Ukraine: récents développements

19.05.2023 Un rapport de l’ONG Data Friendly Space et le think tank Impact Initiatives fait Ă©tat des risques encourus par les femmes et les enfants dans le conflit ukrainien. La traite des ĂȘtres humains, les abus, le harcĂšlement sexuel et la violence domestique sont particuliĂšrement citĂ©s, et la situation dans les oblasts de Kherson, Dnipro et Kharkiv serait prĂ©occupante. Le rapport souligne en outre la dĂ©tresse psychologique comme un phĂ©nomĂšne important, aggravĂ© par le manque de services psychologiques et sociaux. La baisse du pouvoir d'achat frappe plus durement les femmes qui sont chefs de famille. Le stress des mĂ©nages liĂ© Ă  la perte de revenus est soulignĂ© comme un facteur contribuant Ă  la violence domestique. Les attaques contre les infrastructures scolaires et les tĂ©lĂ©communications ont perturbĂ© l’accĂšs Ă  l’éducation pour des millions d’enfants. Aussi, 45 % des mĂ©nages ayant des bĂ©bĂ©s de moins de six mois rencontrent des problĂšmes pour les nourrir et l'insĂ©curitĂ© alimentaire a augmentĂ© pour l’ensemble de la population, en mettant les femmes enceintes et allaitantes dans une situation plus prĂ©caire.

24.04.2023 Un rapport de l'International Disability Alliance (IDA) fait Ă©tat de la situation des personnes vivant avec un handicap dans le conflit ukrainien. De nombreuses violations des droits humains et du droit humanitaire y sont relevĂ©es, Ă  travers des entretiens avec des personnes vivant avec un handicap et des reprĂ©sentants d'organisations de personnes handicapĂ©es. Le rapport documente des abus et dĂ©tentions arbitraires par les forces russes, les destructions d’habitations, les problĂšmes d’accĂšs universel aux voies de fuite et de refuge ainsi qu’aux distributions d’aide (pas d’utilisation de langue des singes, longues files 
). Le rapport analyse Ă©galement l’inadĂ©quation des pensions d’invaliditĂ© avec l’inflation provoquĂ©e par le conflit et la destruction ou le dĂ©placement d’institutions spĂ©cialisĂ©es dans l’accueil des personnes avec handicap. Enfin, le rapport souligne le rĂŽle essentiel des organisations spĂ©cialisĂ©es sur les questions de handicap dans le contexte des conflits armĂ©s.

13.04.2023 Selon Human Rights Watch (HRW), les forces russes ont mis en place plusieurs installations Ă  Kherson pour y dĂ©tenir et torturer des personnes entre mars et novembre 2022. L’ONG y fait Ă©tat de maltraitances, de tortures, de transferts forcĂ©s et de meurtres Ă  l’encontre de personnes civiles ou combattantes, ce qui constitue, selon elle, des crimes de guerre. Certaines personnes seraient portĂ©es disparues. Un centre de torture important Ă  la rue Teploenerhetykivde, un centre de dĂ©tention Ă  la rue Perekopska, des lieux d’enfermement dans des installations provisoires au siĂšge de l'administration municipale de Kherson, une Ă©cole de village et un hangar d'aĂ©roport ont Ă©tĂ© identifiĂ©s. Selon HRS, il semble que les forces russes ont adoptĂ© un schĂ©ma de traitement rĂ©current vis-Ă -vis des personnes civiles durant leur occupation de Kherson : fouille de domicile agressive, puis dĂ©tention d’une ou plusieurs personnes y rĂ©sidant, sur la base d’accusations diverses. 

11.04.2023 Selon la RTS, la Fondation Suisse du DĂ©minage estime que les efforts de la ConfĂ©dĂ©ration en faveur du dĂ©minage de l’Ukraine doivent ĂȘtre augmentĂ©s. L’usage des mines antipersonnel par les forces russes et ukrainiennes a Ă©tĂ© documentĂ© notamment par Human Rights Watch, et, selon la Campagne internationale pour l’interdiction des mines antipersonnel (ICBL), l’Ukraine serait le pays le plus touchĂ© par la problĂ©matique des mines antipersonnel. De 250 000 Ă  300 000 km2 de terrain seraient minĂ©s, soit les deux tiers du territoire, avec une spĂ©cificitĂ© importante : le minage intensif de zones urbaines.  MĂ©decins Sans FrontiĂšres avait dĂ©jĂ  rapportĂ© la prĂ©sence de mines dans des centres de santĂ© en fonctionnement dans les rĂ©gions d’Izioum, Kherson et Donetsk. L’ONG, qui a par ailleurs documentĂ© la prĂ©sence d’armes Ă  sous munition dans des hĂŽpitaux, s’était dite « choquĂ©e Â» de l’utilisation d’un tel armement sur des sites mĂ©dicaux. 

24.03.2023 La Commission d’enquĂȘte sur l’Ukraine a rendu un rapport au Conseil des droits de l’homme (CDH), documentant de nombreuses violations du droit international des droits humains et humanitaire, notamment par les forces russes : homicides, attaques contre des civils, dĂ©tentions illĂ©gales, tortures, viols, transferts forcĂ©s et dĂ©portations d'enfants. Par ailleurs, la Cour pĂ©nale internationale (CPI) a Ă©mis un mandat d’arrĂȘt contre Vladimir Poutine et sa commissaire aux droits de l’enfant Maria Alekseyevna Lvova-Belova. Selon le Guardian, ce mandat d’arrĂȘt aurait pour consĂ©quence de restreindre les dĂ©placements internationaux du prĂ©sident et des hauts fonctionnaires russes. Le 24 mars, le CDH a Ă©galement publiĂ© un rapport concernant le traitement des prisonniers de guerre. Ce rapport mentionne l’exĂ©cution sommaire de 25 prisonniers de guerre russes et de personnes hors de combat, ainsi que des mauvais traitements de prisonniers de guerre par les forces armĂ©es ukrainiennes. Sont Ă©galement documentĂ©es l’exĂ©cution sommaire de quinze prisonniers de guerre ukrainiens par les forces russes et le groupe Wagner, ainsi que la pratique de mauvais traitements et de la torture sur les prisonniers de guerre ukrainiens. 

13.03.2023: Selon Human Rights Watch (HRW), un grand nombre d’enfants placĂ©-e-s en institution en Ukraine sont traumatisĂ©-e-s, sĂ©parĂ©-e-s de leurs familles ou dĂ©placĂ©-e-s de force vers la Russie. Au dĂ©but de la guerre, les institutions de placement accueillaient 105 000 enfants, dont la moitiĂ© souffrent de handicap. HRW estime que 32 000 de ces enfants se trouvent dĂ©sormais dans des rĂ©gions contrĂŽlĂ©es par les forces russes. Certaines institutions transfĂšrent leur activitĂ© hors des zones de combat, voire vers la Pologne, oĂč des enfants n’ont pas Ă©tĂ© enregistrĂ©-e-s, et oĂč des fratries ont Ă©tĂ© sĂ©parĂ©es. Plusieurs milliers d’enfants ont Ă©tĂ© dĂ©portĂ©-e-s vers la Russie, et des milliers d’autres sont portĂ©s disparus. HRW prĂ©conise un effort international pour identifier et rapatrier les enfants dĂ©portĂ©s en Russie, et ceux dont la trace a Ă©tĂ© perdue, ainsi que la dĂ©sinstutionnalisation du placement des enfants, notamment pendant les conflits, oĂč l’adoption internationale est interdite.

06.03.2023 Selon Le Monde, le gouvernement ukrainien a annoncĂ© la crĂ©ation du Centre International pour la Poursuite du Crime d’Agression (CIPA), sous la tutelle d’Eurojust, organe de coopĂ©ration judiciaire de l’Union EuropĂ©enne. Ce parquet intĂ©rimaire pourrait constituer la premiĂšre pierre d’un tribunal spĂ©cial pour juger, dans le futur, l’agression de la Russie contre l’Ukraine. Kiev a en outre affirmĂ© la volontĂ© de faire passer une rĂ©solution Ă  l’AssemblĂ©e GĂ©nĂ©rale des Nations Unies en faveur de la constitution d’un tribunal spĂ©cial. La Cour PĂ©nale Internationale, qui n’a pas mandat pour poursuivre le crime d’agression en Ukraine, poursuit son enquĂȘte sur d’éventuels crimes de guerre et crimes contre l’humanitĂ©, notamment la dĂ©portation d’enfants Ukrainiens en Russie par les forces d’occupation.

21.02.2023 Selon un rapport publiĂ© sur la plateforme Conflict Observatory, 6 000 cas d’enlĂšvement d’enfants ukrainiens ont Ă©tĂ© identifiĂ©s depuis le 24 fĂ©vrier 2022. Ces enfants sont dĂ©tenus dans un rĂ©seau de 43 installations, en CrimĂ©e et dans plusieurs parties de la Russie. Au moins 32 des camps serviraient Ă  une rĂ©Ă©ducation systĂ©matique des enfants, selon des programmes acadĂ©miques, culturels, patriotiques et/ou militaires centrĂ©s sur la Russie. Des enfants prĂ©tendument orphelins auraient Ă©tĂ© placĂ©s dans deux camps, puis dans des familles russes. Dans de nombreux cas, le consentement des parents n’a pas Ă©tĂ© recueilli ou l’a Ă©tĂ© sous la contrainte. Ces enlĂšvements d’enfants s’ajoutent Ă  une importante liste de violations des droits humains commises en Ukraine depuis le dĂ©but du conflit, et dĂ©plorĂ©es par les Nations Unies.

31.01.2023 D’aprĂšs Human Rights Watch, l’Ukraine, qui est partie au TraitĂ© d'interdiction des mines (1997), utiliserait des mines terrestres antipersonnel, notamment Ă  Izium. Le gouvernement ukrainien s’est engagĂ© Ă  Ă©tudier le rapport de l’organisation non gouvernementale. Des mines de type PFM, dites papillon ou perroquet vert, ont Ă©tĂ© dispersĂ©es par des roquettes dans des zones d’occupation russe. L'utilisation de mines antipersonnel, Ă©galement faite par les forces russes, viole le droit international humanitaire, car elles ne peuvent distinguer les civils des combattants. Les mines terrestres actives provoquent des dĂ©placements, et entravent l'acheminement de l'aide humanitaire ainsi que l’agriculture. Selon des dĂ©mineurs ukrainiens, il faudrait des dĂ©cennies pour dĂ©barrasser la zone des mines terrestres.

25.01.2023 D’aprĂšs le Kiyv Post, le prĂ©sident ukrainien Volodymyr Zelensky a signĂ© une loi durcissant les sanctions pour dĂ©sobĂ©issance ou dĂ©sertion des forces armĂ©es dans le cadre du conflit avec la Russie. Elle prĂ©voit aussi des sanctions plus sĂ©vĂšres en cas de menace contre le commandement militaire, de fuite du champ de bataille ou de consommation d'alcool durant l’activitĂ© militaire. La loi interdit aux tribunaux ukrainiens de rĂ©duire les peines ou d'accorder des sursis aux soldats jugĂ©s coupables. Les sanctions prĂ©voient jusqu'Ă  12 ans d’emprisonnement pour dĂ©sertion, et jusqu'Ă  10 ans de prison pour dĂ©sobĂ©issance ou refus de combattre. VotĂ©e par le parlement ukrainien fin 2022, la loi avait Ă©tĂ© le sujet de pressions sur le prĂ©sident Zelensky de la part d’une partie de la sociĂ©tĂ© civile ukrainienne, afin qu’il ne la signe pas. Cette loi semble s’inscrire dans la continuitĂ© d’une mesure approuvĂ©e par le conseil des ministres ukrainien le 30 dĂ©cembre 2022, relatĂ©e par Ukranews. Cette mesure ordonne l'enregistrement militaire des citoyens ukrainiens Ă  l'Ă©tranger. Elle s’applique aux hommes et aux femmes ĂągĂ©-e-s de seize ans ou plus, soumis-e-s au service militaire, qui ont reçu une Ă©ducation ou qui ont une profession nĂ©cessaire Ă  l’armĂ©e. Ainsi, les personnes parties Ă  l'Ă©tranger pour plus de trois mois doivent s'inscrire sur le registre militaire auprĂšs de la reprĂ©sentation diplomatique ukrainienne du pays de sĂ©jour. Les personnes qui s’y soustraient s'exposent Ă  une responsabilitĂ© pĂ©nale.

17.01.2023. Dans son dernier rapport sur le profil, les besoins et les intentions des personnes rĂ©fugiĂ©es d’Ukraine, qui se base sur des donnĂ©es rĂ©coltĂ©es de mai Ă  novembre 2022 dans sept pays voisins de l’Ukraine, dont la Pologne, la Roumanie, la Moldavie et la Slovaquie, le HCR indique que 63 pour cent des rĂ©pondant-e-s souhaitent rester dans leur pays d’accueil dans un future proche. Les raisons principales invoquĂ©es sont la sĂ©curitĂ©, les liens familiaux, l'emploi et la procĂ©dure d'asile. Seules 14 pour cent des personnes interrogĂ©es projettent de retourner en Ukraine, mais 74 pour cent ne savent pas avec certitude quand elles le feront. PrĂšs d’une personne sur dix projette de s'installer dans un autre pays d'accueil et 14 pour cent sont incertains de leurs projets. Plus de la moitiĂ© des personnes interrogĂ©es ont quittĂ© leur lieu d'origine entre fin fĂ©vrier et avril 2022, notamment Odeska, Kharkivska et Kiev. La plupart des personnes interrogĂ©es (68 pour cent) habitent actuellement en hĂ©bergement ou en location, et 28 pour cent logent dans des sites collectifs. Les besoins urgents signalĂ©s par les rĂ©pondant-e-s sont notamment l'argent liquide, l'emploi et le logement.

06.12.2022 Selon un rapport de Human Rights Watch (HRW), le ciblage gĂ©nĂ©ralisĂ© et rĂ©pĂ©tĂ© des infrastructures Ă©nergĂ©tiques ukrainiennes par les forces armĂ©es russes semble principalement destinĂ© Ă  semer la terreur parmi la population. Cela constituerait une violation du droit de la guerre. De multiples attaques de missiles et de drones en octobre et novembre 2022 ont privĂ©, au moins temporairement sinon de maniĂšre permanente, des millions de civils d'Ă©lectricitĂ©, d'eau, de chauffage et d'autres services de base. Ces attaques ont tuĂ© au moins 77 civils et en ont blessĂ© 272. Selon l’ONU, le 23 novembre 2022, plus de 30 civils ont Ă©tĂ© tuĂ©s ou blessĂ©s. Ce mĂȘme jour, l'accĂšs Ă  l'Ă©lectricitĂ© a Ă©tĂ© coupĂ© pour des millions de personnes dans toute l'Ukraine. Toute la population de Kiev, estimĂ©e Ă  environ 3 millions de personnes, n'a pas eu accĂšs Ă  l'eau pour la journĂ©e, et certaines parties des rĂ©gions de Kiev, Lviv, Zaporizhzhia et Odessa ont Ă©tĂ© complĂštement dĂ©connectĂ©es de l'Ă©lectricitĂ©. Les lois de la guerre interdisent les attaques contre les biens indispensables Ă  la survie de la population civile. Elles interdisent Ă©galement les violences ou menaces "dont le but premier est de semer la terreur parmi la population civile", a dĂ©clarĂ© HRW. Les tempĂ©ratures hivernales ukrainiennes tournent autour de moins 3 degrĂ©s Celsius et peuvent descendre jusqu'Ă  moins 20 degrĂ©s.

06.12.2022 Selon un rapport d’Amnesty International, les personnes ĂągĂ©es en Ukraine comptent davantage de blessĂ©s et de morts que le reste de la population. Aussi, les logements des personnes ĂągĂ©es qui traversent le conflit Ukrainien sont endommagĂ©s et offrent des conditions de vie dangereuse. Des milliers de personnes ĂągĂ©es dĂ©placĂ©es sont dans des Ă©tablissements publics dĂ©bordĂ©s, ne pouvant offrir un niveau de soin satisfaisant. Le rapport de l’ONG explique que les personnes ĂągĂ©es restent souvent dans les zones touchĂ©es par le conflit ou ne peuvent les quitter. Cela les expose Ă  des prĂ©judices et Ă  des conditions difficiles dans des logements trĂšs prĂ©caires. Les personnes ĂągĂ©es dĂ©placĂ©es ne peuvent souvent pas payer de loyer. Amnesty International a appellĂ© les gouvernements et les organisations internationales Ă  soutenir les personnes ĂągĂ©es en Ukraine, Ă  faciliter leur Ă©vacuation volontaire Ă  l’étranger, et Ă  les considĂ©rer parmi les bĂ©nĂ©ficiaires prioritaires de l’aide financiĂšre. L’ONG appelle Ă©galement la communautĂ© internationale Ă  appuyer la crĂ©ation de logements adaptĂ©s aux personnes ĂągĂ©es en situation de handicap.

21.11.2022Selon la BBC, qui reprend une dĂ©claration du prĂ©sident ukrainien, dix millions de personnes sont privĂ©es d’énergie aprĂšs les derniers tirs de missiles de l’armĂ©e russe. Pour le directeur rĂ©gional Europe de l’Organisation mondiale pour la santĂ© (OMS), le Dr Kluge, le systĂšme de santĂ© ukrainien subit de plein fouet les coupures d’électricitĂ© et la pĂ©nurie de carburant. Pour l'OMS, deux Ă  trois millions de personnes supplĂ©mentaires pourraient devoir quitter leur maison en raison du froid, et ĂȘtre confrontĂ©es au Covid-19, la pneumonie, la grippe, la diphtĂ©rie ou encore la rougeole.  L'OMS a vĂ©rifiĂ© 703 attaques contre des Ă©tablissements de santĂ© depuis le dĂ©but de la guerre, en violation du droit humanitaire international. Le Dr Kluge a soulignĂ© que les maternitĂ©s ont besoin de couveuses, les banques de sang de rĂ©frigĂ©rateurs, les lits de soins intensifs de ventilateurs, et que tous ont besoin d'Ă©nergie. De nombreux mĂ©nages privĂ©s d’électricitĂ© seront obligĂ©s d’utiliser du charbon de bois ou du bois, des gĂ©nĂ©rateurs diesel, ou des chauffages Ă©lectriques. Des mĂ©thodes Ă  risques pour la santĂ©, pouvant causer l'exposition Ă  des substances toxiques, des brĂ»lures et des blessures. En outre, l’OMS Ă©value qu’environ dix millions de personnes rsquent de souffrir de troubles mentaux tels que le stress aigu, l'anxiĂ©tĂ©, la dĂ©pression, la toxicomanie et le syndrome de stress post-traumatique. Enfin, le Dr Kluge a soulignĂ© les problĂšmes liĂ©s Ă  l’accĂšs humanitaire, et demandĂ© Ă  toutes les parties l’ouverture de corridors sanitaires humanitaires dans toutes les zones nouvellement reconquises et occupĂ©es. 

10.11.2022 : Selon Amnesty International, les autoritĂ©s russes et celles contrĂŽlĂ©es par la Russie se sont rendues coupables de crimes de guerre et probablement de crimes contre l’humanitĂ© en transfĂ©rant illĂ©galement des personnes civiles ukrainiennes vers la Russie ou vers d'autres zones de l’Ukraine occupĂ©es par les Russes. Dans son rapport basĂ© sur les tĂ©moignages de 88 personnes dont la majoritĂ© ont Ă©tĂ© victimes de ces transferts illĂ©gaux, AI indique Ă©galement que des personnes civiles ont Ă©tĂ© contraintes de se soumettre Ă  des processus de sĂ©lection abusifs qui se sont parfois soldĂ©s par des dĂ©tentions arbitraires, des actes de torture et d'autres mauvais traitements. Certaines d'entre elles ont Ă©galement Ă©tĂ© sĂ©parĂ©es de leurs enfants.

09.11.2022: Le Conseil fĂ©dĂ©ral a dĂ©cidĂ© de maintenir en vigueur le statut S une annĂ©e supplĂ©mentaire. La contribution financiĂšre de 3000 francs par personne et par an pour la promotion de l’apprentissage de la langue doit Ă©galement ĂȘtre maintenue. L'OSAR salue cette dĂ©cision, car il faut toujours partir du principe qu’en Ukraine la population civile est en danger. Dans son communiquĂ© de presse, l'OSAR critique toutefois le montant de la contribution Ă  l'intĂ©gration de 3000 francs, car les derniers mois ont montrĂ© que ce montant est loin d'ĂȘtre suffisant pour promouvoir efficacement l'intĂ©gration des personnes ayant fui l'Ukraine.

27.10.2022 : Dans son dernier rapport sur la situation des personnes dĂ©placĂ©es internes (PDI) en Ukraine, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) indique que leur nombre total est estimĂ© Ă  6,5 millions, dont plus de la moitiĂ© sont dĂ©placĂ©es depuis plus de six mois. PrĂšs de 6 millions de PDI sont retournĂ©es dans leur lieu de rĂ©sidence habituel depuis fin fĂ©vrier. De fin septembre Ă  fin octobre, 450 000 personnes ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©es, dont 280 000 dans l’est du pays et 23 000 depuis Kiev. InterrogĂ©s sur leurs intentions de mobilitĂ©, plus d’un quart des PDI ont indiquĂ© envisager de quitter leur lieu de rĂ©sidence actuel dans les semaines Ă  venir. 13 % envisageaient de rentrer Ă  la maison. Les principales motivations pour rentrer Ă©taient de retrouver famille et amis, mais Ă©galement de ne pas avoir Ă  payer pour se loger. D’autres souhaitaient trouver un emploi dans leur lieu de rĂ©sidence habituel. La principale raison de ne pas rentrer Ă©tait liĂ©e Ă  la situation sĂ©curitaire et l’occupation militaire russe. D’autres PDI interrogĂ©es ont soulignĂ© le manque de services essentiels et de services publics dans les zones rĂ©cemment libĂ©rĂ©es. Vers la fin du mois d’octobre, la plupart des PDI ont connu des perturbations de leur eau courante, de l'Ă©lectricitĂ©, du gaz et des tĂ©lĂ©communications.  PrĂšs de la moitiĂ© des habitations des PDI ont Ă©tĂ© endommagĂ©es, et 5% entiĂšrement dĂ©truites. Pour la quasi-totalitĂ© des PDI sinistrĂ©es, les finances sont l’obstacle principal aux rĂ©parations. Un quart des mĂ©nages des PDI auraient un revenu mensuel infĂ©rieur au salaire minimum ukrainien.

22.10.2022: Selon le gouvernement ukrainien citĂ© par CNN, des personnes et infrastructures civiles ont Ă©tĂ© ciblĂ©es par des attaques de drones, dits « kamikazes Â», Ă  Kyiv, Vinnytsia, Odessa, Zaporizhzhia et d’autres villes. Les drones ciblent souvent des personnes civiles, car leur manque de prĂ©cision ne leur permet pas d’atteindre des cibles militaires, selon un gĂ©nĂ©ral australien Ă©galement citĂ© par CNN, qui rapporte aussi que le CICR a dĂ©noncĂ© l’usage de drones. La BBC dĂ©clare qu’au moins huit personnes civiles seraient mortes durant les raids de drone du 17 octobre, dont quatre Ă  Kyiv et quatre Ă  Sumy. Sur Twitter, Amnesty International a dĂ©clarĂ© que ces attaques de drones provoquaient une « souffrance humaine croissante Â». 
Amnesty International a aussi condamnĂ© les bombardements des forces russes contre les infrastructures civiles ukrainiennes, notamment les Ă©quipements d’alimentation en Ă©lectricitĂ©. L’association a qualifiĂ© de « crime de guerre Â» le fait de mener ces actions dans le seul but de terroriser les civils. Selon Al Jazeera, ces attaques ont dĂ©truit 30% des unitĂ©s de production d’électricitĂ©, ainsi que des structures d’approvisionnement en eau. Un million de foyers seraient privĂ©s d’électricitĂ©. Le Guardian cite une source humanitaire selon laquelle le manque d’électricitĂ© pourrait pousser 2 millions de personnes supplĂ©mentaires Ă  quitter le pays.

19.10.2022: Selon un rapport de Human Rights Watch, les forces russes et des personnes sous leur commandement ont rĂ©guliĂšrement torturĂ© des dĂ©tenus pendant leurs six mois d'occupation d'Izium (rĂ©gion de Kharkiv). Les survivant-e-s ont dĂ©crit avoir Ă©tĂ© soumis-e-s Ă  des chocs Ă©lectriques, Ă  la torture par l’eau, Ă  des passages Ă  tabac sĂ©vĂšres, ou encore avoir Ă©tĂ© menacĂ©-e-s avec des armes, et avoir Ă©tĂ© forcĂ©-e-s Ă  tenir des positions douloureuses pendant de longues pĂ©riodes. Une femme a fait Ă©tat de menaces de viol et, selon le Washington Post, une autre a Ă©tĂ© violĂ©e Ă  plusieurs reprises. Deux Ă©coles, un poste de police, un ancien complexe hospitalier, une station d'eau et d'assainissement, une rĂ©sidence privĂ©e et une usine privĂ©e ont Ă©tĂ© identifiĂ©s comme des lieux d’enfermement de torture. Presque toutes les personnes qui ont tĂ©moignĂ© avoir subi des tortures Ă  HRW sont des civils.  Des proches de certaines personnes qui ont Ă©tĂ© dĂ©tenus et torturĂ©s ont dĂ©clarĂ© qu’elles s’étaient suicidĂ©es des suites de leurs traumatismes.

18.10.2022 : La dĂ©portation massive et forcĂ©e d’Ukrainien-ne-s par l’armĂ©e russe et le placement massif d’enfants ukrainiens dans des camps pour enfants en Russie ou dans des familles russes d’adoption ont Ă©tĂ© documentĂ©s par Human Rights Watch et par l’Associated Press. Selon une analyse de l’Institute for the study of War, le placement des enfants en Russie pourrait contrevenir Ă  la Convention pour la prĂ©vention et la rĂ©pression du crime de gĂ©nocide de 1948, notamment l’article II e) qui interdit le transfert d’enfants d’un groupe Ă  un autre groupe. Ce mĂȘme institut relĂšve que la dĂ©portation d’Ukrainien-ne-s hors d’Ukraine, combinĂ©e Ă  la volontĂ© du Kremlin de russifier certaines parties du pays pourraient constituer des faits de nettoyage ethnique. En l’absence d’une dĂ©finition prĂ©cise dans le droit international, la Commission d’experts des Nations Unies considĂšre que le nettoyage ethnique est «... le fait de rendre une zone ethniquement homogĂšne en utilisant la force ou l'intimidation pour en chasser les personnes appartenant Ă  des groupes donnĂ©s » ou encore « ... une politique dĂ©libĂ©rĂ©e conçue par un groupe ethnique ou religieux pour Ă©liminer par des moyens violents et inspirant la terreur la population civile d'un autre groupe ethnique ou religieux de certaines zones gĂ©ographiques ».

14.10.2022 : Dans le contexte de l’avance de l’armĂ©e de Kyiv en Ukraine orientale, et Ă  l’explosion qui a endommagĂ© le pont du dĂ©troit de Kertch, l’armĂ©e russe a lancĂ© une salve de tirs de missiles Ă  travers tout le pays. Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) a dĂ©clarĂ© que ces attaques de missiles contre des cibles et des infrastructures civiles pourraient avoir violĂ© le droit international humanitaire. Le HCDH rapporte Ă©galement que les attaques russes ont touchĂ© au moins douze installations Ă©nergĂ©tiques, tuant au moins 20 civils et en blessant plus de 100 dans prĂšs d’une douzaine de villes, notamment des personnes se rendant au travail ou Ă  l’école. La Russie semble intensifier son ciblage des installations et des systĂšmes Ă©nergĂ©tiques de l'Ukraine, les attaques de cette semaine ayant laissĂ© des milliers d'Ukrainien-ne-s sans eau ni Ă©lectricitĂ©, augmentant ainsi la vulnĂ©rabilitĂ© des civils Ă  l'approche de l'hiver.

27.09.2022 : Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) a rendu son rapport sur la situation des droits de l’homme en Ukraine du 1er fĂ©vrier 2022 au 31 juillet 2022. Il est basĂ© sur les travaux de la Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations Unies en Ukraine (HRMMU). Ce rapport conclut Ă  une situation dĂ©sastreuse en matiĂšre de droits humains des personnes civiles et des combattant-e-s, dans tout le pays. ExĂ©cutions sommaires, torture, mauvais traitements, ainsi que violences sexuelles liĂ©es au conflit (Conflict-related Sexual Violance, CRSV), dĂ©tentions arbitraires et disparitions forcĂ©es sont monnaie courante, et en particulier le fait des forces armĂ©es russes, selon le HCDH. Outre les trĂšs nombreuses victimes civiles et les gigantesques dĂ©gĂąts matĂ©riels liĂ©s au conflit, le rapport constate des violations aux droits Ă  la santĂ©, au travail, Ă  l’éducation, au logement. De nombreuses violations au droit international humanitaire par les deux parties au conflit, notamment liĂ©es au traitement des prisonniers de guerre, sont Ă©galement relevĂ©es. Enfin, le HCDH s’inquiĂšte du rĂ©trĂ©cissement de l’espace de libre expression et de la sociĂ©tĂ© civile, ainsi que d’atteintes importantes aux libertĂ©s politique et religieuse.  

27.09.2022 : L’émission Echo der Zeit de la radio alĂ©manique SRF rapporte les rĂ©sultats d'enquĂȘtes menĂ©es par des organisations internationales sur les violations des droits de l'homme en Ukraine. Selon Matilda Bogner, cheffe de la mission de surveillance de l'ONU, le droit humanitaire de la guerre selon les Conventions de GenĂšve serait constamment violĂ© - principalement par les forces armĂ©es russes. Ainsi, les civils porteraient le poids principal de la guerre. L'ONU aurait jusqu'Ă  prĂ©sent pu vĂ©rifier prĂšs de 6000 morts civils - dont 382 enfants. Mais selon Matilda Bogner, les chiffres rĂ©els seraient bien plus Ă©levĂ©s. Erik Möse, le prĂ©sident de la commission d'enquĂȘte indĂ©pendante du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, parle Ă©galement de crimes de guerre commis en Ukraine et le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l'ONU AntĂłnio Guterres demande que ces crimes ne restent plus impunis.

21.09.2022 : Avec l’arrivĂ©e de l’hiver en Ukraine, le Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires (BCAH) dit s’attendre Ă  une dĂ©tĂ©rioration de la situation humanitaire qui pourrait engendrer une nouvelle vague de dĂ©placements d’Ukrainien-ne-s. ParticuliĂšrement concernĂ©s seraient l'est du pays et les villes lourdement dĂ©truites oĂč l’accĂšs au gaz ou Ă  l'Ă©lectricitĂ© et aux services de santĂ© est dĂ©jĂ  limitĂ©e et oĂč une grande partie de la population vit dans des maisons endommagĂ©es. Selon BCAH, qui cite des chiffres des autoritĂ©s ukrainiennes, sur les 628 000 mĂ©nages et entreprises privĂ©s d’électricitĂ©, plus de la moitiĂ© se trouvent dans l’oblast de Donetska, Les analystes humanitaires d’ACAPS confirment que l’hiver sera un facteur de dĂ©placement qui viendra s’ajouter au conflit. Citant des chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), ACAPS souligne que plus d’un quart des personnes dĂ©placĂ©es interrogĂ©es disent se prĂ©parer Ă  devoir quitter leur logement temporaire avant l’hiver. De nombreux centres collectifs ne seraient Ă©galement pas Ă©quipĂ©s pour hĂ©berger ces personnes pendant l’hiver. Pour Foreign Policy, la guerre et l’hiver pourraient provoquer une nouvelle vague de rĂ©fugiĂ©-e-s ukrainien-ne-s, un avis partagĂ© par le Guardian qui souligne que les nouvelles personnes rĂ©fugiĂ©es pourraient se heurter Ă  davantage d’obstacles pour recevoir de l’assistance. De leur cĂŽtĂ©, les autoritĂ©s de pays voisins ou proches de l’Ukraine comme la Pologne ou l’Estonie.

17.09.2022: Selon CNN, suite Ă  la reconquĂȘte par les forces ukrainiennes de territoires dans la rĂ©gion de Kharkiv, au nord-est du pays, les autoritĂ©s ukrainiennes ont dĂ©couvert dans une forĂȘt, prĂšs de la ville d'Izioum, un site d'enterrement collectif avec au moins 440 tombes « non marquĂ©es Â». La majoritĂ© des tombes sont des tombes individuelles avec des croix en bois placĂ©es Ă  la tĂȘte des monticules de terre. Le prĂ©sident Zelensky a dĂ©clarĂ© que certains des corps dĂ©couverts prĂ©sentaient des « signes de torture Â». Le journal Le Monde rapporte Ă©galement que, selon le chef de la police ukrainienne, Ihor Klymenko, dix « salles de torture » auraient Ă©tĂ© dĂ©couvertes dans des localitĂ©s reprises aux Russes dans l’oblast de Kharkiv, dont six Ă  Izioum et deux dans la ville de BalakliĂŻa.

24.08.2022 : Il y a six mois aujourd'hui dĂ©butait la guerre en Ukraine. Depuis, des millions de personnes ont dĂ» quitter leurs maisons et plusieurs dizaines de milliers se sont rĂ©fugiĂ©es en Suisse, qui a jusqu'Ă  prĂ©sent rĂ©ussi Ă  surmonter cet Ă©norme dĂ©fi. Il reste toutefois encore nĂ©cessaire d’agir, par exemple en matiĂšre d'intĂ©gration sur le marchĂ© du travail, de scolarisation des enfants et de soutien psychologique pour les personnes traumatisĂ©es. L'Organisation suisse d’aide aux rĂ©fugiĂ©s (OSAR) voit Ă©galement un potentiel de dĂ©veloppement du statut de protection S. En outre, des solutions durables doivent ĂȘtre mises en place dans le domaine de l'hĂ©bergement, car selon le SecrĂ©tariat d’Etat aux migrations, jusqu'Ă  120 000 personnes en exil sont attendues d'ici la fin de l'annĂ©e. L'OSAR observe cela avec inquiĂ©tude et exige des standards minimaux pour les structures collectives, en particulier lorsque les personnes doivent y vivre pendant plusieurs mois. Pour en savoir, consultez notre news.

08.08.2022 : Selon un rapport d'Amnesty International publiĂ© au dĂ©but du mois d'aoĂ»t, les forces ukrainiennes ont systĂ©matiquement mis des civils en danger en Ă©tablissant des bases et en utilisant des systĂšmes d'armes dans des zones rĂ©sidentielles peuplĂ©es, y compris dans des Ă©coles et des hĂŽpitaux. Ces tactiques ont, selon Amnesty, transformĂ©es des objets civils en cibles militaires, ce qui est une violation du droit humanitaire international. Ce rapport est basĂ© sur une enquĂȘte des chercheurs d’Amnesty de plusieurs semaines dans les rĂ©gions de Kharkiv, du Donbas et de Mykolaiv. Le gouvernement ukrainien, soutenu par les ambassadeurs amĂ©ricains et britanniques, a vivement rejetĂ© ces accusations, accusant Amnesty d’ignorer les rĂ©alitĂ©s de l'Ukraine en temps de guerre et d’établir une Ă©quivalence morale entre la Russie, l'agresseur, et l'Ukraine, la victime. La directrice d’Amnesty Ukraine a dĂ©missionnĂ© accusant l’organisation d'aider la propagande de Moscou. Sous pression, Amnesty s’est excusĂ© pour la "dĂ©tresse et la colĂšre" causĂ©es par le rapport, mais a dĂ©fendu ses conclusions. A relever qu’en juillet dernier, Human Rights Watch avait dĂ©jĂ  accusĂ© les forces armĂ©es ukrainiennes, mais Ă©galement les forces russes, de mettre inutilement en danger la population civile en Ukraine en dĂ©ployant leurs forces dans des zones habitĂ©es sans dĂ©placer les habitants vers des zones plus sĂ»res.

21.07.22 : Selon Human Rights Watch (HRW), les forces armĂ©es russes et ukrainiennes ont inutilement mis en danger la population civile en Ukraine en dĂ©ployant leurs forces dans des zones habitĂ©es sans dĂ©placer les habitant-e-s vers des zones plus sĂ»res. Le droit international humanitaire - le droit de la guerre - oblige les parties au conflit Ă  prendre toutes les prĂ©cautions possibles pour protĂ©ger la population civile et les installations civiles sous leur contrĂŽle des effets des attaques. Dans quatre cas Ă©tudiĂ©s par HRW, les forces armĂ©es russes ont Ă©tabli des bases militaires dans des zones habitĂ©es, mettant ainsi inutilement en danger la population civile. Dans trois cas, les forces armĂ©es ukrainiennes ont installĂ© des bases dans des maisons oĂč vivaient des personnes, mais n'ont pas pris de mesures Ă©videntes pour dĂ©placer les habitant-e-s vers des zones plus sĂ»res. Des personnes civiles ont Ă©tĂ© tuĂ©es et blessĂ©es lors des attaques menĂ©es ensuite contre ces bases.

14.07.22 : Human Rights Watch (HRW) rapporte que les forces armĂ©es russes en Ukraine font disparaĂźtre de force des personnes civiles et les transfĂšrent illĂ©galement en Russie. HRW a ainsi documentĂ© la dĂ©tention de neuf hommes civils par les forces russes pendant l'occupation de la rĂ©gion ukrainienne de Kiev et leur transfert apparent vers des centres de dĂ©tention dans les rĂ©gions russes de Koursk et de Briansk lorsque les forces se sont retirĂ©es ou ont quittĂ© les lieux. Les proches de ces hommes ont expliquĂ© Ă  HRW que les dĂ©tenus Ă©taient des civils, ce qui signifie qu'ils doivent ĂȘtre traitĂ©s comme des "personnes protĂ©gĂ©es" et non comme des prisonniers de guerre en vertu des Conventions de GenĂšve, qui s'appliquent au conflit armĂ© en Ukraine. Ces derniers ont dit qu'ils avaient appris oĂč se trouvaient ces hommes par d'anciens prisonniers qui avaient partagĂ© leur cellule ou les avaient aperçus dans des installations russes. Les violations et les crimes de guerre prĂ©sumĂ©s commis par la Russie Ă  l'encontre de ces prisonniers pourraient inclure la dĂ©tention illĂ©gale et la prise d'otage, le transfert ou la dĂ©portation illĂ©gale et la disparition forcĂ©e.

01.07.2022: Dans un rapport publiĂ© le 29 juin 2022 et qui couvre la pĂ©riode du 24 fĂ©vrier au 15 mai 2022, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) indique que l’invasion de l’Ukraine par la Russie a entrainĂ© une grave dĂ©tĂ©rioration de la situation des droits humains dans le pays, avec notamment un grand nombre de civils tuĂ©s ou blessĂ©s et des destructions massives d’infrastructures civiles et de logements. Dans de nombreux cas, les forces russes, et Ă  une moindre Ă©chelle les forces ukrainiennes, n’ont pas respectĂ© les principes de distinction, de proportionnalitĂ© et de prĂ©caution, qui visent Ă  Ă©viter ou, Ă  tout le moins, Ă  minimiser les pertes civiles et les dommages aux biens de caractĂšre civil. Le conflit a Ă©galement Ă©tĂ© accompagnĂ© par des homicides illĂ©gaux, des dĂ©tentions arbitraires et des disparitions forcĂ©es, des tortures et des mauvais traitements, ainsi que des violences sexuelles liĂ©es au conflit. Ces derniĂšres ont surtout Ă©tĂ© commises par les forces armĂ©es russes dans les zones qu’elles contrĂŽlaient, mais des cas ont Ă©galement Ă©tĂ© rapportĂ©s dans les zones contrĂŽlĂ©es par le gouvernement ukrainien. Le rapport indique Ă©galement des cas de conscription forcĂ©e d'hommes par des groupes armĂ©s affiliĂ©s Ă  la Russie Ă  Donetsk et Luhansk.

22.06.2022 :  Selon une enquĂȘte du New York Times (NYT), basĂ©e sur une analyse de preuves visuelles, les forces russes en Ukraine ont fait un usage rĂ©pĂ©tĂ© et gĂ©nĂ©ralisĂ© « d'armes qui tuent, mutilent et dĂ©truisent sans discrimination Â» dont beaucoup ont Ă©tĂ© interdites par les traitĂ©s internationaux. Ces armes, comme des obusiers et des roquettes d'artillerie pour attaques Ă  longue portĂ©e, ont Ă©tĂ© utilisĂ©es pour pilonner les villes et villages ukrainiens. Le NYT avance qu’un grand nombre d’attaques des forces russes, utilisant des munitions non guidĂ©es Ă  longue portĂ©e, ont visĂ© des zones fortement peuplĂ©es et dotĂ©es d'infrastructures civiles, frappant des Ă©glises, des jardins d'enfants, des hĂŽpitaux et des installations sportives. Les photos examinĂ©es par le NYT indiquent que les forces russes ont Ă©galement utilisĂ© des armes Ă  sous-munitions, souvent constituĂ©es de bombes ou de missiles qui se fendent en l’air et dispersent des sous-munitions plus petites sur une large zone. Environ 20 % de ces sous-munitions n'explosent pas Ă  l'impact et peuvent reprĂ©senter un risque grave pour les civils. Ni l'Ukraine ni la Russie n'ont adhĂ©rĂ© au traitĂ© international interdisant l'utilisation des armes Ă  sous-munitions.   

19.06.2022 : Le Washington Post attire l'attention sur un Ă©vĂ©nement moins visible de la guerre en Ukraine : depuis des mois, des soldats russes enlĂšveraient des centaines - peut-ĂȘtre des milliers - de civil-e-s. Les autoritĂ©s et les militant-e-s des droits humains affirment que ces cas font partie d'un schĂ©ma d'enlĂšvements et de disparitions russes, une tactique militaire visant Ă  terroriser la population et Ă  dĂ©moraliser la rĂ©sistance civile. De nombreuses personnes disparues seraient victimes de ce que l'on appelle des «disparitions forcĂ©es» - une dĂ©tention suivie d'une disparition, les ravisseurs refusant mĂȘme d'admettre qu'ils ont capturĂ© quelqu'un. D'autres seraient dĂ©tenues dans des prisons sous contrĂŽle russe, parfois en Ă©change de soldats russes capturĂ©s ou pour obtenir des informations. Pour beaucoup d'autres, on ne sait pas oĂč elles se trouvent : certaines sont probablement dĂ©tenues au secret, d'autres sont probablement mortes. Chaque personne disparue laisse derriĂšre elle de nombreux proches dĂ©sespĂ©rĂ©s. Le gouvernement ukrainien aurait enregistrĂ© au moins 765 cas de «disparitions forcĂ©es». Un cas peut signifier plusieurs personnes disparues. Les expert-e-s et les autoritĂ©s s'accordent Ă  dire que le nombre rĂ©el est certainement beaucoup plus Ă©levĂ©. La police ukrainienne aurait par exemple reçu plus de 9000 rapports de disparition depuis l'invasion de la Russie.

15.06.2022 : Dans le rapport « Anyone can die at any time : Indiscriminate attacks by Russian forces in Kharkiv, Ukraine Â» publiĂ© aujourd'hui, Amnesty International prĂ©sente des preuves que les troupes russes ont utilisĂ© Ă  plusieurs reprises des armes Ă  sous-munitions et des mines Ă  fragmentation interdites au niveau international dans des zones densĂ©ment peuplĂ©es. Plusieurs centaines de civil-e-s auraient ainsi perdu la vie. Amnesty demande que les troupes russes responsables de ces attaques soient tenues de rendre des comptes. En outre, toutes les personnes blessĂ©es ainsi que leurs proches doivent ĂȘtre indemnisĂ©s dans leur intĂ©gralitĂ©. 

01.06.2022 : Actuellement, 54'699 personnes réfugiées d'Ukraaine ont demandé le statut S, 51'860 personnes l'ont déjà obtenu, annonce le SEM sur Twitter. Parmi eux, environ 30'000 personnes réfugiées sont en ùge de travailler, rapporte la NZZ. Selon l'estimation de Karin Keller-Sutter, 2000 personnes auraient jusqu'à présent trouvé un emploi. Seuls 570 personnes réfugiées d'Ukraine seraient inscrites comme demandeurs d'emploi auprÚs de l'ORP.

31.05.2022: L'ECRE donne un aperçu des pratiques des pays europĂ©ens en matiĂšre de traitement des personnes rĂ©fugiĂ©es ukrainiennes.

18.05.2022 : Human Rights Watch (HRW) a documentĂ© dans une nouvelle enquĂȘte minutieuse de nouveaux crimes de guerre "odieux, illĂ©gaux et cruels" commis par les troupes russes. Les forces russes, qui ont contrĂŽlĂ© une grande partie des rĂ©gions de Kiev et de Tchernihiv dans le nord-est de l'Ukraine entre fin fĂ©vrier et mars 2022, auraient ainsi exĂ©cutĂ© des civils de maniĂšre expĂ©ditive, les auraient torturĂ©s et soumis Ă  d'autres mauvais traitements graves. 21 civils ont Ă©galement rapportĂ© Ă  HRW avoir Ă©tĂ© dĂ©tenus illĂ©galement dans des conditions inhumaines et dĂ©gradantes. HRW a interrogĂ© 65 personnes entre le 10 avril et le 10 mai, dont d'anciens dĂ©tenus, des survivants de la torture, des familles de victimes et d'autres tĂ©moins. HRW a Ă©galement examinĂ© des preuves physiques sur les lieux oĂč certains des mauvais traitements prĂ©sumĂ©s ont eu lieu, ainsi que des photos et des vidĂ©os fournies par les victimes et les tĂ©moins. HRW avait dĂ©jĂ  documentĂ© des crimes de guerre Ă  Boutcha et dans d'autres rĂ©gions contrĂŽlĂ©es par les troupes russes.

12.05.2022 : Le SEM s'attend Ă  ce que 80'000 Ă  120'000 Ukrainien-ne-s se rĂ©fugient en Suisse d'ici l'automne, a annoncĂ© David Keller, responsable de l'Ă©tat-major de crise Asile, lors de la confĂ©rence de presse sur l'Ukraine. Actuellement, 300 Ă  500 personnes arrivent quotidiennement. Il faut s'attendre Ă  ce que de nombreuses personnes rĂ©fugiĂ©es restent plusieurs annĂ©es en Suisse, ajoute Gaby Szöllösy, secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale de la CDAS. Miriam Behrens, directrice de l'Organisation suisse d'aide aux rĂ©fugiĂ©s (OSAR), donne un aperçu de l'encadrement des familles d'accueil. Actuellement, environ 25'000 personnes rĂ©fugiĂ©es d'Ukraine sont hĂ©bergĂ©es en privĂ©. Ces familles d'accueil peuvent soulager les autoritĂ©s cantonales. Mais pour cela, les autoritĂ©s doivent d'abord soutenir les familles d'accueil. Ainsi, ces familles pourraient devenir un booster d'intĂ©gration. Le modĂšle pourrait ensuite ĂȘtre utilisĂ© pour d'autres situations de crise.

11.05.2022 : Le Haut Commissaire des Nations unies pour les rĂ©fugiĂ©s Filippo Grandi indique dans une interview Ă  l'ORF que le besoin le plus urgent pour les personnes rĂ©fugiĂ©es d'Ukraine en Europe est d'ĂȘtre accueillies dans les pays d'accueil dans les services sociaux, les Ă©coles et les systĂšmes de santĂ©. Pour beaucoup, la situation est durablement difficile, car la guerre peut durer longtemps. C'est pourquoi des mesures Ă  long terme sont Ă©galement nĂ©cessaires pour assurer leur subsistance dans les pays d'accueil. Une attention particuliĂšre doit ĂȘtre accordĂ©e aux groupes vulnĂ©rables tels que les femmes et les enfants. M. Grandi s'est en outre montrĂ© trĂšs prĂ©occupĂ© par la situation des personnes bloquĂ©es en Ukraine en raison des opĂ©rations de guerre et des siĂšges et qui ne peuvent pas fuir. 
Enfin, le Haut Commissaire de l'ONU pour les réfugiés a souligné qu'une inégalité de traitement des personnes réfugiées était problématique. Ainsi, il est honteux et raciste de dire que les personnes qui fuient l'Ukraine sont de "vrais réfugiés" et que celles qui fuient d'autres parties du monde ne le sont pas. Toutes les personnes qui fuient la guerre, la persécution et la discrimination ont le droit de demander l'asile.

04.05.2022ONU Femmes et CARE rapportent que les femmes et les minorités sont particuliÚrement touchées par la guerre en Ukraine en ce qui concerne l'accÚs à la santé, à la sécurité et à la nourriture. Cela vaut en particulier pour les personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays et les groupes marginalisés comme les veuves ou les femmes qui gÚrent seules leur foyer, les Roms, les LGBTQIA+ et les personnes handicapées. De nombreuses personnes concernées issues des communautés roms ont fait état de graves discriminations, tant dans leur lutte quotidienne pour la survie que dans l'accÚs à l'aide humanitaire.

La répartition des rÎles en Ukraine est en train de changer. Alors que de nombreux hommes se sont retrouvés au chÎmage et se sont surtout engagés dans les forces armées, les femmes ont indiqué qu'elles devaient accepter de nouvelles tùches et plusieurs emplois pour compenser les revenus familiaux perdus. Les femmes jouent également un rÎle important dans l'aide humanitaire au sein des communautés locales. Bien qu'elles puissent assumer de plus en plus de responsabilités au sein de leur famille et de leur communauté, elles sont largement exclues des processus décisionnels formels, politiques et administratifs qui affectent directement leur vie.

29.04.2022 : Human Rights Watch (HRW) met en garde contre le fait que les personnes rĂ©fugiĂ©es d'Ukraine - en particulier les femmes et les filles - sont exposĂ©es Ă  un risque accru de violence liĂ©e au genre, de traite des ĂȘtres humains et d'autres formes d'exploitation en Pologne. La raison en serait l'absence de mesures systĂ©matiques de protection et de sĂ©curitĂ© ainsi que de coordination Ă©tatique. Selon HRW, certaines rĂ©fugiĂ©es ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© victimes d'exploitation et d'abus. Une femme de 29 ans originaire de Kiev a par exemple racontĂ© Ă  HRW que les gĂ©rants d'un club de l'est de la Pologne, dans lequel elle avait acceptĂ© un emploi de danseuse, avaient tentĂ© de la forcer Ă  travailler dans le domaine du sexe et avaient rĂ©duit son salaire lorsqu'elle avait refusĂ©. Le personnel des centres polonais d'accueil des rĂ©fugiĂ©-e-s, qui sont pour la plupart des bĂ©nĂ©voles, n'est pas non plus formĂ© ni expĂ©rimentĂ© pour reconnaĂźtre les signes de risques pour la sĂ©curitĂ© des femmes et des filles, y compris la traite des ĂȘtres humains ou d'autres formes d'exploitation.

22.04.2022 : Selon l'OMS, aprÚs deux mois de guerre en Ukraine, la situation des personnes souffrant de maladies chroniques est dramatique. Ainsi, un ménage sur trois, dans lequel vit au moins une personne atteinte d'une maladie chronique, n'est pas en mesure d'accéder aux médicaments et aux soins nécessaires. Cela concerne entre autres les personnes atteintes de maladies cardiovasculaires, de diabÚte ou de cancer. L'accÚs est entravé par la mauvaise situation sécuritaire ou parce qu'il n'y a plus de services de santé disponibles à proximité. Selon l'OMS, 162 attaques contre des établissements de santé ont été recensées à ce jour en Ukraine.

22.04.2022 : Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Conseil norvĂ©gien pour les rĂ©fugiĂ©s (NRC), Jan Egeland, a averti que l’escalade de la guerre dans l’est de l’Ukraine allait entrainer plus d’effusions de sang ainsi que des dĂ©placements massifs de population des rĂ©gions de Louhansk et de Donetsk. Il existe Ă©galement un risque que des villes entiĂšres soient assiĂ©gĂ©es. Pour le NRC, un cessez-le-feu immĂ©diat est nĂ©cessaire pour pouvoir acheminer une aide vitale dans des zones dĂ©jĂ  touchĂ©es par huit annĂ©es de conflit et oĂč les communautĂ©s dĂ©pendent dĂ©jĂ  entiĂšrement de l’aide humanitaire. Ce sont surtout les personnes ĂągĂ©es et les personnes handicapĂ©es, celles qui n’ont pas pu fuir, qui se retrouvent aujourd’hui prises au piĂšge. Selon le NRC, des centaines de milliers de personnes restent piĂ©gĂ©es dans les zones d’hostilitĂ© actives, sans accĂšs Ă  la nourriture et Ă  l’eau.       

19.04.2022 : Selon le HCR, plus de cinq millions de personnes ont aujourd'hui fui l'Ukraine. Cependant, on observe Ă©galement un mouvement de retour dans le pays. Environ un million de franchissements de frontiĂšre vers l'Ukraine ont Ă©tĂ© enregistrĂ©s depuis le 28 fĂ©vrier 2022. Les chiffres annoncĂ©s de ces diffĂ©rents franchissements de frontiĂšre vers l'Ukraine ne sont toutefois pas nĂ©cessairement des "retours" et il n'est pas encore possible de tirer des conclusions sur les tendances dĂ©finitives. Ces mouvements peuvent fluctuer, selon le HCR, car la situation en Ukraine reste trĂšs volatile et imprĂ©visible. Une partie des passages de frontiĂšre semblent en outre n'ĂȘtre que temporaire (achat de biens en Ukraine, visites ou accompagement de membres de la famille). 

11.04.2022 : Захостіть сДбД ! - ProtĂ©gez-vous ! La ConfĂ©dĂ©ration lance une campagne d'information contre la traite des ĂȘtres humains. Des dĂ©pliants et des affiches sont destinĂ©s Ă  attirer l'attention des personnes ayant fui l'Ukraine - en majoritĂ© des femmes et des enfants - sur les diffĂ©rentes formes d'abus. Le matĂ©riel d'information mentionne en outre les principaux contacts d'urgence ainsi que des conseils concrets sur la maniĂšre dont les personnes en fuite peuvent se protĂ©ger contre les abus. Les dĂ©pliants et les affiches sont disponibles gratuitement et peuvent ĂȘtre tĂ©lĂ©chargĂ©s sur le site de la campagne en ukrainien, russe, anglais, français, italien et allemand.

L'hĂ©bergement chez des particuliers comporte Ă©galement un risque de traite des ĂȘtres humains. C'est pourquoi l'OSAR met rĂ©guliĂšrement en garde contre les pratiques consistant Ă  aller chercher des personnes directement dans les gares ou Ă  proposer des hĂ©bergements via les rĂ©seaux sociaux. Seul un placement via des structures officielles hors des centres d'asile fĂ©dĂ©raux permet un contrĂŽle suffisant et donc la sĂ©curitĂ© nĂ©cessaire pour les personnes fuyant la guerre, a dĂ©clarĂ© la directrice de l'OSAR Miriam Behrens dans l'Ă©mission Schweiz Aktuell de la SRF.

11.04.2022 : Le SecrĂ©tariat d'Etat aux migrations (SEM) annonce sur Twitter que plus de 28'000 personnes en quĂȘte de protection en provenance d'Ukraine se sont actuellement enregistrĂ©es en Suisse. 24'389 d'entre elles auraient dĂ©jĂ  obtenu le statut S. Actuellement, environ 1000 personnes arrivent en Suisse chaque jour, selon David Keller du SEM. Il faut compter entre 15'000 Ă  30'000 arrivĂ©es par mois.

04.04.2022: Selon Human Rights Watch (HRW), les forces russes ont commis des violations du droit de la guerre contre des personnes civiles dans les zones occupĂ©es de Tchernihiv, Kharkiv et Kiev. Les tĂ©moins interrogĂ©s par HRW dans les rĂ©gions rĂ©cemment reprises par l’armĂ©e ukrainienne ont indiquĂ© avoir assistĂ© Ă  des cas d’exĂ©cution sommaire d’au moins sept civil-e-s, des cas de violence illĂ©gale et de menaces contre des civil-e-s et d’un cas de viol rĂ©pĂ©tĂ© d’une femme. Les forces russes seraient Ă©galement responsables de pillage de biens civils. Pour HRW, ces exactions s’apparentent clairement Ă  des crimes de guerre.

04.04.2022 : Comme rapportĂ© par Reuters, les procureur-e-s ukrainien-ne-s chargĂ©-e-s d’enquĂȘter sur d’éventuels crimes de guerre auraient dĂ©couverts les corps de 410 personnes dans des villes proche de Kiev rĂ©cemment reprises par les forces ukrainiennes. Le gouvernement ukrainien a notamment accusĂ© la Russie d’avoir commis un « massacre Â» dans la ville de Bucha oĂč, selon divers mĂ©dias dont Reuters, au moins 300 personnes civiles auraient Ă©tĂ© tuĂ©es par les forces russes. Alors que certains corps Ă©taient enterrĂ©s dans une fosse commune encore ouverte, d’autres jonchaient encore les rues de la ville. Les images des personnes civiles tuĂ©es de Bucha ont causĂ© l’indignation en Ukraine et Ă  l’étranger, certains pays comme l’Allemagne appelant Ă  durcir les sanctions contre Moscou. Pour sa part, le Kremlin a niĂ© tout implication des forces russes et dĂ©noncĂ© une « mise en scĂšne Â» et une « provocation des radicaux ukrainiens Â».   

28.03.2022 : La BBC rapporte que les rĂ©seaux de trafiquants d'ĂȘtres humains en Ukraine et dans les pays voisins Ă©taient dĂ©jĂ  notoirement actifs en temps de paix. Ils tenteraient dĂ©sormais d'Ă©tendre leurs activitĂ©s dans le brouillard de la guerre. Les enfants seraient particuliĂšrement menacĂ©-e-s. Des procĂ©dures d'enregistrement lacunaires en Pologne et dans d'autres rĂ©gions frontaliĂšres, surtout au dĂ©but de la guerre, auraient conduit Ă  la disparition d'enfants dont on ignore l'emplacement actuel. La BBC dĂ©crit en outre que les membres du trafic organisĂ© d'ĂȘtres humains dans les pays voisins de l'Ukraine tentent d'emmener les femmes et les enfants en fuite vers d'autres pays en leur faisant de fausses promesses, afin de les exploiter probablement pour la prostitution. La BBC mentionne explicitement un cas de prĂ©sumĂ©s trafiquants d'ĂȘtres humains en Roumanie qui voulaient pousser des rĂ©fugiĂ©-e-s ukrainien-e-s Ă  se rendre avec eux en Suisse.  L'OSAR met Ă©galement en garde contre le danger de la traite des ĂȘtres humains. La directrice de l'OSAR, Miriam Behrens, demande aux familles d'accueil de faire preuve de patience lors de l'attribution des rĂ©fugiĂ©-e-s. Personne ne devrait aller chercher de rĂ©fugiĂ©-e-s dans les gares. Un contrĂŽle ne serait ainsi pas possible et la porte serait ouverte Ă  la traite des ĂȘtres humains et Ă  la prostitution forcĂ©e. 

28.03.2022 : A ce jour, 17'204 Ukrainien-ne-s se seraient enregistré-e-s en Suisse. 10'437 personnes ont déjà reçu le statut de protection S, annonce le SEM sur Twitter.

25.03.2022 : Le SecrĂ©tariat d'Etat aux migrations (SEM) propose aux cantons une contribution financiĂšre de 3000 francs par personne destinĂ©e en particulier Ă  soutenir l’acquisition de connaissances linguistiques par les personnes fuyant l’Ukraine. L'acquisition de la langue serait importante pour que les personnes concernĂ©es puissent rapidement prendre un emploi et participer Ă  la vie sociale.

23.03.2022 : Selon l’OMS, citĂ©e par Reuters, prĂšs de 500 000 rĂ©fugiĂ©-e-s ukrainien-ne-s en en Pologne souffrent de troubles mentaux. 30 000 de ces rĂ©fugiĂ©-e-s sont atteints de troubles mentaux graves nĂ©cessitant un soutien immĂ©diat. VOA Europe, qui se base Ă©galement sur des informations de l’OMS, rapporte qu’un grand nombre de rĂ©fugiĂ©-e-s arrivent en Pologne dans un Ă©tat de fatigue extrĂȘme aprĂšs un long voyage et ont besoin d’une attention mĂ©dicale immĂ©diate. Cela inclut de nombreuses personnes ĂągĂ©es ou malades qui ont dĂ» interrompre leur traitement en raison de leur fuite ou d’un manque de mĂ©dicaments. L’accĂšs aux soins en Ukraine, dĂ©jĂ  fortement limitĂ© depuis le dĂ©but de la guerre, se rĂ©duit davantage en raison des attaques sur des Ă©tablissements de santĂ©. L’OMS a comptabilisĂ© 62 attaques contre de tels Ă©tablissements depuis le dĂ©but de la guerre.         

21.03.2022 : Selon le chef du HCR, Filippo Grandi, citĂ© par RFERL, le nombre de personnes qui ont fui leurs foyers en Ukraine a dĂ©passĂ© la barre des dix millions, soit environ un quart de la population totale du pays. La majoritĂ© de ces personnes ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©es Ă  l’intĂ©rieur du pays, tandis que 3.4 millions d’Ukrainien-n-e-s, essentiellement des femmes et des enfants, ont cherchĂ© refuge dans les pays voisins. Des centaines de milliers d’Ukrainien-ne-s sont pris-e-s au piĂšge dans des villes assiĂ©gĂ©es comme Marioupol, oĂč une grande partie des 400 000 habitant-e-s n’ont pas pu encore Ă©vacuer la ville.

Plus de 11'000 Ukrainien-e-s ont Ă©tĂ© enregistrĂ©-e-s en Suisse depuis le dĂ©but de l'invasion russe, dont plus 4000 ont pu ĂȘtre logĂ©s dans le privĂ©, annonce le SEM sur Twitter.

En accord avec le SEM et l'Office fédéral du logement (OFL), l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés et Campax proposent dÚs à présent une plateforme pour les professionnels de l'immobilier ainsi que pour les bailleur-e-s et les locataire-e-s* afin de soutenir les autorités dans la recherche de logements pour les réfugié-e-s ukrainien-ne-s.

17.03.2022 : Les Ukrainien-ne-s ayant besoin de protection peuvent dĂ©sormais remplir un formulaire sur le site Internet du SEM puis l’envoyer dĂ»ment rempli par courriel, comme annoncĂ© dans son communiquĂ©. Le SEM travaille aussi sur un outil en ligne qui permettrait de remplir et de dĂ©poser le formulaire directement via son tĂ©lĂ©phone portable. Cela devrait permettre d'Ă©viter que les personnes en quĂȘte de protection ne soient obligĂ©es de faire la queue pendant des heures avec leurs enfants. 

17.03.2022: L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a fait part de son inquiĂ©tude quant au risque de traite des personnes ainsi que d'exploitation et d'abus sexuels en Ukraine et dans la rĂ©gion. Les personnes qui fui la guerre, en particulier les femmes et les enfants non-accompagnĂ©s, sont dans une situation de vulnĂ©rabilitĂ© qui peut ĂȘtre exploitĂ©e par des trafiquants. Des cas de violence sexuelle ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© signalĂ©s et il y a, selon l’OIM, des indications d’une exploitation potentielle parmi les personnes qui promettent un transport ou des services ultĂ©rieurs aux rĂ©fugiĂ©s. En 2021, l’OIM avait identifiĂ© et assistĂ© plus de 1 000 victimes de la traite en Ukraine.

Le 15 mars 2022, le ReprĂ©sentant spĂ©cial et Coordinateur de l'OSCE pour la lutte contre la traite des ĂȘtres humains s’est rĂ©uni avec les autoritĂ©s chargĂ©es de la lutte contre la traite des ĂȘtres humains de 17 États participants de l'OSCE pour discuter des risques de traite des ĂȘtres humains dans le contexte de la guerre en Ukraine et sur les mesures prises pour remĂ©dier aux vulnĂ©rabilitĂ©s des personnes en dĂ©placement et pour prĂ©venir la traite. Selon l’OSCE, les femmes et les enfants sont particuliĂšrement vulnĂ©rables et sont exposĂ©es Ă  des risques importants de traite des ĂȘtres humains pendant leur voyage ou Ă  leur arrivĂ©e dans le pays de destination.

16.03.2022 : La conseillĂšre fĂ©dĂ©rale Karin Keller-Sutter s'est entretenue avec l'Union patronale suisse, l'Union suisse des arts et mĂ©tiers, l'Union syndicale suisse ainsi qu'avec Travail.Suisse sur l'accueil des rĂ©fugiĂ©-e-s ukrainien-ne-s sur le marchĂ© du travail. Les partenaires sociaux se sont montrĂ©s prĂȘts Ă  contribuer Ă  la maĂźtrise des dĂ©fis qui en dĂ©coulent, comme l'indique le communiquĂ© de presse de la ConfĂ©dĂ©ration. Avec le statut de protection S activĂ© le 12 mars, les personnes en quĂȘte de protection peuvent commencer Ă  travailler en Suisse sans dĂ©lai d'attente. 

15.03.2022 : Selon UNICEF, de nombreux enfants ont été tués et beaucoup d'autres blessés en Ukraine depuis le 24 février. Au total, plus de 1,5 million d'enfants ont déjà dû fuir le pays. En moyenne, plus de 75 000 enfants seraient ainsi en fuite chaque jour en Ukraine depuis le début de la guerre. Cela signifie qu'en moyenne, 55 enfants ont dû fuir leur pays chaque minute. Ou encore que presque chaque seconde depuis le début de la guerre, un enfant ukrainien est devenu un réfugié.

15.03.2022 : Selon l'Organisation internationale pour les Migrations (OIM), plus de trois millions de personnes ont fui l'Ukraine. Selon le SecrĂ©tariat d'Etat aux migrations (SEM), 5211 d'entre elles ont Ă©tĂ© enregistrĂ©es en Suisse - 2121 seraient hĂ©bergĂ©es chez des particuliers. 

14.03.2022 : Plus de 3000 rĂ©fugiĂ©-e-s ukrainien-ne-s se sont dĂ©jĂ  fait enregistrer en Suisse, rapporte le journal Der Bund. Il y a eu des temps d'attente plus longs, pour lesquels la secrĂ©taire d'Etat Ă  la migration Christine Schraner Burgener s'est excusĂ©e lors d'une confĂ©rence de presse.  Jusqu'Ă  prĂ©sent, 175 des personnes rĂ©fugiĂ©es ont pu ĂȘtre placĂ©es dans des familles privĂ©es, explique la directrice de l'OSAR Miriam Behrens au Bund. Le projet de familles d'accueil de l'OSAR a dĂ©jĂ  permis de trouver 45'000 places de couchage privĂ©es. Mais ceux-ci devraient ĂȘtre contrĂŽlĂ©s afin de garantir la sĂ©curitĂ© des personnes rĂ©fugiĂ©es. 

Dans un communiquĂ© de presse, l'OSAR salue la dĂ©cision du Conseil fĂ©dĂ©ral d'accueillir rapidement et sans complications les rĂ©fugiĂ©s de guerre en provenance d'Ukraine et de leur accorder une protection immĂ©diate. Dans le mĂȘme temps, il s'agit de prendre en compte de maniĂšre appropriĂ©e, lors de la mise en Ɠuvre et de l'application, les Ă©ventuels besoins de protection individuels ainsi que les perspectives Ă  long terme pour les personnes concernĂ©es comme pour les cantons, les villes et les communes.

11.03.2022 : Le Conseil fĂ©dĂ©ral active le statut de protection S pour les personnes ayant fui l'Ukraine. Selon le Conseil fĂ©dĂ©ral, ils obtiennent ainsi un droit de sĂ©jour sans devoir passer par une procĂ©dure d'asile ordinaire. La validitĂ© est d'un an, avec possibilitĂ© de prolongation. Le marchĂ© du travail est dĂšs Ă  prĂ©sent accessible aux personnes ayant le statut S et les enfants peuvent aller Ă  l'Ă©cole. De plus, le regroupement familial est possible pour les personnes Ă  protĂ©ger. La nĂ©cessitĂ© de mesures d'intĂ©gration telles que des cours de langue est actuellement examinĂ©e avec les cantons. La nouvelle rĂ©glementation s'applique Ă©galement aux personnes originaires de pays tiers qui ont dĂ» quitter l'Ukraine en raison de la guerre. La condition est que ces personnes disposaient d'une autorisation de sĂ©jour ukrainienne valable avant leur fuite et qu'elles ne puissent pas retourner dans leur pays de maniĂšre sĂ»re et durable.

09.03.2022 : Selon les derniers chiffres mis Ă  disposition par le HCR, ce sont plus de 2 155 000 rĂ©fugiĂ©s ukrainiens qui ont fui leur pays depuis le dĂ©but de l’invasion russe. La Pologne hĂ©berge prĂšs de 1.3 millions de ces rĂ©fugiĂ©s, suivie par la Hongrie (203 000), la Slovaquie (153 000), la FĂ©dĂ©ration de Russie (99 000), la Roumanie (85 000) et enfin la Moldavie (83 000). Plus de 235 000 rĂ©fugiĂ©s ukrainiens ont Ă©galement rejoint d’autres pays europĂ©ens. Le Monde rapporte que, selon Ylva Johansson, la commissaire europĂ©enne chargĂ©e des affaires intĂ©rieures, en 12 jours, l’Union europĂ©enne a reçu sur son territoire autant de rĂ©fugiĂ©s que lors de la vague de 2015-2016. Elle souligne Ă©galement que selon les premiĂšres estimations, la proportion d’enfants parmi ces rĂ©fugiĂ©s serait de 50 pourcents.  

07.03.2021 : Le Guardian rapportait dĂ©jĂ  la semaine derniĂšre qu'un nombre croissant de Russes quittaient leur pays par crainte de la loi martiale redoutĂ©e et des consĂ©quences de la guerre. Selon un article de la NZZ, les possibilitĂ©s de quitter le pays sont limitĂ©es en raison des sanctions et le train reliant Saint-PĂ©tersbourg Ă  Helsinki est actuellement la seule ligne ferroviaire permettant de quitter la Russie pour rejoindre l'UE. Topi Simola, responsable du transport de passagers au sein de la compagnie ferroviaire finlandaise, a dĂ©clarĂ© la semaine derniĂšre que ce sont surtout des citoyen-ne-s russes qui se rendent en Finlande. Il a l'impression que les femmes et hommes d'affaires ainsi que les diplomates ne reprĂ©sentent qu'une petite partie. La plupart des passager-e-s semblent s'attendre Ă  une absence prolongĂ©e de leur pays d'origine. D'autres observatrices-teurs ont supposĂ© qu'il s'agissait pour beaucoup de Russes qui vivaient ou travaillaient dans un pays de l'UE et venaient de rentrer chez elles/eux. Elles(ils auraient Ă©tĂ© complĂštement surpris par la guerre et auraient craint de ne plus pouvoir quitter le pays du tout. 

06.03.2022 : L'OSAR reprend la coordination du projet de familles d'accueil dans toute la Suisse et se rĂ©jouit de la grande solidaritĂ© de la population envers les personnes ayant fui l'Ukraine. Vous aussi, vous voulez annoncer un logement ? Alors cliquez ici. 

04.03.2022 : Selon Human Rights Watch (HRW), les troupes russes ont tiré des sous-munitions dans des zones résidentielles de Kharkiv. Au moins trois civils ont été tués. Selon HRW, ces attaques indiscriminées pourraient constituer des crimes de guerre. Amnesty International, HRW et Bellingcat avaient déjà documenté l'utilisation de sous-munitions contre des cibles civiles.

04.03.2022 : Le Conseil fĂ©dĂ©ral souhaite activer le statut de protection S pour les rĂ©fugiĂ©s ukrainiens. Avec ce statut, les rĂ©fugiĂ©s obtiendraient donc rapidement un droit de sĂ©jour en Suisse, sans devoir passer par une procĂ©dure d'asile ordinaire. Avec le statut S, la Suisse pourrait se rallier Ă  la solution pour laquelle les États membres de l'UE se sont majoritairement prononcĂ©s la veille. Le Conseil fĂ©dĂ©ral va maintenant consulter les cantons et les organisations partenaires d'ici le milieu de la semaine prochaine avant de prendre une dĂ©cision dĂ©finitive sur son introduction.

03.03.2022 : Michelle Bachelet, la Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, avertit que l'invasion russe a eu un impact massif sur les droits humains de millions de personnes en Ukraine. Selon elle, la plupart des dĂ©cĂšs civils ont Ă©tĂ© causĂ©s par l'utilisation d'artillerie lourde, de missiles multiples et de frappes aĂ©riennes sur des zones habitĂ©es, avec des rapports inquiĂ©tants sur l'utilisation d'armes Ă  sous-munitions sur des cibles civiles. Des dommages massifs ont Ă©tĂ© causĂ©s aux habitations. L'utilisation d'armes Ă  grande Ă©chelle dans des zones urbaines habitĂ©es comporte le risque d'un usage indiscriminĂ©. De nombreux biens civils, dont un hĂŽpital, des Ă©coles et des jardins d'enfants, ont Ă©galement Ă©tĂ© considĂ©rablement endommagĂ©s. Les infrastructures vitales ont Ă©tĂ© gravement endommagĂ©es, interrompant l'approvisionnement en Ă©lectricitĂ© et en eau ainsi que l'accĂšs aux soins de santĂ©. Le 26 fĂ©vrier 2022, prĂšs de Cherson, les troupes russes auraient tirĂ© sur une ambulance transportant des victimes gravement blessĂ©es ; le chauffeur a Ă©tĂ© tuĂ© et un ambulancier blessĂ©. 

Plus de deux millions de personnes ont été contraintes de fuir leurs maisons. Selon les estimations du HCR, un million de personnes ont été déplacées à l'intérieur du pays. Un autre million de réfugiés ont cherché refuge dans les pays voisins au cours des sept derniers jours, souvent aprÚs des jours de voyage à vélo ou à pied par des températures glaciales. Le HCR estime que jusqu'à quatre millions de personnes pourraient quitter le pays dans les semaines à venir si le conflit se poursuit.

Des dizaines de millions de personnes restent dans le pays et se trouvent en danger potentiellement mortel. Le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme se dit profondément préoccupé par le fait que l'escalade actuelle des opérations militaires ne fait qu'accroßtre le danger pour ces personnes. Des milliers de personnes, dont des personnes ùgées, des femmes enceintes ainsi que des enfants et des personnes handicapées, sont obligées de se regrouper dans des abris souterrains et des stations de métro pour échapper aux explosions. De nombreuses personnes vulnérables sont séparées de leur famille et sont pratiquement prises au piÚge.

03.03.2022 : Dans un communiqué de presse, l'OSAR demande que la Suisse participe à l'accueil solidaire des personnes réfugiées d'Ukraine par le biais du statut S. Il est impératif que le Conseil fédéral précise son application et l'adapte de façon moderne afin de garantir l'égalité de traitement des réfugié-e-s en Europe. Etant donné l'incertitude sur le déroulement et la durée de la guerre en Ukraine, il importe de tenir compte - lors de l'aménagement de l'octroi de la protection - des perspectives d'intégration et d'un séjour stable à long terme pour les personnes à protéger.

02.03.2022 : The Guardian rapporte que les personnes de couleur qui fuient l'Ukraine sont attaquĂ©es par des nationalistes polonais-e-s. La police polonaise aurait ainsi averti que de faux rapports circulent sur les mĂ©dias sociaux concernant des crimes violents commis par des rĂ©fugiĂ©-e-s de couleur en provenance d'Ukraine. Des nationalistes polonais-e-s auraient attaquĂ© et maltraitĂ© des groupes de personnes originaires d'Afrique, d'Asie du Sud et du Proche-Orient qui avaient franchi la frontiĂšre dans la nuit du 2 mars. Les agresseur-e-s, vĂȘtu-e-s de noir, auraient pris pour cible des groupes de rĂ©fugiĂ©-e-s de couleur, notamment des Ă©tudiant-e-s arrivĂ©-e-s Ă  la gare de Przemyƛl en Pologne aprĂšs l'invasion russe en provenance de villes ukrainiennes. Selon la police, trois Indiens auraient Ă©tĂ© passĂ©s Ă  tabac par un groupe de cinq hommes, dont l'un a dĂ» ĂȘtre hospitalisĂ©.

02.03.2022 : Selon le Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations-Unies (HCDH), le conflit en Ukraine a dĂ©jĂ  fait plus de 750 victimes civiles, dont 227 personnes tuĂ©es et 525 blessĂ©es. Parmi les civil-e-s tuĂ©-e-s se trouvent 31 hommes, 25 femmes, 6 garçons et 2 filles. Pour les autres 156 adultes et 6 enfants tuĂ©-e-s, le sexe n’était pas connu. Le nombre de victimes enregistrĂ© en 6 jours est plus Ă©levĂ© que celui enregistrĂ© dans les zones de conflit Ă  l’est de l’Ukraine entre 2018 et 2021. Le HCDH estime que le vĂ©ritable nombre de victimes civiles est probablement beaucoup plus Ă©levĂ©, notamment dans le territoire contrĂŽlĂ© par le gouvernement.

02.03.2022 : Selon la Deutsche Welle (DW), des ressortissant-e-s africain-e-s, la plupart des Ă©tudiant-e-s qui vivaient en Ukraine au moment de l’invasion russe, ont rapportĂ© avoir eu des difficultĂ©s Ă  monter dans des trains ou des bus pour quitter l’Ukraine, et ceci en raison de leur couleur de peau. Les gardes-frontiĂšres ukrainiens auraient donnĂ© la prioritĂ© aux Ukrainien-ne-s pour traverser la frontiĂšre vers la Pologne et se seraient opposĂ©s au passage de personnes originaires de pays africains. Celles-ci auraient Ă©tĂ© renvoyĂ©es Ă  l’arriĂšre de la file d’attente, contraintes d’attendre des heures dans le froid. Sur les 75 000 Ă©tudiant-e-s Ă©trangers en Ukraine, prĂšs d’un quart viennent de pays africains. L’UE a indiquĂ© que les frontiĂšres Ă©taient Ă©galement ouvertes aux personnes originaires de pays tiers qui vivaient en Ukraine. Pour sa part, le gouvernement polonais a annoncĂ© que toute personne qui fui l’Ukraine serait autorisĂ©e Ă  entrer dans le pays. Selon UN News, le chef du HCR, Filippo Grandi, a rappelĂ© qu’il « ne devrait y avoir absolument aucune discrimination entre les Ukrainiens et les non-Ukrainiens. Les EuropĂ©ens et les non-EuropĂ©ens. Tout le monde fuit les mĂȘmes risques Â».     

01.03.2022 : Le nombre de personnes ayant fui l'Ukraine continue d'augmenter fortement : Selon les donnĂ©es du HCR, prĂšs de 660'000 rĂ©fugiĂ©-e-s ont dĂ©jĂ  fui l'Ukraine vers les pays voisins au cours des six derniers jours. A ce rythme, la situation risque de devenir la plus grande crise de rĂ©fugiĂ©-e-s en Europe de ce siĂšcle, selon le HCR. Selon les donnĂ©es de la BBC, le 1er mars Ă  12h30, la Hongrie avait accueilli 89'561 personnes, la Moldavie 56'064, la Slovaquie 46'868, la Roumanie 38'461 et la BiĂ©lorussie 329. 51'797 personnes auraient poursuivi leur route depuis ces pays vers d'autres pays europĂ©ens.

28.02.2022 : Lors d'une confĂ©rence de presse du Conseil fĂ©dĂ©ral, la ministre de la Justice Karin Keller-Sutter a affirmĂ© que la Suisse n'abandonnerait pas les personnes en Ukraine. Les personnes rĂ©fugiĂ©es de guerre ukrainiennes doivent pouvoir entrer en Suisse, mĂȘme si elles n'ont pas de passeport. En vertu de l'accord de Schengen, les Ukrainien-e-s pourraient rester 90 jours en Suisse sans visa. Au-delĂ , elles et ils devraient obtenir un statut de protection qui leur permettrait de rester plus longtemps, selon Karin Keller-Sutter.

28.02.2022 : Dans un communiqué de presse, l'OSAR demande au Conseil fédéral d'accorder rapidement une protection sans barriÚre aux personnes ayant fui l'Ukraine et de leur permettre d'engager une procédure d'asile. En outre, la Suisse doit participer aux mesures humanitaires de l'UE et fournir une aide immédiate sur place.

28.02.2022 : Selon Euronews, qui cite des chiffres du HCR, 368’000 Ukrainien-ne-s ont Ă©tĂ© forcĂ©-e-s de fuir leurs maisons depuis le dĂ©but de l’offensive russe. Ces personnes tentent dĂ©sespĂ©rĂ©ment de trouver refuge dans les pays voisins, en particulier en Pologne, qui a accueilli plus de 45’000 personnes en l’espace de 15 heures. Des files de voitures de plus 14 kilomĂštres et des temps d’attente de plus de 40 heures sont rapportĂ©s Ă  la frontiĂšre avec la Pologne. La grande majoritĂ© de ces rĂ©fugiĂ©-e-s sont des femmes et des enfants, les hommes ukrainiens entre 18 et 60 ans Ă©tant interdits de quitter le pays. Le HCR estime que plus de 4 millions d’Ukrainien-ne-s pourraient ĂȘtre dĂ©placĂ©-e-s si le conflit se poursuit.   

25.02.2022 : Dans son Ă©ditorial « Ukraine Displacement : European Preparations and the Perpetual Solidarity Question Â», la directrice d'ECRE Catherine Wollard sonne l’alarme face Ă  une nouvelle soi-disant « crise des rĂ©fugiĂ©-e-s Â». ECRE a dĂ©jĂ  signalĂ© Ă  plusieurs reprises que cet alarmisme fait le jeu des « hommes forts Â» qui exploitent les gens Ă  l'intĂ©rieur et Ă  l'extĂ©rieur de l'UE. Selon Wollard, la seule façon d'Ă©viter cela est de travailler ensemble et de partager les responsabilitĂ©s de maniĂšre collective et solidaire. Les rĂ©actions diplomatiques et politiques sont certes importantes, mais le vĂ©ritable test pour l'UE dans cette crise actuelle est la rĂ©action aux personnes dĂ©placĂ©es. Celle-ci doit ĂȘtre humaine et pratique, dans le respect total de toutes les obligations lĂ©gales.

25.02.2022 : Lors de la confĂ©rence de presse sur la politique europĂ©enne, la conseillĂšre fĂ©dĂ©rale Karin Keller-Sutter souligne qu'une solidaritĂ© europĂ©enne est nĂ©cessaire pour les personnes en dĂ©tresse en Ukraine. La Suisse y participera Ă©galement et s'engagera en faveur d'une clĂ© de rĂ©partition. La Suisse est prĂȘte Ă  accueillir les personnes en quĂȘte de protection en provenance d'Ukraine.

24.02.2022 : Dans un communiqué de presse, l'OSAR exprime son inquiétude quant aux conséquences pour la population civile en Ukraine. Il faut s'attendre à un important flux migratoire. Les pays européens doivent maintenant s'y préparer rapidement et se mettre d'accord sur un partage commun et solidaire des responsabilités. La Suisse doit participer à des programmes d'accueil des personnes réfugiées et soutenir les pays de premier accueil.

24.02.2022 : Le SecrĂ©tariat d'État aux migrations (SEM) annonce sur Twitter que le traitement des demandes d'asile ukrainiennes a Ă©tĂ© provisoirement suspendu. Aucune dĂ©cision ne sera prise sur les demandes en suspens « tant que la situation sur place ne sera pas clarifiĂ©e Â».

24.02.2022 : Selon Al Jazeera, la Pologne a annoncĂ© l'ouverture de neuf centres d'accueil le long de ses 535 kilomĂštres de frontiĂšre avec l'Ukraine. Le pays s'attendrait Ă  un afflux de rĂ©fugiĂ©-e-s aprĂšs les attaques russes contre l'Ukraine. Les centres doivent fournir des repas et des soins mĂ©dicaux ainsi qu'un espace oĂč les personnes peuvent se reposer et recevoir des informations.

24.02.2022 : Le HCR a annoncĂ© jeudi que plusieurs milliers d'Ukrainien-e-s avaient fui vers les pays voisins, notamment la Moldavie et la Roumanie. 100’000 autres Ukrainien-e-s ont dĂ» quitter leurs maisons ou ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©s aprĂšs l'invasion de la Russie.

22.02.2022 : L'Union europĂ©enne est prĂȘte et « bien prĂ©parĂ©e Â» Ă  accueillir les rĂ©fugiĂ©-e-s d'Ukraine, a dĂ©clarĂ© Ylva Johansson, commissaire europĂ©enne aux Affaires intĂ©rieures, sur Euronews.