de la province de Herat, a décrit la pendaison des corps comme une « leçon » donnée à la population pour lui faire comprendre que les enlÚvements ne seraient pas tolérés. L'un des hommes tués portait sur sa poitrine l'avertissement suivant : « C'est ainsi que les kidnappeurs sont punis ».
23.09.2021 : Human Rights Watch et l'Institut des droits de l'homme de l'Université d'Etat de San José décrivent les abus commis par les talibans à l'encontre des femmes dans la ville de Herat, depuis sa prise de contrÎle le 12 août 2021. Selon le rapport, les talibans commettent des violations graves et généralisées des droits humains à l'encontre des femmes et des filles et répandent une grande peur. Les talibans identifié des personnalités féminines, ils limitent les déplacements des femmes en dehors de leur domicile et imposent des codes vestimentaires. Ils ont également fortement limité l'accÚs à l'emploi et à l'éducation.
Dans une interview accordée à l'Associated Press, le mollah Nooruddin Turabi, l'un des fondateurs du mouvement taliban, a déclaré que les exécutions et les amputations de mains seront à nouveau pratiquées conformément à la loi islamique, mais trÚs probablement pas en public. Turabi était ministre de la justice sous le précédent régime taliban et chef du ministÚre de la « Propagation de la vertu et de la prévention du vice » (police religieuse). Sous le nouveau gouvernement taliban, il est en charge des prisons.
21.9.2021 : Amnesty International, la FĂ©dĂ©ration internationale pour les droits humains (FIDH) et l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT) documentent dans leur briefing comment les talibans ont progressivement dĂ©mantĂ©lĂ© les acquis en matiĂšre de droits humains des vingt derniĂšres annĂ©es depuis leur prise de pouvoir. Contrairement aux assurances rĂ©pĂ©tĂ©es des talibans selon lesquelles ils respectent les droits de la population, il est dĂ©montrĂ© que la population civile et les soldats qui se rendent sont pris pour cibles et que les droits des femmes, la libertĂ© d'expression et la sociĂ©tĂ© civile sont restreints. Les protestations ont Ă©tĂ© violemment rĂ©primĂ©es par les talibans. Les organisations de dĂ©fense des droits humains appellent le Conseil des droits de l'homme des Nations unies Ă mettre en place une enquĂȘte indĂ©pendante et Ă documenter, collecter et prĂ©server les preuves de graves violations des droits humains en Afghanistan.
20.9. 2021 : Selon CNN, les talibans ont ordonnĂ© aux femmes, employĂ©es auprĂšs de la municipalitĂ© de Kaboul, de rester chez elles. Seules les femmes dont les tĂąches ne peuvent ĂȘtre effectuĂ©es par des hommes sont autorisĂ©es Ă venir travailler. L'un des seuls emplois que les femmes sont autorisĂ©es Ă occuper pour le gouvernement de Kaboul est le nettoyage des toilettes pour femmes, indique le communiquĂ©.
19.9.2021 : La BBC rapporte que les Ă©coles afghanes ont rouvert samedi, mais que seuls les garçons et les enseignants masculins sont autorisĂ©s Ă retourner dans les salles de classe. Les talibans excluent les filles de l'Ă©cole secondaire (Ă partir de 13 ans). Le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, a Ă©tĂ© citĂ© simultanĂ©ment par l'agence de presse afghane Bakhtar comme ayant dĂ©clarĂ© que les Ă©coles pour filles rouvriraient bientĂŽt. Il a dĂ©clarĂ© que les responsables travaillaient actuellement sur la « procĂ©dure ». Mais de nombreuses Ă©coliĂšres craignent de ne pas ĂȘtre autorisĂ©es Ă retourner Ă l'Ă©cole.
18.9.2021 : Selon le FAZ, les talibans sont en train de transformer le ministÚre afghan de la Condition féminine en siÚge du « MinistÚre de la PriÚre et de l'Orientation et pour la promotion de la vertu et la prévention du vice ». Entre 1996 et 2001, la police religieuse a opéré sous un nom similaire, faisant respecter la charia par des exécutions publiques, entre autres.
13.09.21 : Lors de l'ouverture de la 48Úme session du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, a déclaré qu'elle avait reçu des informations crédibles concernant le meurtre d'anciens membres des forces de sécurité afghanes par les talibans. Elle a également reçu des informations sur les arrestations arbitraires de membres de l'ancienne administration et de membres de leur famille. Les talibans vont également de maison en maison à la recherche d'anciens fonctionnaires et de personnes ayant travaillé avec les forces de sécurité et les entreprises américaines.
Selon la BBC, les talibans ont tué au moins 20 civils dans la vallée du Panchir, qui est en proie à des difficultés, dont un commerçant accusé de vendre des cartes SIM aux résistant-e-s. Son corps, qui portait des traces de torture, a été jeté devant sa maison quelques jours aprÚs sa disparition.
12.09.2021 : Le ministre de l'enseignement supérieur des talibans annonce que les femmes et les hommes suivront un enseignement séparé dans les universités, rapporte la BBC. Les femmes devront également respecter un nouveau code vestimentaire et des contrÎles seront effectués pour s'assurer que les matiÚres enseignées ne sont pas en contradiction avec les « valeurs islamiques, nationales et historiques ». La ségrégation entre les sexes s'applique également aux écoles primaires et secondaires.
09.09.2021 : Selon la BBC, deux journalistes afghans couvrant une manifestation de femmes Ă Kaboul ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s par les talibans, menacĂ©s et battus Ă coups de fouet avant d'ĂȘtre relĂąchĂ©s aprĂšs quelques heures. Selon des tĂ©moins, au moins 14 journalistes ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s puis relĂąchĂ©s au cours des deux derniers jours.
08.09.2021 : Selon le Guardian, en réponse à plusieurs manifestations, les talibans ont publié un décret interdisant toute manifestation qui n'a pas été officiellement autorisée. Celles et ceux qui ne respectent pas l'interdiction s'exposent à de « graves conséquences juridiques ».
Les talibans annoncent que les femmes ne seront plus autorisées à faire du sport. Le Guardian cite un responsable taliban affirmant qu'il n'est pas « nécessaire » qu'une femme fasse du sport. De plus, elle risquerait d'exposer des parties de son corps.
07.09.2021: Selon UNICEF, prÚs de 300 enfants auraient été transportés par avion sans leurs parents dans le chaos qui a régné à l'aéroport de Kaboul fin août. UNICEF suppose que ce nombre va augmenter en raison des identifications en cours, rapporte Die Zeit.
Selon le Guardian, les talibans envisagent d'utiliser la technologie d'identitĂ© numĂ©rique dĂ©veloppĂ©e par les Ătats-Unis pour traquer les Afghan-e-s qui ont coopĂ©rĂ© avec la coalition internationale. Les talibans ont dĂ©sormais accĂšs aux systĂšmes et technologies d'identification numĂ©rique mis en place avec l'aide internationale.
AprÚs la prise de pouvoir à Kaboul, les talibans ont promis de former un gouvernement «inclusif». Ils ont maintenant fait le contraire, selon la NZZ. Le journal le décrit comme un gouvernement des vainqueurs. Les vaincus, les représentants de l'ancien gouvernement afghan et les femmes en sont exclus.
06.09.2021 : Selon le Guardian, une militante des droits humains aveugle et commissaire de la Commission afghane indépendante des droits de l'homme (AIHRC) craint que les talibans négligent et discriminent les personnes en situation d'handicap. Elle estime que de nombreuses personnes dans le pays pensent que le handicap est une punition de Dieu pour les péchés des parents.
05.09.2021 : Selon le New York Times, environ 1000 personnes, dont des dizaines de citoyens amĂ©ricains et d'Afghans munis de visas pour les Ătats-Unis et d'autres pays, sont bloquĂ©s Ă l'aĂ©roport de Mazar-i Sharif depuis plusieurs jours. Ils attendent que les talibans leur autorisent de partir. Ce retard montre combien il est difficile pour les gouvernements Ă©trangers de travailler avec les talibans, qui n'ont pas encore formĂ© de gouvernement.
Selon un rapport du Tagesanzeiger, les femmes des universitĂ©s privĂ©es doivent porter le niqab avec effet immĂ©diat. Elles ne seraient autorisĂ©es Ă recevoir un enseignement sĂ©parĂ© de celui des hommes. L'enseignant devrait Ă©galement ĂȘtre tenue si possible par une femme.
04.09.2021 : Selon l'émission radio Echo der Zeit, environ deux douzaines de femmes ont manifesté pour leurs droits à Kaboul, ce qui a conduit à des affrontements avec les talibans. Les manifestantes ont été encerclées par une cinquantaine de forces de sécurité. Une femme a été blessée.
31.08.2021 : Les Ătats-Unis annoncent qu'ils ont retirĂ© leurs derniĂšres troupes d'Afghanistan. Lors d'une rĂ©union des ministres de l'intĂ©rieur de l'UE, ceux-ci ne parviennent pas Ă se mettre d'accord sur des engagements concrets pour accueillir les rĂ©fugiĂ©s d'Afghanistan. Au vu de l'Ă©volution de la situation en Afghanistan, l'ONU exprime sa prĂ©occupation et exige dans une rĂ©solution que les talibans permettent aux Afghans de quitter le pays Ă tout moment, sans entrave et par tous les moyens possibles, et qu'ils respectent les droits humains. LâOSAR appelle une nouvelle fois la Suisse Ă soutenir des routes migratoires sĂ»res et un accĂšs rapide Ă des procĂ©dures d'asile Ă©quitables.
30.08.2021 : Selon le Guardian, les attaques contre l'aéroport de Kaboul ont accéléré la fuite des Afghans à l'étranger. De nombreuses personnes ont fui vers le Pakistan. Ces derniers jours, des centaines de milliers de personnes auraient franchi le poste frontiÚre de Spin-Boldak, dans le sud de l'Afghanistan. Environ 20'000 personnes sont sorties ces deux derniers jours. Selon le HCR, ce poste frontiÚre est actuellement la seule issue, car les frontiÚres avec le Tadjikistan, l'Ouzbékistan et le Kazakhstan sont fermées et un visa et un passeport sont nécessaires pour entrer en Iran.
25.8.2021 : Le Conseil europĂ©en pour les rĂ©fugiĂ©s et les exilĂ©s (ECRE), de nombreuses ONG et des organisations de la diaspora publient un appel commun avec cinq revendications essentielles pour lâAfghanistan. Lâappel cosignĂ© par lâOSAR demande notamment lâĂ©vacuation des personnes particuliĂšrement menacĂ©es et lâaccĂšs rapide Ă des procĂ©dures dâasile Ă©quitables en Europe.
24.08.2021 : Le DFAE dĂ©clare que lâensemble du personnel local de la DDC et leurs familles ont Ă©tĂ© Ă©vacuĂ©s de Kaboul. Tous les employĂ©s locaux qui souhaitaient quitter le pays ont ainsi pu ĂȘtre Ă©vacuĂ©s de la capitale afghane. Pour lâheure, seuls 16 ressortissants suisses se trouvent toujours en Afghanistan.
18.8.2021 : La ministre de la justice Karin Keller-Sutter fait savoir lors dâune confĂ©rence de presse du Conseil fĂ©dĂ©ral que la Suisse va accueillir 40 collaborateurs locaux de la DDC et leurs familles nuclĂ©aires, soit 230 personnes au total, dans le cadre dâune action humanitaire.
- LâOSAR salue la dĂ©cision du Conseil fĂ©dĂ©ral, mais elle estime que lâaccueil de 230 personnes ne suffit pas ! Lisez Ă ce sujet notre communiquĂ© de presse.


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